Le STIJM-CSN demande à voir les états financiers du Journal de Montréal - Les
lock-outés manifestent dans le calme devant l'imprimerie Mirabel

MONTRÉAL, le 15 déc. /CNW Telbec/ - Moins d'une heure après avoir reçu de leur comité de négociation le rapport de la séance de conciliation tenue vendredi dernier, les lock-outés du Journal de Montréal se sont retrouvés devant l'imprimerie Mirabel, où ils ont manifesté dans le calme en réaction à la dernière offre patronale.

À 22 h 50, après s'être installée devant la barrière de l'imprimerie qui produit le Journal de Montréal, la centaine de travailleuses et de travailleurs en lock-out depuis près de 11 mois, s'est fait entendre avec enthousiasme au moment où les camions de distribution du quotidien s'apprêtaient à prendre la route. Ils ne l'auront prise qu'à 4 h 30, lorsque les manifestants ont quitté les lieux de leur propre chef et dans l'ordre. Le rassemblement, qui a duré cinq heures, s'est déroulé sereinement. Aucun incident n'est survenu avec les services policiers.

Les membres du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM-CSN) venaient d'apprendre de leur comité de négociation que leur employeur avait durci sa position à la table de négociation en déposant de nouvelles demandes de récupération dans leur convention collective.

En présence du conciliateur Pierre-Marc Bouchard, le 11 décembre, les représentants de Quebecor ont indiqué que "le conflit était le seul moyen de convaincre le syndicat" de faire en sorte que "la convention reflète notre plan d'affaires". Si d'autres entreprises de presse ont accepté d'aménager certaines conditions de travail, ont-ils mentionné, ce n'est pas suffisant pour Quebecor, selon qui la convention collective doit être entièrement réécrite, entre autres pour permettre une pleine utilisation des "forces" de l'agence QMI.

"Quebecor exige davantage de ses employé-es qu'au mois de décembre l'an dernier, a fait part le président du syndicat, Raynald Leblanc. Il y a là une réelle démonstration de son refus de discuter sincèrement pour mettre fin au conflit." Le STIJM s'explique mal ce durcissement, car il a fait plusieurs avancées pour relancer un processus de négociation qui ne s'est jamais vraiment enclenché.

L'empire veut maintenant réduire le personnel de la rédaction et veut se garder "la capacité" de diminuer le nombre d'emplois de bureau en cours de convention collective. Il recherche "une réduction majeure des effectifs plus grande que prévue en janvier et non seulement par attrition ou volontariat".

Pour le syndicat, il est évident que le conflit sert de laboratoire à l'agence QMI qui réussit à produire un quotidien d'une centaine de pages sans journalistes. "Ce journal n'est pas de qualité et s'il trouve encore des lecteurs, c'est en raison des habitudes et parce qu'il est massivement distribué gratuitement", de poursuivre le porte-parole du STIJM.

Recours aux scabs : une autre plainte est déposée à la CRT

En lock-out depuis le 24 janvier, les 253 membres du STIJM ne font pas qu'être les témoins du refus de Quebecor d'assouplir sa position intransigeante. Tous les jours, ils assistent à la publication du journal grâce au travail provenant de partout dans l'empire. Le syndicat a d'ailleurs déposé une nouvelle plainte à la Commission des relations du travail (CRT) pour utilisation de scabs.

Le STIJM est conscient que les "trous" du Code du travail, au regard des dispositions anti-briseurs de grève, favorisent l'employeur. Ce dernier a aussi raffiné son procédé depuis le conflit au Journal de Québec. Néanmoins, le syndicat estime qu'il est impossible de produire le Journal de Montréal sans recourir à des travailleurs de remplacement.

Une plainte a donc été déposée visant Sylvain Prevate, l'ex-rédacteur en chef de l'hebdomadaire Ici, cavalièrement fermé par Quebecor plus tôt cette année. Le syndicat fera entendre sa plainte le 3 février, où il démontrera que celui qui œuvre aujourd'hui au quotidien 24 heures participe à la publication du Journal de Montréal.

Le STIJM veut voir les états financiers

Par ailleurs, en vertu de l'action qu'il détient dans Quebecor, le STIJM a demandé à consulter les états financiers du Journal de Montréal et du 24 heures. La requête est faite conformément à la Loi canadienne sur les sociétés par actions qui permet à un actionnaire de consulter les résultats financiers de chacune des composantes d'une société à portefeuille et non seulement un minimum d'informations les concernant, comme le fait Quebecor avec le Journal de Montréal, par exemple.

Selon les indications du syndicat, les profits du Journal auraient été de 50 millions de dollars, sur un chiffre d'affaire de 200 millions, en 2008. "Nous avons toujours dit à l'employeur qu'il pouvait compter sur nous pour négocier afin d'assurer la pérennité de l'entreprise, d'expliquer Raynald Leblanc. Avec la proposition que nous lui avons déposée, le 11 novembre, nous sommes allés encore plus loin en acceptant de discuter de certaines dispositions de notre convention collective pour mettre fin au conflit rapidement. À la lumière des propos qu'il a tenus vendredi dernier, nous sommes convaincus qu'il préfère nous maintenir sur le trottoir plutôt que de s'entendre avec nous. Les chiffres du Journal devrait au moins nous donner un éclairage sur sa situation financière."

SOURCE Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal

Renseignements : Renseignements: Louis-Serge Houle, Information-CSN, (514) 792-0795; Source: Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (CSN)

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