Négociations collectives dans l'industrie de la construction - Les donneurs d'ouvrage du Québec souhaitent la conclusion rapide d'une entente à un juste coût

MONTRÉAL, le 11 juin 2013 /CNW Telbec/ - Réunis aujourd'hui à l'occasion d'une conférence de presse, les donneurs d'ouvrage du Québec et le Conseil du patronat du Québec ont commenté l'état des négociations sectorielles qui ont cours présentement entre les associations patronales et les syndicats de la construction en vue du renouvellement des conventions collectives pour 2013-2017 dans l'industrie de la construction au Québec.

Alors que les pourparlers entre les parties semblent piétiner, voire stopper dans un secteur, et que l'Alliance syndicale menace de déclencher une grève générale dès le 17 juin prochain, les associations représentant les grands donneurs d'ouvrage de la province joignent leur voix à celle du Conseil du patronat pour inviter les parties à parvenir rapidement à une entente de principe qui tiendra également compte de leur capacité de payer.

« Un conflit de travail qui, en pleine période estivale, paralyserait l'ensemble des chantiers de construction pendant plusieurs jours, entraînerait des conséquences importantes et néfastes pour l'économie du Québec et pour l'ensemble des Québécois. C'est pourquoi il est urgent pour les négociateurs de s'entendre autour de consensus acceptables et réalistes qui, tout en permettant de protéger le pouvoir d'achat des travailleurs, permettront, d'une part, d'accroître la productivité dans l'organisation du travail, et d'autre part, n'augmenteront pas les coûts de manière inappropriée pour les donneurs d'ouvrage ou les consommateurs, qui paient la facture au bout du compte », a déclaré le président du Conseil du patronat, M. Yves-Thomas Dorval.

Un fort appui des donneurs d'ouvrages

Plusieurs associations patronales représentant les principaux donneurs d'ouvrage du Québec ont profité de la conférence de presse d'aujourd'hui pour joindre leur voix à celle du Conseil du patronat du Québec et envoyer un message clair sur la nécessité pour les parties assises aux tables de négociations de parvenir rapidement à une entente qui respectera la capacité de payer de leurs membres. Ceux-ci ont réitéré leur ferme appui aux trois principales associations patronales sectorielles de la construction, soit l'Association de la construction du Québec (ACQ), l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) et l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ). Les donneurs d'ouvrage se réjouissent, en effet, que leurs préoccupations aient été entendues et défendues par les entrepreneurs en construction suite à la phase préparatoire des négociations.

« Alors que l'industrie mondiale de l'aluminium est en phase critique à travers le monde avec un prix de l'aluminium sous la moyenne des coûts de production, et des inventaires sans précédent, l'industrie québécoise déjà affectée par des coûts d'énergie maintenant parmi les plus élevés sur la planète ne peut se permettre d'ajouter à cette précarité en augmentant ses coûts de construction déjà supérieurs à la moyenne mondiale », a indiqué M. Jean Simard, président-directeur général de l'Association de l'aluminium du Canada. 

« Plusieurs usines de pâtes et papiers ont amorcé des travaux d'entretien et de réparation de leur machinerie ou le feront au cours des prochaines semaines. Tout retard dans le déroulement de ces travaux aurait pour effet de perturber le calendrier de livraison des commandes de produits et de générer des pertes financières importantes. Notre secteur, qui se bat pour conserver ses marchés à l'échelle internationale, n'a vraiment pas besoin d'une grève dans le secteur de la construction », a pour sa part expliqué M. André Tremblay, président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec.

« Le dynamisme et l'efficacité du secteur de la construction jouent un rôle évident dans la rentabilité des donneurs d'ordres québécois qui sont soumis plus que jamais à une forte concurrence sur les marchés locaux et internationaux. Une grève dans le secteur de la construction serait franchement malvenue, car elle enverrait un signal des plus négatifs sur les conditions d'investissement au Québec. Tous les secteurs économiques sont invités à évoluer vers davantage de flexibilité pour mieux saisir les opportunités de croissance, notamment sur les marchés mondiaux. Le secteur québécois de la construction n'est certainement pas exclu de cette responsabilité », a pour sa part rappelé M. Simon Prévost, président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

Ne pouvant être sur place,  Mme Josée Méthot, présidente-directrice générale de  l'Association minière du Québec (AMQ), a tenu à faire parvenir également son message : « Nous espérons grandement que les parties sauront s'entendre et que les propositions qui seront adoptées tiendront compte de la réalité de nos membres qui doivent composer avec des situations non conventionnelles, en particulier pour le développement de projets dans le Nord québécois. En effet, l'Association minière du Québec est d'avis que les nouvelles conventions doivent permettre une flexibilité, notamment sur le plan des horaires de travail. Notre industrie évolue dans un monde où des horaires fixes de 40 heures par semaine, du lundi au vendredi, ne sont pas toujours envisageables. Nos projets se déroulent souvent en milieux très éloignés et il faut en tenir compte dans la négociation. »

L'impact économique des demandes syndicales dans le secteur de la construction

Selon le Conseil du patronat du Québec, il est compréhensible que les travailleurs de la construction veuillent maintenir leur pouvoir d'achat. Cependant, les demandes syndicales doivent être réalistes et tenir compte de la situation économique actuelle au Québec. En effet, selon plusieurs observateurs, la croissance de l'économie québécoise restera limitée en 2013, en raison principalement du recul de dépenses en immobilisations. Ce sera le principal obstacle à la croissance de l'économie provinciale cette année. Une baisse des activités dans la construction est prévue également pour les années à venir. Les hausses de coûts qui pourraient être entraînées par des ententes inappropriées exacerberaient cette baisse et, ultimement, réduiraient le nombre d'heures travaillées dans le secteur de la construction. Or, c'est principalement le nombre d'heures travaillées qui permet aux travailleurs de la construction d'améliorer leurs revenus.

Le niveau élevé d'endettement des ménages limitera par ailleurs les dépenses dans les secteurs de l'habitation et des biens et services. L'investissement privé non résidentiel devrait également diminuer d'environ 2,9 % en 2013. De plus, les prévisions de croissance économique concernant le Québec ont été revues à la baisse ce printemps, par la plupart des institutions financières, pour se situer à 1 % environ pour 2013 et 1,9 % en 2014.

Parmi les demandes qui auraient été formulées par les syndicats de la construction, mentionnons une hausse moyenne de salaire de 3,7 % pour 2013, alors que le taux d'inflation attendu est de 1 %. Par comparaison, selon les perspectives salariales établies par l'Institut de la statistique du Québec, les augmentations moyennes des échelles salariales projetées pour l'ensemble des salariés québécois sont de 2 % en 2013. Soulignons, en outre, qu'au cours des 10 dernières années, la hausse du salaire annuel moyen des travailleurs de la construction a été de 5,31 % en moyenne par an, alors que l'inflation a été de 1,91 % en moyenne.

Selon certaines informations qui circulent, les demandes syndicales impliqueraient sur quatre ans des hausses de coûts de la main-d'œuvre de 19 % pour les secteurs institutionnel et commercial (dont 70 % des investissements viennent du secteur public) et de 22 % pour le secteur industriel (100 % privé). Les deux secteurs comptent pour 60 % des heures travaillées dans la construction au Québec. À titre d'exemple, selon les calculs qui ont été fournis pour cinq grands projets  dans le secteur public (CHUM, CUSM, CHU Sainte-Justine, Hôtel-Dieu, Amphithéâtre de Québec), de telles demandes entraîneraient des hausses de 204 M$, ce qui aurait un impact certain sur les finances publiques.

De manière plus globale, la masse salariale dans le secteur de la construction s'élevait à 6,19 G$ en 2012, à laquelle il faut ajouter des avantages sociaux d'environ 16 %. Une hausse moyenne de 20 % de coût salarial sur 4 ans impliquerait donc une croissance des dépenses de construction d'environ 1,4 G$ pour cette période. Enfin, soulignons que la demande patronale de payer à temps et demi les premières 8 heures de temps supplémentaire (au lieu de temps double) est le cas de 99,9 % des salariés régis par une convention collective au Québec. Il ne s'agit donc pas d'une demande déraisonnable de la part des employeurs.

« Les travailleurs de la construction bénéficient déjà au Québec de conditions avantageuses, dont la facture est assumée entièrement par les donneurs d'ouvrage ou les consommateurs - et, dans le cas des ministères, des organismes publics et parapublics, ainsi que des municipalités, par les contribuables québécois. Protéger un pouvoir d'achat est un objectif légitime; mais aller au-delà comporte des risques économiques réels. C'est pourquoi il est tout aussi important de maintenir des coûts globaux qui demeurent concurrentiels pour les donneurs d'ouvrage afin d'éviter de nuire à la compétitivité de l'industrie de la construction, à l'investissement et à la situation des finances publiques au Québec », de conclure M. Dorval.

Pour information aux médias, le Conseil du patronat a dressé une liste partielle de certains chantiers de construction en activité dans l'ensemble des régions du Québec. Le document est disponible sur le site Web de l'organisme : www.cpq.qc.ca

Regroupant plusieurs des plus grandes entreprises du Québec, le Conseil du patronat du Québec réunit également la vaste majorité des associations patronales sectorielles, en faisant ainsi la seule confédération patronale du Québec.

SOURCE : Conseil du patronat du Québec

Renseignements :

et entrevues : 

Patrick Lemieux
Conseiller principal - Communications
Cell. : 438 886 9804


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