Premier budget Morneau - Un virage indéniable, des moyens insuffisants

OTTAWA, le 22 mars 2016 /CNW Telbec/ - Le budget fédéral déposé aujourd'hui marque un changement de ton significatif en comparaison aux budgets des dernières années, mais le flou qui caractérise ses plans à moyen et long termes laisse sur sa faim. Pour l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS), des investissements plus audacieux auraient été à l'avantage de l'ensemble des Canadien·ne·s.

Il semble que les libéraux aient en effet limité leurs dépenses afin d'éviter un déficit qui dépasserait un seuil psychologique de 30 milliards de dollars. « Il s'agit d'un seuil complètement artificiel. La situation financière envieuse du Canada, notamment son faible taux d'endettement et les taux intérêts négatifs dont il peut bénéficier pour ses prêts lui donnaient toute la marge de manœuvre nécessaire pour aller plus loin dans leur plan d'investissement. Même des banques privées comme la CIBC affirmaient qu'on pouvait de permettre des déficit largement supérieurs », mentionne Guillaume Hébert, chercheur à l'IRIS. 

Plusieurs engagements du budget Morneau sont intéressants. Le ton utilisé dans les documents budgétaires indique la volonté du gouvernement de réduire les inégalités et la pauvreté. « Le gouvernement investit peut-être moins dans les infrastructures sociales que ce qu'il avait promis pendant les élections, mais il faut souligner l'accent mis sur les communautés des Premières nations et de Inuits, la mise en place de l'allocation canadienne pour enfants et l'augmentation des transferts pour les personnes âgées seules. » précise Eve-Lyne Couturier, chercheure à l'IRIS.

Des zones d'ombres demeurent. Comment pourra-t-on garantir le maintien de ces nouvelles dépenses dans l'avenir si le gouvernement n'accroît pas ses revenus ? L'impôt des sociétés, par exemple, demeure intouché. Le budget reste aussi muet sur les transferts pour la santé ainsi que sur toute initiative qui viserait à limiter le coût des médicaments. Ces enjeux seront pourtant déterminants pour l'avenir des finances publiques du gouvernement fédéral et des provinces.

Enfin, en dépit du virage que constitue le premier budget Morneau, plusieurs orientations quant à l'avenir des services publics demeurent nébuleuses. « Le plan d'investissement en infrastructures est divisé en deux phases, la première de deux ans et la seconde de huit ans. Or, on ne sait presque rien de cette deuxième phase qui constitue néanmoins l'essentiel du plan. Le budget annonce ainsi à plusieurs reprises des consultations plutôt que de réelles décisions. Si ces consultations sont aussi structurantes qu'on nous le promet, ce ne sera que lorsque celles-ci auront abouties qu'on pourra vraiment juger des priorités de ce gouvernement », conclut Guillaume Hébert.

 

SOURCE Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS)

Renseignements : Gabrielle Brais Harvey, responsable aux communications, 438-862-6662

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