L'Indice Scotia des prix des produits de base recule en juin, mais se stabilise en juillet

  • La sécheresse dans le Midwest des États-Unis propulse les prix des céréales à des sommets sans précédent
  • Le débat s'intensifie autour d'une politique énergétique pour le Canada

TORONTO, le 26 juill. 2012 /CNW/ - L'Indice Scotia des prix des produits de base a affiché un recul marqué de 3,7 % d'un mois à l'autre en juin, septième mois consécutif de déclin. L'indice global a perdu 19,0 % depuis le sommet à court terme d'avril 2011 - juste avant que la lourdeur excessive de la dette souveraine de la zone euro ne cause des inquiétudes à l'échelle internationale - cette correction demeurant toutefois en deçà de la moitié de la chute de 46 % inscrite au second semestre de 2008.

« Une perte de confiance marquée à l'échelle mondiale dans le secteur des entreprises - imputable aux difficultés financières de la zone euro et au ralentissement de la croissance mondiale - a poussé les investisseurs à délaisser les actifs plus risqués, comme les produits de base et les actions, au profit de la sécurité et de la liquidité des titres du Trésor américain », a expliqué Patricia Mohr, vice-présidente d'Études économiques Scotia et spécialiste du marché des produits de base à la Banque Scotia. « Les prix du pétrole - qui souvent, sont basés sur les perspectives de croissance mondiale plutôt que sur les derniers développements au sein de l'industrie - ont été particulièrement touchés par ce manque de confiance. »

Les inquiétudes face à un ralentissement en Chine - dont le produit intérieur brut (PIB) a chuté à 7,6 % au deuxième trimestre de 2012 après avoir atteint 8,1 % au premier trimestre et 9,3 % en 2011 - ont également eu des conséquences néfastes - notamment sur les prix des métaux industriels.

Toutefois, le repli de l'Indice Scotia des prix des produits de base en juin pourrait marquer un creux à court terme, les prix des produits de base remontant en juillet. Plusieurs propositions positives présentées lors du sommet de l'Union européenne les 28 et 29 juin dernier en vue de soutenir les marchés financiers de la zone euro ont temporairement amélioré l'état d'esprit par rapport aux actifs plus risqués, mais l'incertitude persiste. La Chine a également récemment opté pour une politique monétaire et fiscale plus énergique axée sur la croissance.

L'indice des produits agricoles a inscrit une légère hausse, soit 0,3 %, en glissement mensuel en juin et devrait se raffermir davantage en juillet. Les prix du maïs aux États-Unis (une céréale fourragère et un édulcorant) et du soja (une graine oléagineuse) sont montés en flèche, atteignant des sommets inégalés à la mi-juillet, pendant que le Midwest des États-Unis enregistre le temps le plus sec et le plus chaud depuis les années 1980, quand le président Ronald Reagan était au pouvoir. Ces nouveaux éléments auront des répercussions majeures sur les prix mondiaux des aliments plus tard cette année, les États-Unis étant de loin le principal exportateur de maïs au monde (en temps normal, le pays accapare plus de 50 % du commerce mondial; même cette année, il fournit 40 % des exportations mondiales).

« Les prix records du soja aux États-Unis ont fait grimper les prix du canola au Port de Vancouver à un niveau sans précédent, soit 671 $ CA la tonne à ce jour en juillet », a noté Mme Mohr. « Grâce aux conditions relativement favorables prévalant dans les Prairies canadiennes cette année, la culture du canola atteindra probablement 10 G$ et affichera une production et des prix records en 2012-2013. Bien que le temps sec aura pour effet de restreindre les récoltes de maïs et de soja du Sud de l'Ontario, les revenus globaux que le Canada tirera des céréales et des oléagineux pourraient aussi atteindre un record cet automne. »

L'indice du pétrole et du gaz a fortement reculé en juin (-9,0 % en glissement mensuel). Alors que les escomptes à la fois sur le brut léger non sulfuré (-3,72 $ US) et le brut lourd Western Canadian Select (WCS) (-16,03 $ US) par rapport au West Texas Intermediate (WTI) se sont amenuisés en juin, les prix réels ont reculé à 78 $ US le baril et à 66 $ US respectivement, alors que les prix du pétrole ont perdu du terrain à l'échelle mondiale.

Cependant, les prix du pétrole de Brent et WTI ont remonté à 104 $ US et à 89 $ US respectivement à la mi-juillet, les tensions géopolitiques se ravivant au Moyen-Orient. L'Union européenne a imposé un embargo complet sur les importations de pétrole iranien le 1er juillet 2012, et les États-Unis ont mis en œuvre des sanctions le 28 juin 2012.

Les discussions s'intensifient autour d'une nouvelle politique énergétique pour le Canada. Quant au projet de pipeline Northern Gateway, le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique a énoncé cinq conditions préalables pour qu'il donne son feu vert au projet d'aménagement de pipeline de pétrole lourd à travers la Colombie-Britannique et à la circulation de pétroliers au large de ses côtes. La production pétrolière de l'Ouest canadien devrait augmenter d'environ un million de barils par jour (Mb/j), passant de 2,7 Mb/j en 2011 à une fourchette entre 3,6 et 3,8 Mb/j d'ici 2015 (soit la production de sables bitumineux de même que de zones pétrolières étanches et de pétrole léger et de pétrole lourd conventionnels).

« À mon avis, l'aménagement d'une infrastructure de transport adéquate, en temps utile, afin d'exploiter les marchés en plein essor de l'Asie est vital pour les champs de pétrole canadiens et l'économie du Canada », a affirmé Mme Mohr.

L'indice des métaux et des minéraux a également reculé de 1,2 % en glissement mensuel en juin, affichant des déclins généralisés des métaux de base, du minerai de fer, des additifs de l'acier (le cobalt et le molybdène) et de l'uranium - seulement en partie contrebalancés par une légère augmentation des prix de l'or.

Sur une note plus positive, le resserrement du marché mondial pour le charbon dur cokéfiable de première qualité aura pour effet de faire grimper les prix contractuels de l'Ouest canadien au niveau lucratif de 225 $ US la tonne (FAB Vancouver) au cours du trimestre de juillet à septembre - ce qui représente une hausse de 7 % par rapport à 211 $ US pour le trimestre tout juste terminé. La production mondiale d'acier n'a que légèrement augmenté cette année (+0,8 %), ce qui indique une croissance limitée de la demande sous-jacente de charbon cokéfiable. Cependant, la clause de force majeure déclarée par les mines Billiton Mitsubishi Alliance (BMA) dans le Queensland entre avril et la mi-juillet a entraîné un resserrement substantiel de l'approvisionnement.

Les prix de l'or, qui s'établissaient à 1 601 $ US l'once à la fin juillet, sont restés fermes, mais n'ont pas progressé cette année. Les négociateurs attendent un autre « assouplissement quantitatif » de la part de la Réserve fédérale américaine ou de la Banque centrale européenne (BCE).

L'indice des produits forestiers est demeuré essentiellement stagnant en juin, bien que les prix du bois d'œuvre et des panneaux à copeaux orientés (OSB) demeurent largement supérieurs à ceux d'il y a douze mois. Un raffermissement notable des prix du bois d'œuvre est prévu en 2013, quand le marché du logement des États-Unis, ayant amorcé une lente remontée, devra composer avec un approvisionnement nord-américain limité.

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

SOURCE : Banque Scotia

Renseignements :

Patricia Mohr, Études économiques Scotia, 416-866-4210, patricia.mohr@scotiabank.com;
Devinder Lamsar, Communications avec les médias, 416-933-1171, devinder.lamsar@scotiabank.com.

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