Le président des TCA demande au ministre de l'Environnement de faire preuve
de leadership et de conclure une entente sur le climat à Copenhague

TORONTO, le 3 déc. /CNW/ - Le président des TCA, Ken Lewenza, exhorte le gouvernement fédéral à participer aux discussions de l'ONU à Copenhague le 7 décembre avec un mandat clair, celui de parvenir à une entente internationale sur le climat comprenant des objectifs ambitieux de réduction des émissions et des clauses pour protéger les travailleurs qui subissent les effets négatifs de la perte d'emplois.

"Le Canada doit maintenant faire preuve de leadership, autant sur le plan national qu'international, afin de s'assurer que la communauté internationale évolue collectivement vers un développement durable", a déclaré Ken Lewenza dans sa lettre du 3 décembre au ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice.

Le gouvernement canadien a fait l'objet ces dernières semaines de nombreuses critiques internationales, y compris du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, sur ses piètres résultats en matière de lutte contre le changement climatique.

M. Lewenza a souligné que depuis la récente période de transformation de l'économie mondiale et environnementale, la situation au Canada est lamentable, que plus d'un demi-million d'emplois ont été perdus et que l'insécurité, l'instabilité et la précarité augmentent sur le marché de l'emploi.

"Notre gouvernement fédéral a peu innové en matière de développement de technologies énergétiques propres et de stratégies de mises en application", a indiqué Ken Lewenza.

"La crise économique mondiale a offert à notre gouvernement l'occasion de mettre de l'avant un programme qui s'attaquerait à la crise de l'environnement et permettrait de rebâtir notre économie dans une perspective de développement durable. Mais cette occasion n'a clairement pas été saisie, au détriment de tous les Canadiens et Canadiennes."

Ken Lewenza se joint aux autres dirigeants syndicaux du Canada et de partout dans le monde pour demander que les discussions de Copenhague aboutissent à un accord solide sur le changement climatique, lequel succèdera au Protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012.

"Ce nouvel accord doit absolument tracer le chemin vers le développement durable qui va assurer la survie de tous les peuples."

Ci-joint la version intégrale de la lettre.

    
    Le 3 décembre 2009

    L'honorable Jim Prentice                Par télécopie : 819-953-0279
    Ministre de l'Environnement
    Les Terrasses de la Chaudière
    10, rue Wellington, 28e étage
    Gatineau (Québec) K1A 0H3

    Cher ministre Prentice,

    Au nom des 225 000 membres des TCA à travers le pays, je vous écris pour
    vous encourager, ainsi que votre équipe de négociateurs, à conclure un
    nouvel accord mondial sur le climat lors des discussions entourant la
    Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
    (CCNUCC) dans le cadre de la 15e Conférence des parties à Copenhague
    cette année.

    À ce jour, l'approche du Canada à l'égard de ces négociations a été
    décevante, en dépit du fait qu'un nouvel accord sur le climat semble de
    plus en plus près de pouvoir être conclu. Il est totalement
    contreproductif de la part du Premier ministre Stephen Harper de
    véhiculer l'idée que la conclusion à Copenhague d'un accord sur le climat
    ayant force obligatoire est un objectif irréaliste. Cette insistance
    révèle un manque de volonté de la part du Canada de s'attaquer à cet
    enjeu de suprême importance.

    La communauté internationale n'a jamais été confrontée à un besoin aussi
    urgent de s'unir et de négocier un accord ambitieux et ayant force
    obligatoire afin que nous puissions nous adapter de façon durable aux
    effets néfastes et dévastateurs des changements climatiques de la
    planète. Cet accord doit cibler les objectifs de réduction des émissions
    fondés sur des preuves scientifiques (25 à 40 % de réduction d'émissions
    d'ici 2020 et au moins 80 % de réduction d'ici 2050 pour revenir au
    niveau de 1990) et établis par le Groupe d'experts intergouvernemental
    sur l'évolution du climat (GEIC). Mais cet accord doit aussi être juste
    et équitable.

    Comme accord de remplacement au Protocole de Kyoto, ce nouvel accord doit
    absolument tracer le chemin vers un développement durable qui va assurer
    la survie de tous les peuples. Il doit aussi chercher à préserver toutes
    les sociétés, particulièrement les plus vulnérables. En outre, parmi ses
    principes fondamentaux, l'accord doit établir des clauses musclées qui
    maintiennent l'intégrité des emplois pour tous les travailleurs
    confrontés à la délocalisation en raison des changements climatiques.

    Malheureusement, depuis la transformation récente de l'économie mondiale
    et de l'environnement, la situation au Canada est lamentable. Plus d'un
    demi-million de Canadiennes et Canadiens ont perdu leurs emplois au cours
    de la dernière année seulement et seuls quelques travailleurs réussissent
    à se trouver un travail stable et décent. Entre-temps, l'empreinte
    carbonique du Canada continue de croître. Avant la dernière récession
    économique mondiale, le niveau d'émissions a honteusement augmenté de 22
    % par rapport à celui de 1990 - un pourcentage dépassant de loin
    l'engagement de notre pays à réduire ses émissions jusqu'à 6 % sous le
    niveau de 1990.

    Notre gouvernement fédéral a peu innové en matière de développement de
    technologies énergétiques propres et de stratégies de mises en
    application. Il est resté passif alors que notre secteur manufacturier,
    autrefois un chef de file mondial, est tombé en miettes sans avoir
    pleinement utilisé sa capacité à investir dans de nouvelles opportunités
    de production écologique, dont la fabrication de nouvelles voitures
    vertes. Il n'a pas tenu compte non plus de la demande d'une injection
    substantielle de fonds afin d'investir dans les infrastructures
    publiques, y compris le transport, de sorte à avoir un impact positif
    important pour les travailleurs.

    La crise économique mondiale a offert à notre gouvernement l'occasion de
    mettre de l'avant un programme qui s'attaquerait à la crise de
    l'environnement et permettrait de rebâtir notre économie dans une
    perspective de développement durable. Mais cette occasion n'a clairement
    pas été saisie, au détriment de tous les Canadiens et Canadiennes.

    Le Canada doit maintenant faire preuve de leadership, autant sur le plan
    national qu'international, afin de s'assurer que la communauté
    internationale évolue collectivement vers un développement durable. Alors
    que nous approchons la dernière ronde de discussions des Nations Unies
    sur les changements climatiques, selon le calendrier établi à Bali en
    2007, la conclusion d'un solide et ambitieux accord à Copenhague marquera
    un point de départ essentiel.

    De plus, alors que vous vous dirigez vers les négociations dans les
    prochaines semaines, je vous demande de faire en sorte que tout nouvel
    accord sur le climat respecte l'appel d'une "transition équitable pour
    les travailleurs menant à des emplois décents et de qualité", tel que
    l'indique le projet du texte de négociation au paragraphe 9 du document
    non officiel sur la vision commune (no 43).

    Je vous encourage aussi à ajouter une définition des "acteurs" ou de la
    "société civile", conformément aux définitions retenues de l'Agenda 21,
    comme façon de reconnaître les syndicats en tant qu'acteurs légitimes
    dans ces négociations internationales.

    À l'égard de ces deux demandes, notre syndicat est solidaire avec les
    autres syndicats au Canada et partout ailleurs.

    Le débat sur l'existence réelle des changements climatiques est terminé.
    Nous constatons déjà les graves conséquences environnementales de
    l'approche du statu quo devant le niveau non viable d'émissions
    carboniques dans l'atmosphère. De la fonte de la calotte glaciaire
    jusqu'aux régimes climatiques de plus en plus rudes, en passant par le
    continuel déclin de la masse terrestre et de l'extinction éventuelle de
    petits états insulaires, nos fragiles écosystèmes ne vont pas attendre
    que les chefs d'État déploient les efforts nécessaires pour combattre de
    façon efficace cette crise mondiale.

    Le Canada a été à l'avant-garde de plusieurs initiatives mondiales
    importantes dans le passé, notamment lorsque nous avons courageusement
    pris position en signant le Traité d'interdiction des mines et le
    Protocole de Montréal visant à protéger la couche d'ozone en 1987. Le
    temps est maintenant venu de faire honneur à ces victoires et d'ouvrir
    une nouvelle voie qui réévalue le rôle actuel du Canada dans le cadre des
    efforts multilatéraux et diplomatiques.

    Le Canada doit être déterminé à jouer un rôle de leadership lors des
    négociations internationales sur le climat dans le cadre de la CCNUCC.
    Nos négociateurs doivent être clairement mandatés de conclure un accord
    significatif sur le climat à Copenhague.

    J'espère que vous endosserez ces demandes lors de la prochaine ronde de
    négociations sur le climat à la 15e Conférence des parties et que vous
    travaillerez avec les TCA et d'autres syndicats au Canada afin
    d'affronter ce problème majeur des changements climatiques et d'établir
    des mesures de soutien à la transition pour les travailleurs.

    J'attends avec impatience votre réponse et il me fera plaisir de discuter
    de ce dossier avec vous dans les meilleurs délais.

    Recevez mes sincères salutations,

    Ken Lewenza
    Président, TCA

    KL/AD/jwsepb343

    c. c. :   David McGuinty, porte-parole en matière d'environnement et
              d'énergie du Parti libéral
              Linda Duncan, porte-parole en matière d'environnement, NPD
              Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada
              Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada
              Bureau exécutif national des TCA
              Adjoints au président
              Représentants et représentantes du personnel
    

SOURCE Syndicat des TCA

Renseignements : Renseignements: Angelo DiCaro, Communications, TCA, (416) 606-6311; ou Peggy Nash, adjointe au président national des TCA, (416) 333-8097

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