Pour une plus grande accessibilité aux soins de santé - Une réécriture complète du projet de loi no 20 s'impose

MONTRÉAL, le 24 mars 2015 /CNW Telbec/ - « Le projet de loi no 20, tel que proposé, est voué à l'échec, a déclaré le Dr Joseph Dahine, président de la Fédération des médecins résidents du Québec, parce qu'il fait porter les difficultés d'accès aux soins de santé sur les seules épaules des médecins et qu'il ne tient ainsi pas compte de tous les facteurs qui affectent la performance du réseau de la santé ». Dans le mémoire que la FMRQ a déposé dans le cadre de la Commission de la santé et des services sociaux, l'organisme soutient que les mesures coercitives que le Ministre entend appliquer, prétendument pour augmenter la productivité des médecins de famille, passent à côté du problème.

L'accessibilité aux soins et services de santé ne peut se concrétiser que par le biais d'un effort collectif et par l'investissement du gouvernement dans les plateaux techniques de tout acabit, ainsi que dans les ressources matérielles et humaines nécessaires pour faire fonctionner ces plateaux et aux services subséquents à une visite au médecin de famille. « Le gouvernement ne peut, d'un côté affirmer vouloir améliorer l'accès aux soins de santé, de souligner le Dr Dahine, et de l'autre retirer des cliniques de médecine familiale, les infirmières, nutritionnistes, psychologues et autres professionnels de la santé nécessaires à une offre efficace et de qualité. Et c'est pourtant ce qui se passe présentement ». Le Dr Dahine ajoute que le discours péjoratif tenu sur le travail des omnipraticiens ces derniers mois est malhonnête, quand on sait que les raisons expliquant les délais et les problèmes d'accès sont beaucoup plus complexes. « On peut bien encadrer de façon très serrée l'offre de services en première ligne, mais on n'arrivera à rien si les efforts consentis en amont frappent un mur en aval, et que l'accès aux médecins spécialistes, aux plateaux techniques, salles d'opération et autres, est retardé de façon indue ». Et les cibles n'y remédieront en rien. « Soyons clairs, même si un chirurgien voulait opérer 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, on ne le lui permettrait pas. Les ressources ne suffisent tout simplement plus ».

La négation du droit de libre négociation
« De plus, avec le projet de loi no 20, le Ministre fait fi du droit de libre négociation établi avec les médecins, de dénoncer le président de la FMRQ, c'est inacceptable ». Avec la révision des augmentations consenties aux fédérations médicales cet automne, et avec les mesures proposées dans le projet de loi no 20, le Ministre se donne le droit d'apporter, de façon unilatérale, « des modifications aux conditions et modalités de rémunération applicables aux médecins », malgré les ententes négociées de bonne foi sur le plan des tarifs et autres modes de rémunération des médecins.

Bref, le Ministre propose, dans un projet de loi, de « violer les principes de libre négociation des médecins » en légiférant plutôt qu'en assumant ses responsabilités de tenter d'en arriver à une entente négociée avec les fédérations médicales. Nous nous inquiétons non seulement pour la profession médicale, mais aussi pour l'ensemble des employés de l'État qui pourraient se voir servir la même médecine dans le cadre des actuelles négociations dans le secteur public.

La valorisation de la médecine familiale : on oublie ça !
« Imposer des quotas qui risquent de modifier sensiblement le temps consacré à chaque patient est un non-sens pour nous, de dire le Dr Dahine, un virage à 180o pour une génération de médecins qui a été formée à une approche globale de la santé du patient, à assurer un suivi de l'épisode de soins et à faire de la prévention auprès de la population ».

Aujourd'hui, alors que depuis des années le gouvernement insiste pour que l'on valorise la médecine familiale afin d'intéresser un plus grand nombre d'étudiants en médecine à une carrière dans cette discipline, le gouvernement décide d'ignorer cet objectif en changeant les règles du jeu. Alors que 914 résidents dont la moitié terminera sa formation en juin 2015 sont actuellement en formation pour devenir des médecins de famille, le gouvernement veut modifier le fondement même de la médecine familiale telle qu'enseignée et promue dans leurs milieux de formation. Cela sème une grande inquiétude chez ces futurs médecins de famille. En effet, dans un sondage effectué auprès de nos membres ces dernières semaines, on note que ce qui a attiré ces derniers vers la médecine familiale, c'est la diversité de la pratique, à 94,3 % et la possibilité de moduler sa pratique à travers la durée d'une carrière à 88,4 %. Le projet de loi no 20 propose de laisser maintenant très peu de place à cette vision.

Les femmes médecins : un atout au sein du réseau
« Quant à la féminisation de la profession, de poursuivre le Dr Dahine, elle constitue une richesse au sein du réseau de la santé. Elle s'est accompagnée d'une humanisation de la médecine et devrait servir de modèle dont on devrait être fiers au Québec, plutôt que de l'associer indûment aux maux qui accablent le réseau de la santé.  La réduction des heures de travail pour laquelle certaines d'entre elles optent en début de carrière, ne dure que quelques années, pour ensuite augmenter progressivement jusqu'au même niveau d'implication auprès de leurs patients rapidement par la suite ». Cette situation existe dans tous les milieux de travail dans notre société. Pourquoi les femmes médecins seraient-elles considérées autrement ? Et quel triste message le Ministre envoie ainsi aux jeunes familles en proposant de pénaliser doublement les femmes médecins qui décident d'avoir des
enfants ?

De véritables solutions sont pourtant possibles
Selon le Dr Dahine, il existe d'autres solutions pour améliorer l'accessibilité aux soins. Et la relève médicale en a à proposer. « Nos solutions reposent sur ce que nous constatons chaque jour sur le terrain dans notre travail auprès des patients, de soutenir le président de la FMRQ, et elles supposent une collaboration étroite entre le Ministre et les médecins, ainsi qu'avec tous les autres professionnels du réseau ».

La FMRQ propose ainsi une plus grande interdisciplinarité, laquelle devra passer par une augmentation des ressources humaines et une plus grande disponibilité des plateaux techniques ; un respect du médicalement requis et des délais médicalement acceptables dans la gestion de l'épisode de soins, en amont et en aval ; une implication encore plus grande des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en soins de première ligne ; une prise de conscience de tous les intervenants que la responsabilité d'un meilleur accès aux soins est une responsabilité collective ; la révision et éventuellement l'abolition des activités médicales particulières (AMP) ; l'établissement de temps protégé pour les médecins qui assurent la formation de la relève médicale dans les milieux de formation ; des indicateurs de performance du réseau et des objectifs mesurables, en tenant compte des besoins sectoriels et locaux ;  la mise en place d'un dossier patient électronique efficace ; l'informatisation complète et totale du réseau et, bien entendu, une consultation plus étroite avec les acteurs du réseau.

Selon la FMRQ, si les solutions qu'elle propose, en collaboration avec les autres fédérations médicales et acteurs du réseau, sont prises en considération, les mesures coercitives et improductives contenues dans le projet de loi no 20 n'auront plus leur raison d'être. Il faut donc réécrire tout le projet de loi dans une perspective de collaboration et de mobilisation des acteurs, et non pas de confrontation. « La FMRQ offre toute sa collaboration à la mise en place de mesures favorisant un meilleur accès aux soins de santé pour les patients et un accès à des soins de qualité, de conclure le Dr Dahine, car c'est l'actuelle relève médicale qui assumera progressivement cette responsabilité, dans les 10, 20, 30, 40 années à venir ».

La Fédération des médecins résidents du Québec
La Fédération des médecins résidents du Québec regroupe les quatre associations de médecins résidents des facultés de médecine de Montréal, McGill, Sherbrooke et Laval à Québec. Elle compte quelque 3 800 membres, dont le quart se destine à une pratique en médecine familiale. Les autres poursuivent une formation dans l'une des 53 autres spécialités reconnues au Québec. De ce nombre, 39 % sont des hommes et 61 %, des femmes. La durée de la formation postdoctorale en médecine familiale est de deux ans; celle des médecins spécialistes varie de cinq à six ans, selon la spécialité choisie.

Pour visionner la prestation de la FMRQ en commission parlementaire, ce soir, 17 h http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/csss/mandats/Mandat-29201/index.html

Pour accéder au mémoire : www.fmrq.qc.ca / Actualités

 

SOURCE Fédération des médecins résidents du Québec

Renseignements : Source : Dr Joseph Dahine, président, Fédération des médecins résidents du Québec; Renseignements et entrevues : Johanne Carrier, Conseillère en communications, Fédération des médecins résidents du Québec, Cellulaire : 514 591-0502, Téléavertisseur : 514 751-9983, Bureau : 514 282-0256 ou 1 800 465-0215, Courriel : johanne.carrier@fmrq.qc.ca

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