Plus d'efforts requis pour intégrer les immigrants au marché du travail
québécois

MONTRÉAL, le 7 avr. /CNW Telbec/ - Malgré qu'il accueille des immigrants plus éduqués, qui maîtrisent mieux le français et plus jeunes qu'auparavant, le Québec peine à intégrer ceux-ci sur le marché de l'emploi. Dans un contexte de vieillissement de la population et de pénuries anticipées de main d'œuvre, cela implique que le Québec ne met pas à pleine contribution l'ensemble des travailleurs disponibles.

Selon Brahim Boudarbat et Maude Boulet, auteurs de l'étude "Immigration au Québec : Politiques et intégration au marché du travail" publiée par le CIRANO : "S'il souhaite que les nouveaux arrivants au Québec participent pleinement à lutter contre cette diminution appréhendée de la main d'œuvre, le gouvernement québécois devrait favoriser une meilleure intégration de ceux-ci au marché du travail. Il doit également faire plus pour assurer aux immigrants des conditions économiques comparables, voire supérieures, à celles observées dans les autres provinces canadiennes. Sinon, il lui sera de plus en plus difficile de recruter et de retenir les immigrants les plus qualifiés et les plus compétents."

Une intégration plus difficile au québec qu'ailleurs

En 2006, le taux d'emploi des immigrants était de 11,4 points inférieur à celui des Canadiens de naissance vivant au Québec. Cet écart était beaucoup plus faible ailleurs au pays. Il était de 5 points de pourcentages en Ontario, de 5,1 points de pourcentages en Colombie-Britannique et de 4,9 points de pourcentage dans l'ensemble du Canada. Pourtant, la part de la population immigrante dans la population totale est beaucoup plus élevée en Ontario et en Colombie-Britannique qu'au Québec.

Les données indiquent également un revirement de situation au cours des 25 dernières années. En 2006, le taux d'emploi des Canadiens de naissance vivant au Québec était de 82,6 % alors qu'il était de 71,2 % pour les immigrants. En 1981, c'était l'inverse : le taux d'emploi des immigrants était supérieur à celui des Canadiens de naissance vivant au Québec.

"La situation des immigrants du Québec sur le marché du travail est plus problématique que dans les autres provinces canadiennes. Pourtant, le Québec se démarque par son implication en matière d'immigration. Il devient donc pertinent de se questionner sur les causes de ce désavantage." expliquent M. Boudarbat et Mme Boulet.

Des immigrants scolarisés, jeunes et qui maîtrisent le français

Le niveau de scolarité des immigrants accueillis au Québec a progressé de façon phénoménale en 20 ans. La part des immigrants récents (âgés de 25 ans et plus) du Québec qui détiennent au moins un baccalauréat, est passée de 15,4 % en 1981 à 51 % en 2006.

Les immigrants arrivant au Québec maîtrisent également mieux le français. Au total, 60,4 % des nouveaux immigrants admis au Québec en 2008 connaissaient le français. Le Québec compte d'ailleurs la proportion la moins élevée d'immigrants qui ne connaissent aucune des deux langues officielles à leur arrivée parmi les provinces considérées.

Finalement, les immigrants accueillis au Québec font également partie de la tranche de population la plus active sur le marché de l'emploi. La proportion d'immigrants âgés de 25 à 44 ans admis au Québec en 2008 a augmenté de 10 points de pourcentage par rapport à 1998.

Plusieurs facteurs influent sur l'intégration au marché de l'emploi

L'intégration des immigrants au marché de l'emploi semble fortement influencée par leur région d'origine, le lieu d'obtention de leur diplôme et leur âge lors de leur arrivée au pays. Les immigrants originaires d'Afrique du Nord et d'Asie méridionale connaissaient le taux de chômage le plus élevé en 2006 au Québec avec près de 19 %. À l'opposé, ceux venant des États-Unis, et d'Europe de l'Ouest (y compris l'Europe septentrionale et méridionale) ont un taux d'emploi supérieur et un taux de chômage inférieur aux immigrants venant d'autres régions.

Les immigrants du Québec qui détiennent un diplôme postsecondaire obtenu au Canada ont un taux d'emploi supérieur à ceux qui ont obtenu leur diplôme à l'extérieur du pays (81,7 % contre 69,1 % en 2006). À titre de comparaison, les Canadiens de naissance vivant au Québec et qui détiennent un diplôme postsecondaire ont un taux d'emploi de 88,0 %. Ce taux est d'ailleurs légèrement supérieur à celui de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

L'âge à l'arrivée au Québec semble également jouer un rôle dans l'intégration au marché de l'emploi. Globalement, les immigrants arrivés avant l'âge de 20 ans performent mieux que ceux arrivés plus tard dans leur vie. Leur taux d'emploi est globalement comparable à celui des natifs aussi bien au Québec qu'en Ontario et en Colombie-Britannique. Pour ce qui est des immigrants arrivés à l'âge de 30 ans ou plus, l'écart entre leur taux d'emploi et celui des natifs est le plus élevé au Québec avec 17,3 points de pourcentage contre seulement 7,8 points en Ontario et 10,6 points en Colombie-Britannique.

"Les immigrants qualifiés et compétents sont en mesure de contribuer efficacement et rapidement au développement socioéconomique de la Belle Province. Ne pas agir pour favoriser cet apport de main-d'œuvre qualifiée fera subir au gouvernement, et à la société dans son ensemble, les conséquences de l'intégration non réussie des immigrants." concluent les auteurs.

L'étude intitulée "Immigration au Québec : Politiques et intégration au marché du travail" a été rédigée par Brahim Boudarbat et Maude Boulet. Elle est publiée par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO). Le texte intégral de l'étude sera disponible à http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2010RP-05.pdf

Brahim Bourdarbat est professeur agrégé au département de relations industrielles de l'Université de Montréal et chercheur au CIRANO. Maude Boulet est doctorante au département de relations industrielles de l'Université de Montréal.

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Le Centre Interuniversitaire de Recherche en ANalyse des Organisations (CIRANO) est un organisme à but non lucratif, indépendant, qui a une double mission de recherche, et, de liaison et transfert des connaissances de pointe. Regroupant plus de cent professeurs-chercheurs, le CIRANO concentre ses activités sous cinq grands axes de recherche : politique publiques, économie expérimentale, finances, risque et développement durable. Grâce à son haut niveau d'expertise dans ces domaines, le CIRANO est une institution incontournable pour toute entreprise ou organisation, tant privée que publique, désireuse de trouver des moyens innovateurs d'améliorer l'efficacité de ses activités.

SOURCE Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO)

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