Les crises cardiaques plus nombreuses chez les groupes à faible revenu, mais
la qualité des soins presque égale pour tous les Canadiens

Les variations des taux de crise cardiaque et d'hystérectomie sont beaucoup plus importantes selon la région que selon le statut socioéconomique

OTTAWA, le 27 mai /CNW Telbec/ - Selon un nouveau rapport publié aujourd'hui par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), les Canadiens vivant dans les quartiers les moins riches sont plus susceptibles d'avoir une crise cardiaque que ceux des quartiers plus aisés. En outre, les Canadiens vivant dans des quartiers à faible revenu présentent des taux élevés d'hypertension, de diabète, de tabagisme et d'autres facteurs de risque cardiaques. Toutefois, la qualité des soins que les patients victimes d'une crise cardiaque reçoivent, quel que soit leur statut socioéconomique, est sensiblement la même partout au pays.

Le rapport Les indicateurs de santé 2010 comprend plus de 40 mesures de la santé et du rendement du système de santé au Canada pour les grandes régions sanitaires, les provinces et les territoires. Plus particulièrement, il met l'accent sur les disparités selon le statut socioéconomique en analysant deux raisons courantes des hospitalisations au Canada, soit les infarctus aigus du myocarde, communément appelés crises cardiaques, et les hystérectomies.

En 2008-2009, près de 67 000 Canadiens ont été hospitalisés à la suite d'une crise cardiaque. Une répartition de la population canadienne en cinq groupes de revenu a permis de constater que les Canadiens vivant dans les quartiers les moins riches étaient 37 % plus susceptibles d'avoir une crise cardiaque que ceux des quartiers les plus riches, soit 255 contre 186 par 100 000 habitants, respectivement. Cela dit, en matière de traitement et de qualité des soins, les différences entre les groupes socioéconomiques étaient faibles, voire négligeables.

Par exemple :

    
    -  Les patients victimes d'une crise cardiaque vivant dans les quartiers
       les plus riches étaient 7 % plus susceptibles de subir une
       revascularisation, comme une angioplastie ou un pontage coronarien,
       que les patients des quartiers au revenu plus faible. Selon la
       littérature médicale, les patients ne sont pas tous sélectionnés pour
       subir une telle intervention ou en bénéficier.

    -  Le risque de mortalité à l'hôpital dans les 30 jours suivant une
       admission après une crise cardiaque était presque le même pour tous
       les groupes socioéconomiques, soit une moyenne de 8,3 %. Le risque de
       mortalité à l'hôpital est une mesure de la qualité des soins.

    -  Le risque de réadmission imprévue à l'hôpital après une crise
       cardiaque était légèrement plus élevé chez les patients des quartiers
       les moins riches que chez ceux des quartiers les plus riches, soit
       5,2 % contre 4,7 %. Cet indicateur peut témoigner de la qualité des
       soins dispensés à l'hôpital et après la sortie.
    

"Le recensement et l'évaluation des disparités dans notre système de santé nous permettront de diagnostiquer les domaines problématiques et d'orienter les efforts d'amélioration", de dire Mme Indra Pulcins, directrice, Indicateurs et Mesure du rendement, à l'ICIS. "Il est par ailleurs rassurant de savoir que notre système de santé universel dispense des soins de même qualité à tous les patients victimes d'une crise cardiaque. Cela dit, il existe encore d'importantes disparités en matière de santé cardiaque entre les groupes socioéconomiques, de même qu'entre les régions géographiques du Canada. Et c'est en résolvant ces disparités que nous pourrions améliorer la santé de la population."

Les disparités régionales et socioéconomiques ont des conséquences sur la santé et les coûts des soins de santé

Selon l'étude de l'ICIS, les différences dans les taux de crise cardiaque étaient plus importantes entre les régions géographiques qu'entre les quintiles de revenu des quartiers. Par exemple, les variations dans les taux de crise cardiaque étaient plus de trois fois plus importantes entre les régions sanitaires du Canada et plus de deux fois plus importantes entre les provinces. En 2008-2009, les taux de crise cardiaque par 100 000 habitants variaient de 347 et 294 à Terre-Neuve-et-Labrador et l'Île-du-Prince-Édouard respectivement, à 205 et 169 en Alberta et en Colombie-Britannique respectivement. Les différences d'âge de la population à l'échelle des provinces ont été prises en considération.

"Le statut socioéconomique d'une personne a une incidence sur le risque d'une crise cardiaque, mais la région de résidence, encore plus", explique M. Eugene Wen, gestionnaire, Indicateurs de santé, à l'ICIS. "En général, les régions affichant des taux élevés de crise cardiaque présentent également des taux élevés d'hypertension, de diabète, de tabagisme et d'autres facteurs de risque cardiaques."

Les données de l'ICIS montrent également que la réduction des différences de taux de crise cardiaque selon la région et le statut socioéconomique pourrait diminuer significativement le nombre de crises cardiaques au Canada, et permettrait éventuellement de réaliser d'importantes économies. Par exemple, si, en 2008-2009, tous les groupes socioéconomiques présentaient le même taux de crise cardiaque que ceux des quartiers les plus riches, il y aurait eu une diminution d'environ 10 400 crises cardiaques menant à une hospitalisation, soit une baisse du taux global d'environ 16 %. Selon les données sur les coûts de 2007-2008, il s'agit d'une économie sur les coûts hospitaliers d'environ 100 millions de dollars, excluant la rémunération des médecins.

Dans la même veine, si, en 2008-2009, toutes les provinces affichaient le même taux de crise cardiaque que la Colombie-Britannique, celle-ci ayant le plus faible taux de crise cardiaque à cette période, il y aurait eu une diminution d'environ 15 500 crises cardiaques menant à une hospitalisation, soit une baisse du taux national de 22 %. Il s'agit d'une économie sur les coûts hospitaliers d'environ 150 millions de dollars, excluant la rémunération des médecins.

Les taux d'hystérectomie sont en baisse, mais ils varient entre les milieux urbain et rural

L'hystérectomie est la deuxième chirurgie la plus courante chez les Canadiennes, après la césarienne, bien que le taux d'hystérectomie continue de diminuer selon le rapport de cette année. En 2008-2009, près de 47 000 femmes ont subi une hystérectomie, ce qui représente un taux, normalisé selon l'âge, de 338 hystérectomies par 100 000 femmes de 20 ans ou plus. Bien que les taux d'hystérectomie selon les niveaux de revenu des quartiers présentaient certaines disparités, l'étude montre qu'elles n'étaient pas aussi importantes que les variations entre les provinces.

Par exemple, les taux d'hystérectomie étaient plus faibles dans les quartiers les plus défavorisés et les plus riches que dans les quartiers au revenu moyen. Toutefois, ils variaient encore davantage à l'échelle des provinces : de 512 et 421 par 100 000 à l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador respectivement, à 319 et 311 par 100 000 au Québec et en Colombie-Britannique respectivement. Les différences d'âge de la population entre les provinces ont été prises en considération.

Les variations des taux d'hystérectomie étaient également plus importantes entre les régions urbaines et rurales du Canada qu'entre les niveaux socioéconomiques. En 2008-2009, le taux d'hystérectomie était de 46 % supérieur chez les femmes des régions rurales que chez celles des régions urbaines.

Les troubles menstruels constituaient la principale raison d'une hystérectomie dans les régions rurales. Le taux d'hystérectomie, normalisé selon l'âge, associé à ces troubles était plus de deux fois plus élevé chez les femmes des régions rurales que chez celles des régions urbaines, soit 135 et 66 par 100 000, respectivement. Les fibromes utérins constituaient, quant à eux, la principale raison d'une hystérectomie chez les femmes des régions urbaines.

"Les différences entre les régions urbaines et rurales en ce qui concerne les taux d'hystérectomie à la suite de troubles menstruels pourraient indiquer des différences dans la pratique clinique plutôt que dans la santé même", explique la Dre Vyta Senikas, vice-présidente administrative associée de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. "Les troubles menstruels comprennent des saignements irréguliers ou anormaux, des douleurs, etc. Même si l'hystérectomie est nécessaire, il existe d'autres interventions thérapeutiques moins invasives qui ne sont pas nécessairement accessibles à grande échelle aux femmes des régions rurales."

Voici d'autres faits saillants du rapport Les indicateurs de santé :

    
    -  La tendance à la hausse des taux de césarienne a commencé à ralentir.

       -  De 2000-2001 à 2005-2006, le taux national de naissances par
          césarienne, en proportion des naissances à l'hôpital, a augmenté
          pour passer de plus de une naissance sur cinq (21,4 %) à plus de
          une naissance sur quatre (26,3 %). En 2005-2006, l'augmentation des
          taux a commencé à ralentir pour atteindre 26,9 % en 2008-2009. La
          Dre Senikas ajoute : "Même si la tendance à la baisse des
          césariennes est encourageante et se dirige dans la bonne voie, il
          faut continuer de déployer les efforts nécessaires pour atteindre
          des résultats plus remarquables."

    -  Les taux de mortalité à l'hôpital et de réadmission après une crise
       cardiaque ont continué de baisser partout au Canada. Ces indicateurs
       permettent de mesurer la qualité des soins aux patients victimes d'une
       crise cardiaque.

       -  De 2003-2004 à 2005-2006 et de 2006-2007 à 2008-2009, le taux de
          mortalité à l'hôpital à la suite d'une crise cardiaque a diminué,
          passant de 10,3 % à 8,9 %.

       -  Toujours durant ces mêmes périodes, le taux de réadmission à la
          suite d'une crise cardiaque a également diminué, passant de 6,2 % à
          4,7 %.

       -  Toutefois, les taux de mortalité et de réadmission continuaient de
          varier entre les provinces et entre les régions, ouvrant ainsi la
          voie aux possibilités d'amélioration.
    

À propos de l'ICIS

L'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) recueille de l'information sur la santé et les soins de santé au Canada, l'analyse, puis la rend accessible au grand public. L'ICIS a été créé par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en tant qu'organisme autonome sans but lucratif voué à la réalisation d'une vision commune de l'information sur la santé au Canada. Son objectif : fournir en temps opportun de l'information exacte et comparable. Les données que l'ICIS rassemble et les rapports qu'il produit éclairent les politiques de la santé, soutiennent la prestation efficace de services de santé et sensibilisent les Canadiens aux facteurs qui contribuent à une bonne santé.

Le rapport et les figures suivantes sont affichés sur le site Web de l'ICIS au www.icis.ca.

    
    Figure 1   Taux, normalisé selon l'âge, d'événements d'infarctus aigu du
               myocarde menant à une hospitalisation, par province et
               territoire, Canada, 2008-2009 (figure 1 dans le rapport)

    Figure 2   Taux, normalisé selon l'âge, d'événements d'infarctus aigu du
               myocarde menant à une hospitalisation, selon le quintile de
               revenu du quartier et le sexe, Canada, 2008-2009 (figure 2
               dans le rapport)

    Figure 3   Taux d'hystérectomie normalisés selon l'âge, par province et
               territoire, Canada, 2008-2009 (figure 7 dans le rapport)

    Figure 4   Taux d'hystérectomie normalisés selon l'âge, selon
               l'indication et le type de région (urbaine ou rurale), Canada,
               2008-2009 (figure 9 dans le rapport)
    

SOURCE Institut canadien d'information sur la santé

Renseignements : Renseignements: Benoit Laplante, (613) 694-6603; Cell.: (613) 725-4076, blaplante@icis.ca


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