Marchés mondiaux CIBC: L'économie canadienne entreprendra 2010 en trombe,
mais la terminera discrètement

Les taux d'intérêt pourraient augmenter trop tôt

TORONTO, le 14 janv. /CNW/ - Les taux d'intérêt historiquement bas et les énormes stimulants économiques entraîneront une forte croissance des économies canadienne et mondiale au premier semestre de 2010, mais cette croissance risque de s'essouffler au deuxième semestre de 2010 et en 2011, peut-on lire dans un nouveau rapport de Marchés mondiaux CIBC.

Les auteurs du rapport remarquent que les mesures prises par les banques centrales et les ministres des Finances, combinées à la prompte reprise des marchés financiers, laissent à penser que le rendement économique sera solide au Canada et aux États-Unis au premier semestre de 2010, mais comme, au deuxième semestre, les gouvernements fermeront les robinets des stimulants et les consommateurs américains continueront de se désendetter, la croissance pourrait fortement ralentir.

"Nous avons revu à la hausse, soit jusqu'à 3 1/2 %, nos prévisions du premier semestre au regard des États-Unis et du Canada", remarque Avery Shenfeld, économiste en chef, dans le dernier rapport de la Banque CIBC sur les prévisions économiques. "Manifestement, les mesures intrépides de sauvetage ont réussi. Bien que ceux qui sont toujours sans emploi puissent ne pas voir les choses de la même façon, la faiblesse record des taux d'intérêt et les énormes stimulants fiscaux adoptés partout au monde ont tiré les économies et les marchés financiers du bord de l'abîme.

"C'est pourquoi l'économie nord-américaine entame 2010 en lion. Mais les reprises sont rarement harmonieuses, et celle-ci sera soumise à des turbulences au terme des deux ou trois trimestres à venir. La disparition progressive des programmes de stimulants économiques et les doutes qui subsistent après les difficultés des deux dernières années feront que nous terminerons l'année en mouton."

M. Shenfeld croit que les éléments moteur de la croissance au cours des premiers mois de 2010, comme les dépenses prévues dans les programmes de stimulants économiques, la reconstitution des stocks et, au Canada du moins, une augmentation de courte durée de la valeur du secteur de l'habitation, sont tous de nature temporaire et disparaîtront d'ici la fin de l'année. Pour ce qui est des États-Unis, il prévoit que la politique fiscale passera, au deuxième semestre, du rôle d'accélérateur à celui de frein, alors que la reconstitution trimestrielle des stocks aura moins d'incidence sur l'économie. Bien qu'il s'attende à ce que les choses s'améliorent sur le front de la création d'emplois, M. Shenfeld prévoit aussi que les consommateurs épargneront de plus en plus et que l'accès au crédit restera difficile pour les ménages et les petites entreprises, particulièrement si les organismes de réglementation augmentent les exigences en capital des banques ou réduisent les ratios de levier financier.

"La conjugaison de tous ces éléments pourrait entraîner une augmentation du PIB américain de 2,8 % sur l'ensemble de l'année, mais ce chiffre cache une croissance d'à peine 1 % au deuxième semestre. De plus, les pressions de plus en plus fortes visant l'adoption de restrictions budgétaires nous ont poussés à retrancher un point de pourcentage à nos prévisions pour 2011, qui ne sont plus que de 2,4 %", ajoute-t-il.

En Europe, M. Shenfeld estime que le resserrement de la politique monétaire en vue de combattre l'inflation pourrait prolonger la récession dans ses économies les plus faibles. Il note que la Chine a déjà commencé à resserrer sa politique monétaire pour rétablir l'équilibre entre son besoin de croissance d'une part, et les risques d'inflation et de surchauffe du marché immobilier d'autre part.

"Au Canada, le moment précis où les avantages issus des mesures fiscales et de la reconstitution des stocks disparaîtront n'est pas aussi bien défini, ni les pressions pour procéder à des compressions budgétaires, aussi pressantes", note M. Shenfeld. "Mais si les deux dernières années nous ont enseigné quelque chose, c'est bien que notre petite économie, ouverte, ne peut décider seule de son propre cours."

Il croit que, au premier semestre de 2010, les secteurs canadiens de la fabrication et des ressources naturelles profiteront de la reprise de la croissance mondiale et de la reconstitution des stocks, mais qu'ils souffriront ensuite du ralentissement de la demande étrangère et de la surévaluation du dollar canadien.

Bien qu'il s'attende à ce que la solide croissance au sud de la frontière redonne de la vigueur au dollar américain et que le huard perde un peu de terrain au cours du premier semestre de 2010, M. Shenfeld craint que la Banque du Canada soit trop pressée et augmente les taux d'intérêt avant la Réserve fédérale, ce qui apprécierait le dollar canadien et mettrait encore plus de pression sur le PIB selon la production.

Les auteurs du rapport remarquent que la Banque du Canada a resserré sa politique monétaire avant les États-Unis au terme des récessions ayant frappé le continent. "Après chacun des deux derniers ralentissements économiques importants en Amérique du Nord, la Banque du Canada a augmenté ses taux avant la Réserve fédérale et a dû rebrousser chemin dès un recul de l'économie", observe M. Shenfeld. "Nos prévisions bonifiées relatives à la croissance au premier semestre tiennent compte d'un phénomène semblable qui verrait Mark Carney, le gouverneur de la Banque du Canada, augmenter les taux de 75 points de base au troisième trimestre que pour les geler pendant au moins un trimestre à cause des gains du dollar canadien et des signaux indiquant que la croissance serait plus faible que prévu."

En comparaison, il remarque que, après les deux dernières récessions, les États-Unis ont attendu trois ans avant d'augmenter les taux. Il ne pense pas que le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, voudra cette fois-ci maintenir les taux près de zéro pendant aussi longtemps, mais il ne s'attend pas à ce que les taux bougent avant 2011.

"La première mesure de resserrement devrait cependant créer une tendance à la baisse et un aplanissement sur les marchés des produits à revenu fixe", remarque M. Shenfeld. "Le problème à long terme ne sera pas l'inflation. Ce sera plutôt l'offre. Le déficit américain restera extrêmement élevé. C'est une chose pour les États-Unis de financer d'énormes déficits quand personne d'autre n'emprunte et que la Réseve fédérale achète la part du lion des émissions nettes, mais c'est tout à fait autre chose lorsque le secteur privé recommence à emprunter et que la Réserve fédérale reste sur la touche."

On note aussi dans le rapport que la Chine pourrait aussi diminuer ses achats de bons et obligations du Trésor si elle laisse le yuan s'apprécier modestement plus tard cette année. Le manque à gagner fédéral et provincial au Canada atteindra encore 6 % du PIB en 2009-2010, et l'offre nette d'obligations provinciales augmentera l'an prochain afin de pourvoir au financement de programmes d'immobilisations. Comme l'Europe devra aussi financer d'énormes déficits, le rendement mondial des obligations sera soumis à forte pression. Bien que ce marché produira de meilleurs résultats sur l'ensemble de 2010 que les bons et obligations du Trésor, la vente précédant les premières augmentations des taux devrait produire des rendements sur 10 ans de près de 4 % au Canada avant qu'ils ne diminuent vers la fin de l'année.

"Le marché boursier pourrait enregistrer un rendement annuel correct pour les six premiers mois, alors qu'on comparera les bénéfices d'une année sur l'autre avec ceux qui ont été enregistrés au plus profond de la récession, que les taux de croissance macroéconomique seront raisonnablement bons et que, vraisemblablement, le prix des ressources naturelles grimpera encore", ajoute-t-il. "Bien que les rendements comparables des produits à revenu fixe ne seront pas aussi faibles qu'aujourd'hui, l'écart entre le rendement des dividendes des sociétés cotées à la Bourse de Toronto et celui des obligations est très faible, et les attentes relatives à une augmentation des dividendes en 2010 et après devraient faire en sorte que les investisseurs pousseront encore la Bourse de Toronto à la hausse."

Vous pouvez consulter le rapport intégral de Marchés mondiaux CIBC à : http://research.cibcwm.com/economic_public/download/fjan10.pdf.

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SOURCE Marchés mondiaux CIBC

Renseignements : Renseignements: Avery Shenfeld, économiste en chef, Marchés mondiaux CIBC, (416) 594-7356, avery.shenfeld@cibc.ca; ou Kevin Dove, Communications et affaires publiques, (416) 980-8835, kevin.dove@cibc.ca


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