Les publicités à la radio de Radio-Canada : une atteinte grave à la radiodiffusion publique au Canada

TORONTO, le 28 mai 2013 /CNW/ - Les nouvelles licences de la Société Radio-Canada, telles qu'annoncées ce matin par le CRTC, démontrent les conséquences des années de négligence de la part de gouvernements successifs, et sont le reflet de l'hostilité des Conservateurs Harper envers la radiodiffusion publique au Canada.

Le CRTC a renouvelé les licences de tous les services de la SRC, en accordant une période d'essai de trois ans au cours de laquelle la Société pourra introduire des annonces publicitaires à Espace musique et Radio 2. Si la Société veut continuer de placer des publicités à la radio au-delà des trois ans, elle devra en faire la demande auprès du CRTC. 

« Les militants et donateurs conservateurs que le Premier ministre a nommé au Conseil d'administration de la SRC seront contents de la décision d'aujourd'hui, mais les millions de Canadiens qui sont attachés à la radiodiffusion publique seront en colère » a déclaré le porte-parole des AMIS, Ian Morrison. 

Plus de la moitié des membres du Conseil d'administration de la SRC, y compris son Président et chef de la direction, ont déjà fait des dons au Parti conservateurs, et certains d'entre eux continuent de militer au sein du Parti. 

La proposition de la SRC de placer des annonces publicitaires à certains de ses réseaux radiophoniques fut opposée par la vaste majorité (893 sur 965) des intervenants aux audiences à ce sujet. Le CRTC, dont le mandat est sans lien de dépendance auprès du gouvernement, est tombé dans le panneau du raisonnement mal-fondé voulant que Radio-Canada devrait se commercialiser de plus en plus et mettre fin à près de 40 ans de radio sans publicité.

« En mettant de côté l'avis de 93 % des citoyens qui se sont donnés la peine de commenter la proposition de la SRC de placer des annonces publicitaires à ses services radiophoniques, cette décision met la radio de Radio-Canada sur une pente dangereuse. C'est le début de la fin du dernier service sans publicité offert par la SRC, selon le groupe chien de garde Les AMIS de la radiodiffusion canadienne.

« Par la suite, la direction de la SRC demandera à mettre des annonces à la Première chaîne et à Radio One. Les dirigeants de la SRC disent avoir besoin de revenus publicitaires pour parer aux coupures effectuées par les Conservateurs de Harper, malgré leur promesse électorale de maintenir ou d'augmenter le soutien financier à la programmation de la SRC. 

« Et puisque la haute direction et le Conseil d'administration de la Société comptent si peu de personnes imbues des valeurs qui doivent animer un radiodiffuseur public, elles continueront, de gaffe en bévue, à prendre des décisions dont elles ne mesurent pas les conséquences, et à refaire Radio-Canada à l'image d'un radiodiffuseur privé, » selon M. Morrison. 

M. Morrison a souligné que la décision d'aujourd'hui n'a fait pas l'unanimité au sein même du CRTC. En effet, dans son opinion dissidente, le Vice-président à la radiodiffusion Me Tom Pentefountas s'oppose aux annonces à la radio de Radio-Canada. Il écrit : « … D'abord, la pente est très glissante une fois la porte ouverte à la commercialisation de la radio publique et, deuxièmement, il me semble clair comme l'eau de roche que la commercialisation d'Espace Musique et Radio 2 déclenchera la disparition du caractère distinctif et complémentaire de ces services. »

Le Vice-président Pentefountas remet également en question l'intention de la SRC de financer entièrement Radio 2 à partir de ses revenus publicitaires, une exigence à laquelle aucun autre service de la SRC doit faire face.

« Il apparaît évident que la haute direction ne valorise pas le service de Radio 2 » selon M. Morrison.

La décision du CRTC rendue publique aujourd'hui accorde à la SRC des licences d'une durée de cinq ans qui requièrent un minimum de programmation canadienne aux heures de grande écoute lorsque les téléspectateurs sont le plus nombreux. La décision est muette quant à la précarité des revenus publicitaires liés au hockey professionnel sur lesquels la Société pourrait ne plus pouvoir compter à l'avenir.

« L'année prochaine, lors de l'expiration de l'entente de la Société pour les droits de la LNH, il se peut très bien que l'un de ses concurrents s'en empare. Dans ce cas, la Société devra absorber une chute de 200 millions de dollars de revenus - une perte beaucoup plus grave que celles infligées par les dernières coupures budgétaires du gouvernement Harper. 

« Radio-Canada deviendra-t-elle encore plus commerciale si elle doit subir ce coup dévastateur? Nous ne pouvons le savoir. 

« Le Conseil a entériné le projet de commercialisation et semble traiter la SRC comme n'importe-quel autre diffuseur, plutôt que le radiodiffuseur public national, » a déclaré M. Morrison. 

Les AMIS de la radiodiffusion canadienne constituent un group de garde indépendant pour la programmation canadienne qui n'est affilié avec un radiodiffuseur ni parti politique.

SOURCE : Friends of Canadian Broadcasting

Renseignements :

Jim Thompson 613-447-9592; jim@friends.ca  

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