L'indice Scotia des produits de base bondit en avril, bien que l'appétit
réduit des investisseurs en matière de risque entraîne un recul des prix en
mai

- La demande mondiale de pétrole reprendra en 2010, malgré le ralentissement prévu de la croissance mondiale en raison des mesures d'austérité de la zone euro.

TORONTO, le 28 mai /CNW/ - L'Indice Scotia des produits de base, qui mesure la tendance des prix de 32 des principales exportations canadiennes, a sensiblement augmenté en avril, progressant de 4,2 % par rapport au mois précédent. Les prix des produits de base ont augmenté de 31,4 % par rapport au creux cyclique d'avril 2009.

"Les prix des produits de base ont atteint un sommet au début d'avril, mais il pourrait bien s'agir du point culminant de 2010 et non de celui du cycle économique, les investisseurs n'ayant pas retrouvé le goût du risque en mai", a indiqué Patricia Mohr, vice-présidente d'Études économiques Scotia et spécialiste du marché des produits de base à la Banque Scotia. "Les importantes mesures d'austérité annoncées récemment par la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Irlande ainsi que par le Royaume-Uni et l'Italie, qui viennent s'ajouter au repli antérieur, ralentiront la croissance mondiale.

"Toutefois, les craintes récentes concernant la possibilité d'un ralentissement en Chine, découlant en partie des mesures visant à calmer les ardeurs sur le marché immobilier en pleine effervescence dans les principales villes du pays, sont vraisemblablement exagérées, puisqu'on prévoit encore une croissance de 9 % du PIB en 2011", a ajouté Mme Mohr. "La Chine est un moteur de grande importance des marchés des produits de base mondiaux. Elle est à l'origine de près de 40 % de la demande mondiale des quatre principaux métaux de base, tandis que l'Europe occidentale génère 16 % de la demande et les États-Unis, 10,5 %."

Chronique spéciale : Pétrole brut - L'offre et la demande mondiales sont sensiblement équilibrées

Depuis la crise du crédit qui a frappé le monde à la fin de 2008, les prix du pétrole WTI ont été entrainés en grande partie par les fluctuations des indicateurs économiques internationaux et des perspectives de croissance économique mondiale plutôt que par l'offre et la demande réelles. Les fonds de placement ont exercé une grande influence sur les prix, tandis que l'échange commercial réel n'a eu qu'un effet limité sur ceux-ci.

"Dans le rapport de ce mois-ci, nous voulons mettre en lumière l'offre et la demande réelles de pétrole brut. Nous en concluons que le marché est en grande partie équilibré, bien qu'il s'agisse d'un équilibre précaire", a déclaré Mme Mohr. "Cependant, compte tenu des inquiétudes des marchés financiers concernant la croissance de la zone euro, nous avons modérément abaissé nos prévisions du prix du pétrole WTI à 79 $ US le baril en 2010 et à 80 $ US le baril en 2011."

La consommation de pétrole à l'échelle mondiale a progressé au quatrième trimestre de 2009, affichant une hausse de 0,8 % comparativement à la période correspondante de l'année précédente, après une baisse de 1,24 million de barils par jour, soit de 1,4 %, en 2009. Malgré les difficultés de la zone euro qui ralentiront la reprise, la consommation mondiale de pétrole devrait franchir à nouveau les 86,2 millions de barils par jour en 2010 (une augmentation de 1,4 million de barils par jour), même si la demande pourrait demeurer légèrement en dessous du sommet de 86,4 millions de barils par jour atteint en 2007.

    
    Principaux faits saillants de la demande de pétrole brut en 2010 :

    1.  La Chine continuera de dominer la croissance, grâce à un gain
        d'environ 8 %. Cette prévision pourrait s'avérer conservatrice,
        compte tenu de sa vigueur jusqu'ici en 2010. La consommation
        implicite de la Chine a augmenté de 18,2 % en glissement annuel au
        premier trimestre de 2010 et de 12 % en avril comparativement à
        l'année antérieure. La vigueur marque particulièrement le naphta,
        matière de base de deux nouvelles usines pétrochimiques produisant un
        million de tonnes.

    2.  La consommation de pétrole de l'Inde, bien que beaucoup moins
        importante que celle de la Chine, n'a été que peu touchée par la
        crise mondiale du crédit de la fin de 2008 et devrait croître de
        100 000 barils supplémentaires par jour, atteignant 3,4 millions de
        barils par jour en 2010.

    3.  Le Moyen-Orient représente un marché de croissance pour le pétrole
        brut, stimulé par une industrialisation rapide, notamment par la
        construction d'usines pétrochimiques et d'alumineries.

    4.  Aux États-Unis, pays demeurant de loin le plus grand consommateur de
        pétrole au monde, la consommation a été modérée au début de 2010,
        mais elle a repris la pente ascendante en mars et s'appuie maintenant
        sur une forte avance par rapport aux données précédentes : la
        consommation a grimpé de 6,9 % d'une année à l'autre, s'établissant à
        19,5 millions de barils par jour pour les quatre semaines se
        terminant le 21 mai (une hausse de 1,2 % de l'essence, de 15,8 % du
        diesel et du mazout de chauffage domiciliaire et de 10,7 % de tous
        les autres produits).

    5.  En revanche, la demande de pétrole en Europe semble suivre un "déclin
        structurel" ayant commencé avant même la crise de la dette en Grèce.
        Bien que la Grèce et le Portugal soient de petits marchés
        (respectivement 414 000 barils par jour et 272 000 barils par jour),
        l'Espagne constitue un marché important (1,48 million de barils par
        jour en 2009). L'an dernier, ces pays représentaient 14,2 % de la
        consommation européenne et 2,6 % de la consommation mondiale. Les
        mesures d'austérité mises en place dans ces pays de même qu'au
        Royaume-Uni et en Italie pourraient réduire à 14,8 millions de barils
        par jour la consommation de pétrole de l'Europe en 2010, soit une
        baisse supplémentaire de 2,4 %.
    

"Dans l'ensemble, la consommation de pétrole mondiale devrait croître de 1,4 million de barils par jour en 2010, soit bien au-delà de l'augmentation de l'approvisionnement des pays non membres de l'OPEP, laquelle se situe à 0,7 million de barils par jour, et ce, malgré le fléchissement de la consommation de l'Europe", a souligné Mme Mohr. "Résultat net : la demande de pétrole brut à l'OPEP - indicateur des tensions du marché - devrait monter lentement et atteindre 28,8 millions de barils par jour en 2010. La production de l'OPEP a légèrement augmenté en avril, atteignant un peu plus de 29 millions de barils par jour."

Métaux et minéraux

L'indice des métaux et des minéraux a bondi en avril, grimpant de 10,3 % par rapport au mois précédent, compte tenu de la vigueur générale des métaux de base et des métaux précieux ainsi que des agents d'alliage de l'acier (cobalt et molybdène).

Selon le rapport, le prix du charbon à coke métallurgique de première qualité de l'Ouest canadien destiné aux marchés asiatiques est passé de 128 $ US à 200 $ US la tonne (FAB Vancouver) pendant le premier trimestre du nouvel exercice, à la suite des négociations des contrats annuels avec les aciéries japonaises. Étant donné le faible approvisionnement à l'échelle internationale, les prix au comptant (FAB aux ports d'embarquement en Australie) de 213 $ US à la fin de mai se maintiennent bien au-dessus du prix prévu par les contrats, ce qui annonce des prix égaux ou légèrement supérieurs pour le trimestre allant de juillet à septembre.

Malgré le repli des prix du cuivre et des autres métaux de base en raison des mesures d'austérité de la zone euro, les prix demeurent à des niveaux lucratifs. Le prix du cuivre de 3,12 $ US la livre à la LME génère une marge bénéficiaire de 53 % en fonction du seuil de rentabilité complet en incluant la moins-value. Il devrait demeurer au-dessus des 3 $ US en 2010 et 2011.

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

SOURCE Banque Scotia - Rapports économiques

Renseignements : Renseignements: Patricia Mohr, Études économiques Scotia, (416) 866-4210, pat_mohr@scotiacapital.com; ou Patty Stathokostas, Relations publiques, (416) 866-3625, patty_stathokostas@scotiacapital.com

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