Les dirigeants du monde entier sont préoccupés par l'accroissement de la
dette souveraine tandis que la concurrence pour les capitaux s'intensifie,
selon un sondage de RBC Marchés des Capitaux

LONDRES, NEW YORK et TORONTO, le 28 juin /CNW/ - L'accroissement de la dette souveraine dans les pays développés est l'une des principales préoccupations des dirigeants d'entreprises et dirigeants financiers du monde entier, selon les 440 cadres supérieurs qui ont participé à un sondage commandé par RBC Marchés des Capitaux, la branche des services à la grande entreprise et de banque d'investissement de la Banque Royale du Canada (RY aux bourses de Toronto et de New York).

Voici quelques-unes des principales conclusions du sondage réalisé par le groupe Economist Intelligence Unit :

Défaillance des emprunteurs souverains :

Les problèmes d'endettement auxquels font face les pays de la zone euro ont soulevé des questions sur l'avenir de l'union monétaire dans sa forme actuelle. Presque la moitié des dirigeants sondés estiment à plus de 50 % les probabilités qu'au moins un pays quitte la zone euro au cours des trois prochaines années. Plus du tiers (36 %) évaluent à au moins 25 % les probabilités d'un démantèlement complet de la zone euro au cours de cette même période.

Chez les dirigeants qui croient en une forte probabilité que la zone euro perde un membre au cours des trois prochaines années, on estime que le pays le plus susceptible de quitter la zone euro est la Grèce, suivie du Portugal, de l'Espagne et de l'Irlande. L'Allemagne est le cinquième pays pressenti pour quitter la zone euro, ce qui traduit peut-être la crainte des répondants en ce qui a trait à la perte de confiance du gouvernement allemand dans l'union monétaire si la crise actuelle se poursuit(1).

Tandis que les perspectives d'un défaut de paiement des pays du G20 demeurent relativement faibles, presque le tiers des répondants estiment les probabilités d'une telle conjoncture à au moins 50 %, révélant une inquiétude croissante selon laquelle les problèmes d'endettement touchant l'économie mondiale pourraient s'étendre à l'extérieur de la zone euro.

Selon les répondants qui estiment que les probabilités d'un défaut des pays du G20 sont élevées, l'Italie arrive au premier rang, suivie de l'Argentine, de la Turquie, du Mexique et de la Russie. Le Royaume-Uni est perçu comme le pays de l'Europe de l'Ouest, après l'Italie, le plus susceptible d'être défaillant à l'égard de sa dette, tant au sein du G8 que du G20.(2)

Perspectives sur les taux de change :

Les deux tiers des dirigeants (67 %) croient que la valeur de l'euro continuera de chuter au cours des douze prochains mois. Les inquiétudes au sujet de la faiblesse de l'euro ont renforcé la position du dollar comme monnaie de réserve à court terme, bien que sa force semble déclinante. Quatre-vingt pour cent des répondants croient que le dollar demeurera la monnaie de réserve dominante d'ici trois ans, alors que le consensus s'effrite à 57 % sur une période de cinq ans. Ce portrait en dit probablement plus long sur le manque de solutions de remplacement viables que sur la confiance dans le dollar, et il est davantage mis en lumière par le fait qu'un nombre supérieur de répondants (15 %) voient le renminbi chinois comme la monnaie de réserve de choix dans les cinq prochaines années, au détriment de l'euro (12 %), et ce, malgré les faibles probabilités d'une telle éventualité.

Même si on s'attend à ce que le dollar demeure la monnaie de réserve mondiale à court terme, 40 % des répondants croient qu'au cours des trois prochaines années, le cours de la monnaie de pays exportateurs comme les États du golfe Persique, Taïwan et Hong Kong cessera d'être fixé ou géré étroitement en fonction du dollar. La mesure prise récemment par le gouvernement chinois, qui a mené ce dernier à cesser la stabilisation non officielle du renminbi par rapport au dollar, nourrit cette attente.

Économies émergentes et économies développées :

Les répondants perçoivent un écart croissant entre les économies émergentes et les économies développées. Quatre-vingt-sept pour cent des répondants s'attendent à une croissance positive dans les pays développés, bien que modeste et se situant en deçà des normes historiques. Les répondants ont des attentes favorables à l'égard de l'Asie industrialisée, suivie de l'Amérique du Nord, tandis que la majorité prévoit des perspectives défavorables pour l'Europe.

Les répondants prédisent un déséquilibre accru entre la croissance de l'Europe et celle du reste du monde, même si l'influence économique des États-Unis semble moindre, plus des deux tiers des répondants (66 %) étant du même avis. Les dirigeants s'entendent de plus en plus (56 %) pour dire que la demande comme moteur de la croissance mondiale proviendra essentiellement de marchés émergents tels que la Chine, le Brésil et l'Inde, au détriment des États-Unis.

Cinquante-neuf pour cent des dirigeants d'entreprise et dirigeants financiers croient que les gouvernements des pays développés seront incapables d'obtenir le crédit nécessaire pour relancer leur économie, advenant une autre crise financière. Un nombre équivalent de dirigeants s'entendent pour dire que la capacité d'emprunt des économies développées diminuera comparativement à aujourd'hui (58 %).

Près des deux tiers des dirigeants sondés (64 %) conviennent que les pays développés ne cesseront d'accroître leur niveau d'endettement que lorsque les investisseurs les contraindront à agir ainsi en réduisant les achats de titres de créance. Trente-neuf pour cent des dirigeants affirment que les obligations des sociétés les plus solvables afficheront un rendement plus faible que les normes de référence souveraines. En dépit de ces inquiétudes, seulement 41 % des dirigeants sondés ont adapté leur stratégie de portefeuille pour faire face aux changements liés au risque souverain.(3)

Inflation et déflation :

Si on leur demande ce qu'ils craignent le plus entre l'inflation ou la déflation, la majorité des répondants sondés s'attendent à ce que l'inflation menace leurs décisions financières et budgétaires plus que la déflation. Ce résultat révèle un changement de perception par rapport à un sondage effectué au troisième trimestre de 2009 par RBC Marchés des Capitaux, alors qu'en réponse à une question similaire, les dirigeants des mêmes marchés démographiques se divisaient en deux camps égaux entre l'inflation et la déflation.

Concurrence pour les capitaux :

La demande de financement est faible aujourd'hui, seuls 38 % des dirigeants s'attendant à mobiliser des capitaux frais au cours des deux prochaines années. Toutefois, la concurrence pour les capitaux pourrait bien s'intensifier, tandis que des gouvernements fortement endettés cherchent à mobiliser des sommes sans précédent pour des sorties de fonds structurelles liées au vieillissement des populations, à la détérioration des infrastructures et à d'éventuelles crises énergétique et climatique.

Ce nouveau degré de surveillance aboutira à une nouvelle ère de concurrence sur les places financières. Les emprunteurs de première qualité (pays et sociétés) peuvent choisir leurs investisseurs et presque dicter leur prix. Une âpre concurrence sera néanmoins livrée pour des capitaux de plus en plus rares au cours des prochaines années. Comme les banques cherchent à assainir leurs bilans dans un cadre réglementaire plus strict, que les pays cherchent à redresser leurs finances publiques et que les sociétés cherchent à financer, à tout le moins, leurs besoins au quotidien, une telle concurrence place la mobilisation de capitaux dans un contexte global très difficile.

À propos des résultats, Marc Harris, cochef, Recherche mondiale à RBC Marchés des Capitaux, a affirmé : "La concurrence sur les places financières s'intensifiera certainement pour les sociétés et les pays, et la conjoncture continuera d'être difficile au cours des prochaines années. Bien qu'une majorité évidente de répondants croient que les obligations d'État ne présentent pas toutes les mêmes caractéristiques, les résultats de notre sondage suggèrent que l'appétit des investisseurs pour certaines dettes souveraines sera étroitement lié à la capacité de chaque pays à faire preuve d'une rigueur budgétaire dans leur lutte contre le spectre de l'inflation."

Richard E. Talbot, cochef, Recherche mondiale à RBC Marchés des Capitaux, a indiqué : "La dette croissante des gouvernements des pays développés ainsi que le rééquilibrage des pouvoirs entre les pays développés et les pays en développement soulèvent des questions sur les perspectives relatives aux monnaies. Les effets négatifs d'un accroissement de la dette souveraine et de la pression sur des monnaies comme l'euro sont évidents. Cependant, c'est le dynamisme de la relation entre les créanciers et les débiteurs du monde entier et leurs monnaies qui déterminera le degré de concurrence et le coût des capitaux dans la nouvelle ère."

Harry Samuel, cochef, Titres mondiaux à revenu fixe et devises à RBC Marchés des Capitaux, a ajouté : "La volatilité relative dans les marchés des changes est étroitement liée à l'effet nuisible du risque souverain observé dans le monde entier, bien qu'à différents degrés. Les investisseurs continueront donc d'éviter les investissements dans la monnaie de pays présentant des niveaux exagérément élevés d'endettement et de privilégier la monnaie de pays dont les finances publiques sont saines. Tandis que la question de la prééminence à long terme du dollar demeure sans réponse dans cette situation gagnant-perdant, nous prévoyons un intérêt plus élargi dans une gamme plus vaste de monnaies, y compris dans les opérations de change liées aux produits de base."

Autres résultats du sondage :

    
    -   Perspectives divergentes - Dirigeants d'entreprise et dirigeants
        financiers : Les sociétés financières ont tendance à être plus
        optimistes que les autres sociétés à propos des volumes d'opérations
        dans leur pays au cours de l'année qui vient. Par exemple, 49 % des
        sociétés financières s'attendent à ce que les volumes au chapitre des
        PAPE soient plus élevés, comparativement à 38 % chez les autres
        sociétés répondantes. Les dirigeants financiers s'attendent en outre
        à un rythme plus soutenu de l'activité que les dirigeants des autres
        sociétés quant aux offres d'actions du marché secondaire (53 %
        comparativement à 27 %), au secteur des fusions et des acquisitions
        (61 % comparativement à 52 %) et aux titres d'emprunt de première
        qualité (46 % comparativement à 31 %).

        Catégories d'actif : Un nombre supérieur de répondants ont affirmé
        que chacune des catégories d'actif posait des risques accrus cette
        année, et que les marchés des changes, le marché de l'immobilier
        commercial, le marché des actions et la dette des sociétés
        présentaient les plus fortes augmentations relatives du risque perçu.
        En fait, on croit que les monnaies et les actions sont maintenant
        encore plus risquées que la dette souveraine. Une minorité non
        négligeable de dirigeants ont notamment affirmé que certaines
        catégories d'actif étaient devenues moins risquées, y compris les
        valeurs refuges comme l'immobilier et les produits de base.(4)

    -   Les liquidités tiennent-elles le haut du pavé ? Tandis que les
        investisseurs ont déjà vu les entreprises accumulant des liquidités
        d'un mauvais oeil, nombre d'entre eux reconnaissent maintenant les
        avantages de constituer des réserves importantes de liquidités. Au
        moment d'évaluer leurs investissements, les principaux critères que
        les dirigeants financiers disent privilégier davantage qu'il y a deux
        ans sont la solidité financière d'une entreprise (59 %), sa capacité
        à maintenir des niveaux convenables de liquidités (49 %) et sa
        capacité à réduire les risques liés aux conditions de marché extrêmes
        (49 %). Ces trois critères semblent démontrer l'utilité d'une réserve
        pour résister aux crises financières.
    

À propos du sondage

RBC Marchés des Capitaux a chargé le groupe Economist Intelligence Unit de sonder 440 cadres supérieurs du monde entier (Amérique du Nord (34 %), Europe (41 %), Asie-Pacifique (16 %) et dans le reste du monde (9 %)), qu'ils soient ou non des clients de RBC Marchés des Capitaux, au sujet de l'avenir des marchés des capitaux. Le sondage a été mené entre le 28 avril et le 25 mai 2010. Le groupe de répondants était composé de 229 cadres supérieurs œuvrant au sein de banques de dépôt ou d'investissement, de fonds de couverture et de fonds d'investissement privés, et de 211 dirigeants travaillant pour des sociétés non financières actives dans les marchés des capitaux.

RBC Marchés des Capitaux

RBC Marchés des Capitaux est la branche des services à la grande entreprise et de banque d'investissement de la Banque Royale du Canada. Elle est présente à l'échelle mondiale sur les marchés d'origination d'instruments de créance et d'actions, de la vente et de la négociation, des changes, du financement des infrastructures et des produits structurés au sein de divers secteurs. Sa plateforme nord-américaine comprend une importante division de banque d'investissement dans le marché intermédiaire des États-Unis et des activités de pointe dans les domaines de la prise ferme d'actions et de titres à revenu fixe, des ventes, de la négociation et de l'analyse.

    
    ---------------------------------------
    (1) On a demandé aux répondants d'évaluer les probabilités du retrait
        d'un ou de plusieurs pays de la zone euro au cours des trois
        prochaines années. Les 76 % ayant affirmé que les probabilités
        étaient d'au moins 20 % ont ensuite eu à indiquer le ou les pays les
        plus susceptibles de quitter, question à laquelle ils pouvaient
        fournir jusqu'à trois éléments de réponse.

    (2) On a demandé aux répondants d'évaluer les probabilités de défaillance
        sur la dette souveraine d'un pays du G20 au cours des trois
        prochaines années. Les 68 % qui ont évalué les probabilités à au
        moins 20 % ont eu à déterminer les pays du G20 les plus susceptibles
        d'être défaillants au cours de cette période, question à laquelle ils
        pouvaient fournir jusqu'à quatre éléments de réponse.

    (3) Les données finales portent sur une question posée aux dirigeants
        financiers seulement.

    (4) Toutes les données fournies à la présente puce se rapportent à une
        question posée aux dirigeants financiers seulement.
    

SOURCE RBC (French)

Renseignements : Renseignements: Raymond Chouinard, Affaires publiques, (514) 874-6556

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