Les hôpitaux canadiens visent la réduction des taux de mortalité, mais les
infections graves posent toujours un défi

Le RNMH incite à mettre l'accent sur la sepsie, un sujet qui préoccupe les hôpitaux canadiens

OTTAWA, le 10 déc. /CNW Telbec/ - Une nouvelle étude révèle qu'en 2008-2009, dans les hôpitaux canadiens (excluant le Québec), plus de 9 300 patients sont décédés de la sepsie, une réponse de l'organisme à une infection grave.

Cette année, les ratios normalisés de mortalité hospitalière (RNMH) des hôpitaux canadiens, rendus publics par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), sont axés sur les taux de sepsie à l'hôpital. Diffusé publiquement pour la première fois par l'ICIS en 2007, le RNMH est une mesure de la qualité des soins qui permet aux hôpitaux canadiens d'évaluer les taux de mortalité au fil du temps et de trouver des possibilités d'amélioration.

Ainsi, en étudiant les données sur le RNMH des cinq dernières années, nombre d'hôpitaux ont convenu que la sepsie était une cause de décès qui demandait une attention particulière.

"On sait que les hôpitaux ne parviendront jamais à des taux de mortalité nuls, mais pour beaucoup d'entre eux, la réduction du taux de mortalité est devenue une priorité", déclare Mme Indra Pulcins, directrice des indicateurs et de la mesure du rendement à l'ICIS. "En effet, les RNMH semblent baisser de façon générale au Canada, grâce aux efforts nationaux concertés visant à rehausser la qualité des soins et la sécurité des patients. Malheureusement, certains problèmes de santé comme la sepsie posent un défi majeur lorsqu'il s'agit de réduire la mortalité hospitalière."

La sepsie, cette réponse de l'organisme à une infection, peut s'aggraver au point d'exiger des soins médicaux urgents. Si elle devient sévère, elle peut provoquer des dommages graves aux tissus, la défaillance d'organes ou le décès. La sepsie peut être occasionnée par de nombreuses infections bactériennes, fongiques ou virales qui se répandent dans le sang. Même si la sepsie peut être consécutive à des infections bénignes, en particulier la grippe ou une infection urinaire, elle tend à se manifester davantage chez les personnes souffrant de blessures graves, dont le système immunitaire est extrêmement affaibli et qui présentent des lésions ouvertes ou exposées résultant de la présence de cathéters.

Les taux de mortalité des patients atteints de sepsie sont le triple de ceux des patients victimes d'une crise cardiaque

Chaque jour, à travers le monde, près de 1 400 personnes meurent de la sepsie. Au Canada, il s'agit d'un problème de santé de plus en plus préoccupant. Selon l'étude de l'ICIS, plus de 30 500 patients ont été hospitalisés au Canada (excluant le Québec) en 2008-2009 à cause d'une sepsie. Ce nombre est presque égal à celui des patients hospitalisés en raison d'un nouvel AVC, mais inférieur à celui des patients admis pour une nouvelle crise cardiaque (49 000). Un peu plus de 30 % des patients hospitalisés en raison d'une sepsie sont décédés, par rapport à 18,0 % pour les patients admis suite à un AVC et 9,1 % pour ceux admis à cause d'une crise cardiaque. En somme, de 30 % à 50 % de tous les patients atteints de sepsie finissent par décéder de cette affection.

"La sepsie peut être très difficile à détecter. Toutefois, des études ont mis en évidence divers facteurs pouvant contribuer à réduire la mortalité liée à la sepsie, notamment la détection et le traitement précoces", indique le Dr Claudio Martin, médecin aux soins intensifs au London Health Sciences Centre et chercheur dans le domaine de la sepsie. "Plus important encore, il existe une profusion de preuves à l'effet qu'il est possible de prévenir les infections nosocomiales menant à la sepsie. Si l'on veut réduire les cas de sepsie et les taux de mortalité, ces pratiques exemplaires doivent être mises en œuvre en priorité."

On apprend également de l'étude de l'ICIS que les patients atteints de sepsie courent un plus grand risque de décéder s'ils sont âgés, s'ils présentent des comorbidités et s'ils sont de sexe féminin.

En 2008-2009, presque le quart (23,6 %) de tous les patients atteints de sepsie ont reçu un diagnostic de sepsie après leur admission à l'hôpital. Or, selon les données de l'ICIS, 56 % de ces patients couraient un plus grand risque de décès que les patients chez qui la sepsie a été diagnostiquée avant l'admission.

La sepsie occasionne des séjours prolongés à l'hôpital

En général, les patients qui ont reçu un diagnostic de sepsie nécessitent un traitement plus agressif et utilisent, au bout du compte, davantage de ressources hospitalières que les autres patients. La durée médiane du séjour d'un patient atteint de sepsie admis en soins de courte durée excède de neuf jours celle d'un patient typique admis en raison d'autres affections. Environ la moitié (45,1 %) de tous les patients atteints de sepsie sont admis aux soins intensifs durant leur séjour.

Le combat contre la sepsie et les intervenants de première ligne

Grâce aux campagnes Surviving Sepsis Campaign et Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! - deux initiatives sur la sécurité des patients qui visent à limiter les effets indésirables et les décès évitables - la mortalité liée à la sepsie peut être réduite. Ayant pris conscience des forts taux de mortalité associés à la sepsie, les hôpitaux ont pu concentrer leurs efforts sur le contrôle de la maladie et utiliser le RNMH pour suivre leurs progrès au fil du temps.

Le Southlake Regional Health Centre de Newmarket en Ontario est un de ces hôpitaux où les premiers résultats du RNMH ont poussé le personnel à se pencher de plus près sur le problème de la sepsie. Dès lors, même si ses taux de mortalité liée à la sepsie étaient inférieurs à la moyenne nationale, l'établissement a voulu savoir si les taux de décès liés à d'autres diagnostics, ceux-là supérieurs à la moyenne, pouvaient aussi être attribués à la sepsie. L'établissement a donc procédé à l'examen de tous les cas de sepsie, confirmant ainsi l'existence probable d'un retard dans la détection du syndrome, car les protocoles en place à l'échelle de l'hôpital n'étaient pas uniformes.

Un groupe de travail a donc été formé afin d'adopter les meilleures pratiques connues et ébaucher des directives normalisées pour la détection et le traitement précoces dans les services et en salle d'urgence. De plus, l'hôpital a fait appel à son équipe d'intervention rapide, qui est un prolongement de son unité des soins intensifs. Les infirmières ont été formées pour reconnaître très rapidement la sepsie et ont reçu comme instruction d'appeler l'équipe si l'état d'un patient était jugé grave. Depuis, les cas qui se manifestent dans le service sont détectés plus vite et le traitement est amorcé plus tôt, entraînant la réduction du nombre d'admissions aux soins intensifs de même que du RNMH de l'hôpital.

"Le RNMH a constitué le point de départ crucial de l'analyse de nos taux de mortalité", commente Barbara Kendrick, directrice de la qualité et de la planification au Southlake Regional Health Centre. "Suite à la mise en place de notre nouveau protocole, nous avons observé une tendance soutenue à la baisse de notre RNMH. Selon moi, nous commençons à peine à voir les résultats des efforts déployés au cours de la dernière année."

Les résultats du RNMH de cette année

Le rapport sur le RNMH de cette année comprend les résultats sur cinq ans (de 2004-2005 à 2008-2009) de 75 hôpitaux et de 38 régions sanitaires de partout au Canada, excluant le Québec. Le RNMH compare le nombre réel de décès survenus dans un hôpital ou une région à la moyenne canadienne, après l'ajustement en fonction de plusieurs facteurs susceptibles d'influencer les taux de mortalité en milieu hospitalier, notamment l'âge, le sexe, les diagnostics et l'état du patient à l'admission. Un ratio de 100 signifie qu'il n'y a pas de différence entre le taux de mortalité à l'échelle locale et le taux de mortalité moyen à l'échelle du Canada, étant donné les types de patients pris en charge. Un ratio supérieur ou inférieur à 100 suggère que le taux de mortalité à l'échelle locale est supérieur ou inférieur, selon le cas, au taux de mortalité moyen à l'échelle du Canada.

"L'un des objectifs principaux du RNMH est de fournir aux hôpitaux un outil qui révèle les tendances relatives à la mortalité. Cette information peut aider les hôpitaux à suivre les changements au fil du temps et à déterminer les stratégies les plus efficaces pour réduire les taux de mortalité", explique le Dr Eugene Wen, directeur des indicateurs de santé à l'ICIS. "Si l'on compare les chiffres de l'année en cours avec ceux de l'année précédente, on constate que davantage d'hôpitaux canadiens enregistrent maintenant des RNMH inférieurs à 100. La proportion d'hôpitaux dont le RNMH est significativement inférieur à 100 est de 47 %, par rapport à 36 % en 2008."

SOURCE Institut canadien d'information sur la santé

Renseignements : Renseignements: Christina Lawand, Tél.: (613) 694-6310, Cell.: (613) 299-5695, clawand@icis.ca


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