L'infrastructure pour la construction de la nation durant le siècle asiatique

L'honorable Jim Prentice, P.C., C.R.
Vice-président
Banque Canadienne Impériale de Commerce
Au Board of Trade de Vancouver

Priorité au discours prononcé

TORONTO, le 23 févr. 2012 /CNW/ -

Merci, Chuck, de votre aimable présentation.

Je jette un regard en arrière sur mon passé dans la vie publique.

J'ai quelques cicatrices, mais pas de regrets.

Plus que toute autre chose, je suis fier de ceux avec lesquels j'ai servi et des amitiés que je me suis faites.

Je vous répéterai donc exactement ce que j'ai dit une fois à un ami pendant que nous nous promenions à travers un pré dans le sud du Texas.

De tous ceux avec lesquels j'ai servi dans le cabinet, celui qui avait le plus brillant esprit, le meilleur jugement, et qui était aussi le plus généreux… c'était Chuck Strahl.

Personne d'autre n'était à sa hauteur. Chuck avait une emprise disproportionnée sur tout ce qui se disait et se faisait dans le gouvernement minoritaire de M. Harper.

Ce fut un honneur pour moi de servir avec lui. Je suis certain que vous ne serez pas surpris de découvrir que c'était aussi très agréable.

Mesdames et messieurs, je suis ravi d'être de retour à Vancouver et c'est un privilège pour moi de m'adresser au Board of Trade. Vous m'avez fait cadeau d'un livre d'histoire la dernière fois que j'ai prononcé un discours ici. Je l'ai lu et je me suis dit qu'il était temps de revenir.

Merci de m'avoir invité.

L'un des événements marquants dans l'histoire de cette grande ville a été sa sélection comme le terminus sur la côte ouest du Chemin de fer du Canadien Pacifique - le premier projet de grande envergure de construction de la nation du Canada.

En effet, lorsqu'un Canadien pense à la construction de la nation, la première image qui lui vient à l'esprit c'est probablement une photo en sépia d'un homme en haut-de-forme, entouré de gens au col Eagle à l'ouest de Revelstoke, enfonçant le dernier crampon dans la voie de chemin de fer de 4 000 kilomètres posée à travers les montagnes, les prairies et des régions reculées quasiment impénétrables.

En 1875, le premier ministre Alexander Mackenzie avait déclaré au sujet de ce ruban d'acier, et je cite, qu'« il ne sera probablement pas possible d'achever sa construction en 10 ans malgré toute la puissance des hommes et tout l'argent de l'Empire. » L'histoire l'a accusé d'être un pessimiste. La construction du chemin de fer du Canadien Pacifique a été terminée en moins de cinq ans. Et cela a changé à jamais notre pays.

Le Canada a tiré profit de nombreux projets ambitieux tout au long de son histoire.

Des projets comme de la Voie maritime du Saint-Laurent, le gazoduc TransCanada, la Baie James, le barrage Bennett, Hibernia et la construction de l'autoroute transcanadienne. C'étaient tous des projets transformationnels en leur genre et chacun d'entre eux a laissé sa marque sur le développement, le progrès et la prospérité du Canada.

Ces projets ont plusieurs éléments en commun. Leur construction a duré des années, ils ont créé un nombre considérable d'emplois et ils ont eu des effets secondaires bénéfiques. Ils ont été financés avec de l'argent aussi bien du secteur public que du secteur privé, et au fil des ans, et ils ont dynamisé l'économie de régions entières. Et chacun d'entre eux a fait l'objet, à son époque, d'un examen minutieux et provoqué des débats publics, comme cela arrive à des projets qui peuvent transformer le destin d'une nation.

Cela vaut la peine de jeter un regard en arrière sur l'histoire pour nous rappeler que Vancouver a été choisi parmi de nombreux autres sites de l'inlet Burrard pour être le terminus de la voie ferrée sur la côte ouest. Même à l'époque, le principal critère était une eau suffisamment profonde pour que des navires océaniques puissent accoster.

Dès le début, il avait été décidé que Vancouver ne serait pas simplement une jonction ferroviaire, mais aussi un grand port débordant d'activité - pas simplement le terminus ferroviaire, mais la voie d'accès au Pacifique et aussi la porte d'entrée sur le Pacifique. Cette ville a été choisie pour être le lieu où le Canada commencerait.

Au cours de cet été, lorsque le premier train de voyageurs est arrivé de l'est, le premier bateau est aussi arrivé dans le port de Vancouver.

Il arrivait de Chine.

Les entreprises et les investisseurs de la Colombie-Britannique ont depuis lors pris conscience de l'importance de la région Asie-Pacifique. Vancouver et le Canada ont tiré profit de cette prise de conscience et aussi de ce lien.

Je pense qu'il est juste de dire que la plupart des autres Canadiens, pendant la plus grande partie de notre histoire, n'ont pas considéré la côte ouest et Vancouver comme étant la porte d'entrée du Canada.

C'est certainement la conclusion tirée d'un sondage d'opinion réalisé en 2011 pour la Fondation Asie Pacifique selon lequel 11 % seulement des Canadiens croient fermement que notre pays fait partie de la région Asie-Pacifique.

Cette façon de voir est passée de mode dans le Canada d'aujourd'hui et en porte-à-faux avec le monde de demain. Elle témoigne de notre ignorance de ce qui représente l'avenir de notre pays.

Je crois que lorsque les historiens jetteront un regard en arrière sur le début des années 2000, ils repéreront un événement historique qui a déterminé l'orientation du siècle à venir - pour le monde dans son ensemble et pour le Canada également.

Cela s'est passé le 17 septembre 2001. C'est ce jour-là que la Chine a signé une entente pour adhérer à l'Organisation internationale du commerce.

Cet événement a mis en branle des forces qui ont provoqué un changement tectonique dans l'équilibre des puissances économiques mondiales. C'est un changement qui a ramené la Chine de la périphérie au centre de l'économie mondiale. C'est un changement qui a marqué le début de ce qui sera connu par la suite comme le « siècle asiatique ».

Que signifie cela exactement - le siècle asiatique? Mettez de côté toutes les déclarations grandiloquentes que nous entendons si souvent et examinons les chiffres. Penchons-nous sur les prévisions de croissance des sept principales économies du continent, y compris la Chine, l'Inde et la Corée du Sud.

Actuellement, la population de ces sept pays pris ensemble est de plus de trois milliards de personnes et ils ont un PIB combiné de 15 billions 100 milliards de dollars.

D'ici à 2050, on estime que ces pays représenteront 45 % du PIB mondial et plus de 90 % de la croissance mondiale.

Un regard sur de récents événements économiques met l'avenir particulièrement en relief.

L'urbanisation procède en Asie à un rythme sans précédent dans l'histoire de l'humanité. On prévoit que la population urbaine du continent qui comprend aujourd'hui 1,6 milliard d'habitants doublera à trois milliards. Rien qu'au cours des trois prochaines années, la Chine s'empressera de construire 36 millions de logements subventionnés pour ses citoyens à faibles revenus, presque tous dans des villes. D'ici à 2050, il y aura plus de 200 villes en Chine d'une population supérieure à un million d'habitants.

Je mets parfois mes amis et mes collègues au défi d'en nommer cinq.

Pour établir une comparaison plus frappante avec notre pays, sachez qu'il y a actuellement en Chine 130 villes dont la population est supérieure à celle de la région métropolitaine de Vancouver qui compte 2,3 millions d'habitants.

Les conséquences de cette croissance sont considérables - et dans bien des cas stupéfiantes. La Chine consomme à l'heure actuelle 45 % du charbon du monde, 30 % de son fer, 46 % de son acier, près de 50 % de son ciment, 38 % de son cuivre et 33 % de son aluminium. Comme l'a fait remarquer Wenran Jiang de l'Université de l'Alberta, la Chine est devenue « l'usine du monde ». C'est le principal consommateur de matières premières de notre planète.

Prenez un moment pour réfléchir à ce que ces chiffres signifient. Vous en voulez d'autres? La Chine est devenue le principal marché automobile du monde et produit près de 16 millions de véhicules automobiles par année. Elle compte actuellement plus de 900 millions d'usagers de téléphones portables. La classe moyenne en Chine augmente si rapidement qu'elle sera sous peu plus nombreuse que la population des États-Unis.

Et la Chine a accompli tout cela pendant qu'elle importait du pétrole pour alimenter sa croissance, devenant le deuxième plus important consommateur de pétrole du monde et son plus important consommateur d'énergie.

Certains estiment que d'ici à 2015, la Chine consommera 13 millions de barils de pétrole par jour. Cette demande correspondrait à peut-être 12 pour cent de la production mondiale. Mais voici l'élément clé - la Chine à elle seule compte pour 60 % de la croissance de la demande de pétrole.

Réfléchissez aux conséquences que cela aura - pour la Chine, pour les pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient, et aussi pour le Canada.

Cela signifie tout simplement que l'ascension du siècle asiatique et les exigences de production en Chine et au-delà mettront l'approvisionnement des produits de base du monde à rude épreuve jusqu'au point de rupture.

Entre 2000 et 2010, la consommation en Chine de cuivre, d'aluminium, de zinc, de nickel et de plomb a augmenté à des taux annuels aussi élevés que 24 pour cent. Même si le rythme de la demande diminue de moitié au cours de la prochaine décennie, des augmentations considérables de l'offre de toute une gamme de produits de base se révéleront nécessaires.

Les prix qui ont monté en flèche à des hauts record au cours des dernières années à la suite des achats par la Chine pourraient renchérir davantage. Cela augurerait bien pour les entreprises qui produisent ces matières premières et aussi pour les investisseurs qui ont parié là-dessus - à moins que les prix élevés n'étouffent la demande ou incitent les Chinois et d'autres acheteurs de produits de base à se trouver des produits de remplacement.

Pour examiner le siècle asiatique dans une optique canadienne, nous sommes en mesure de fournir des produits de base d'une plus grande valeur. L'un de nos avantages compétitifs est notre capacité d'être un fournisseur stratégique de pétrole et de gaz à l'Asie en croissance rapide.

En tant que pays, nous avons des raisons péremptoires de rechercher des relations plus complètes et stratégiques en matière d'énergie avec l'Asie - et des raisons de rechercher des relations encore plus étroites avec la Chine.

Je le dis pour deux raisons.

Premièrement, même si les États-Unis sont notre allié le plus étroit et notre principal marché à l'exportation pour l'énergie, la croissance économique en Asie et la demande concomitante d'énergie ouvrent la voie pour que le Canada devienne un fournisseur fiable de produits énergétiques à la Chine.

La demande accélérée de demain est en Asie, pas aux États-Unis. La Chine dépend actuellement de fournisseurs étrangers pour un peu plus de la moitié de son approvisionnement en pétrole. D'ici à 2015, cette dépendance sera de 70 %.

La Chine consomme aussi 45 % du charbon qui est actuellement utilisé dans le monde.

En aidant la Chine à satisfaire ses besoins, nous créerons des emplois et procurerons un revenu à des milliers de Canadiens - accroissant davantage la prospérité de notre pays par le commerce.

La Chine a manifesté clairement son désir de sécurité en matière énergétique pour aider à tirer sa croissance. Et le Canada peut jouer un rôle de premier plan en assurant au moins en partie cette sécurité de l'approvisionnement, par les exportations de notre pétrole et de notre gaz naturel liquéfié.

Une deuxième raison est la leçon qu'il faut tirer de la récente décision qu'ont prise les États-Unis relativement au gazoduc de Keystone XL… il est absolument nécessaire pour les producteurs de pétrole canadiens de diversifier leur clientèle.

Le pétrole et le gaz naturel du Canada se vendent actuellement moins cher aux États-Unis que sur les marchés internationaux - parce que nous n'avons qu'un seul client pour nos exportations.

Ce n'est pas le cas avec aucun des autres produits de base, et franchement, nous ne devrions pas le faire avec nos hydrocarbures.

Un rapport publié en 2011 par le Conseil de coopération économique du Pacifique a quantifié cette situation. En n'ayant qu'un seul client pour notre pétrole, le Canada renonce en réalité à la somme astronomique de 28 milliards de dollars chaque année. Ce sont 28 milliards de dollars perdus sous forme de revenus d'entreprises et de taxes fédérales et provinciales.

Le message est donc bien clair. Avoir un seul client ne fait plus l'affaire. À moins de diversifier nos marchés énergétiques, nous serons toujours forcés d'accepter les prix offerts. Et le rêve du Canada de devenir une superpuissance en matière d'énergie propre ne sera que cela - un rêve.

Nous avons donc de bonnes raisons de poursuivre sur cette voie. Cependant… l'accroissement du commerce de l'énergie avec la Chine pourrait être quelque peu problématique si nos produits énergétiques sont bloqués sur terre et ne peuvent pas atteindre l'océan.

Je crois qu'il est dans notre intérêt à long terme de développer plusieurs couloirs vers le Pacifique pour le transport de notre pétrole brut, et il est tout aussi important de le faire pour notre gaz naturel.

Je dis que c'est « tout aussi important », non pas seulement en raison de l'importance du gaz naturel pour la Colombie-Britannique, mais aussi pour la Chine. Parce que le gaz naturel, le plus propre des combustibles fossiles, peut jouer un rôle important pour répondre à ce qui est de loin le plus grave problème du monde en matière d'émissions carboniques - l'énorme dépendance continue de la Chine de la production d'électricité à partir du charbon.

Notre banque, la Banque CIBC, a publié dernièrement un rapport sur le gaz naturel liquéfié intitulé « The Race is On ». Nous croyons que le gaz naturel est l'un des produits de base les plus sous-évalués du monde et que ses exportations et son prix ne feront qu'augmenter.

C'est une affaire qui intéresse la Colombie-Britannique au plus haut degré. En tant que pays, nous avons l'avantage d'être relié au marché asiatique par l'une des routes d'approvisionnement les plus courtes. Plus courtes en fait que celles de l'Australie. Une grande partie du gaz qui sera exporté en Chine - et aux marchés du Japon, de Taiwan, de la Corée du Sud et au-delà - proviendra de la Colombie-Britannique.

Les divers projets de construction d'installations pour le gaz naturel liquéfié sur la côte de la Colombie-Britannique rapporteront des avantages considérables aux régions productrices de gaz naturel de la province - et au pays dans son ensemble.

Soyons clairs cependant et ne nous faisons pas d'illusions : aussi important soit-il pour notre avenir partagé, la construction de corridors vers le Pacifique pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié représente sans doute l'initiative la plus ambitieuse envisagée par notre pays depuis des décennies.

J'ai fait remarquer auparavant que les projets d'infrastructure de construction de la nation ont souvent provoqué des débats publics. Ils peuvent être controversés et susciter des divisions. Et cela est particulièrement vrai des couloirs de transport de l'énergie vers le Pacifique.

Je vous dis franchement que je suis en faveur de la construction du gazoduc Northern Gateway. Ce débat a cependant bien plus d'envergure qu'une simple question de soutien ou d'opposition à la construction d'un gazoduc. Nous parlons en effet d'un besoin de leadership pour définir et concrétiser ce qui est dans l'intérêt national des Canadiens.

J'applaudis la récente visite du premier ministre en Chine et son soutien sans équivoque à la diversification nécessaire du marché de l'énergie du Canada. Comme il l'a déclaré, « le gouvernement s'est engagé à faire en sorte que le Canada dispose de l'infrastructure nécessaire pour le transport de ses ressources énergétiques vers ces marchés diversifiés. »

C'est un jalon pour le Canada et le gouvernement fédéral a un important rôle à jouer. Mais il n'est pas le seul. Il nous faut aussi l'engagement du gouvernement et des Premières Nations de la Colombie-Britannique et, bien entendu, du secteur privé.

Que devons-nous donc faire maintenant? Ce sont des dossiers épineux. Les plus épineux peut-être. Et nous nous trouvons sur un terrain inconnu, dans une nouvelle réalité postérieure à Keystone.

Les questions d'ordre constitutionnel et juridique qui entourent la construction de couloirs de transport de l'énergie vers la côte ouest, les terminaux et l'expédition par mer sont exceptionnellement difficiles. Le progrès repose sur la négociation de toute une foule de revendications territoriales des Premières Nations et sur des questions d'environnement et d'infrastructure qui n'ont pas été encore résolues.

Ce sont peut-être les questions de politique publique les plus difficiles actuellement au Canada et il est tout simplement irréaliste de s'attendre à ce que Enbridge, ou toute autre société, soit en mesure de les résoudre dans le contexte d'audiences publiques de l'Office national de l'énergie.

Tout d'abord, l'obligation constitutionnelle de consulter les Premières Nations n'incombe pas à une société. C'est la responsabilité du gouvernement fédéral.

Deuxièmement, l'obligation de définir un mode de gestion des océans pour les terminaux et l'expédition par voie maritime sur la côte ouest n'est pas la responsabilité des entreprises. C'est la responsabilité du gouvernement fédéral.

Et troisièmement, ces questions ne peuvent pas être réglées par une décision arbitraire de réglementation; des négociations sont nécessaires. Le véritable risque ne réside pas dans le refus des organismes de réglementation, mais plutôt dans l'approbation réglementaire qui serait sapée par des contestations judiciaires par la suite et par l'absence de « licence sociale ».

Comment devrions-nous donc procéder?

Cela commence par le leadership. Notre réalité a changé au cours des derniers mois à la suite de la décision prise par les États-Unis au sujet de Keystone. L'accès du pétrole et du gaz naturel canadiens à la côte ouest a toujours été important, mais il est désormais crucial pour l'intérêt national du Canada.

Pour avancer notre intérêt national, le gouvernement fédéral doit prendre l'initiative. Il doit consulter. Il doit négocier. Il lui faudra au bout du compte exercer son autorité législative en tant que gouvernement majoritaire.

Ottawa doit tout d'abord accélérer ses consultations avec les Premières Nations au sujet de leurs revendications territoriales qui s'étendent à de vastes régions de la Colombie-Britannique. Les couloirs de transport de l'énergie devront être garantis sur une base non dérogable, ce qui faciliterait leur construction sans obliger les Premières Nations à abandonner des questions irrésolues. Même si l'Office national de l'énergie peut faciliter cet effort, il ne peut pas effectuer cette tâche à lui seul. Des négociateurs de haut rang devront être mis en place pour aider dans ces négociations.

Deuxièmement, Ottawa a seul compétence sur nos eaux territoriales. Il doit donc prendre l'initiative pour élaborer un mode de gestion des océans qui tiendra compte des avantages et aussi des risques en matière d'environnement que présente l'accroissement du trafic de pétroliers sur la côte ouest. Il faudra légiférer à cet effet. Il faudra aussi adopter des plans de mesures d'urgence en cas d'événements imprévus. Il sera essentiel - compte tenu de l'importance de ces voies d'eau pour les collectivités côtières des Premières Nations - que le gouvernement poursuive un mode de gestion partagé de ces voies d'eau ensemble avec la province de la Colombie-Britannique et les Premières Nations côtières.

Même s'il est évident qu'Ottawa a seul compétence sur ces voies d'eau, un résultat satisfaisant sera moins certain si la province de la Colombie-Britannique n'est pas représentée à la table de négociations.

Ottawa doit en dernier lieu permettre la tenue d'auditions publiques de l'Office national de l'énergie pour arriver à des conclusions au besoin. Ce processus prendra du temps. Il pourrait durer plusieurs années. Ces auditions devront être tenues selon le principe d'autonomie et à condition que tous les intervenants soient entendus équitablement. Elles doivent être effectuées de manière expéditive, mais si elles sont forcées, précipitées ou arbitrairement restreintes, elles ne résisteront pas à l'examen du public ou des autorités judiciaires.

Le point essentiel à retenir est le suivant : la construction de couloirs de transport de l'énergie vers le Pacifique nécessite bien plus que de l'argent. Il sera nécessaire de faire preuve de leadership et de patience, et d'investir du temps. Ce n'est qu'alors qu'il sera vraiment possible de recueillir des dividendes appréciables.

La consultation va dans les deux sens et il est tout aussi important que les Premières Nations de la Colombie-Britannique se rendent compte de l'occasion que cela représente pour elles d'accepter le programme du pays tout en avançant leurs propres demandes.

Le siècle asiatique représente une bonne occasion pour le Canada. Mais il nous faut accepter de faire le dur travail nécessaire pour en bénéficier.

Mesdames et messieurs,

Ce jour-là près de Revelstoke, il y a plusieurs années, lors du commencement de la cérémonie qui a marqué l'achèvement de la construction de la voie ferrée, le premier coup de marteau a raté et a produit un crampon déformé qui a été vite enlevé - et le deuxième coup a produit le charme du fameux dernier crampon.

Il y a du symbolisme dans cela. La construction de la nation n'est jamais facile. Nous n'y arrivons pas toujours du premier coup. Il faut de l'engagement et du courage. Il faut du leadership et de la détermination. Elle exige de la persévérance et de l'ingénuité.

Le Canada se trouve actuellement au seuil d'une enthousiasmante nouvelle période de croissance et de développement.

Une période de prospérité durable pendant que nous exploitons nos ressources, diversifions nos marchés et nous réorientons vers de nouvelles possibilités d'affaires.

Une ère pendant laquelle un pays qui s'est tourné pendant si longtemps vers l'Atlantique à l'est et vers l'Amérique au sud, prendra sa place comme une importante nation du Pacifique.

Pendant que nous rendons hommage aux constructeurs passés de la nation, nous devons nous rappeler que la construction de notre jeune pays se poursuit et que le travail de construction de la nation ne doit jamais prendre fin.

Merci beaucoup.

SOURCE Banque CIBC

Renseignements :

Kevin Dove 416 980-8835 / kevin.dove@cibc.ca


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