Le danger de couvrir un conflit dans son propre conglomérat

MONTRÉAL, le 14 janv. /CNW Telbec/ - Le Conseil de presse du Québec vient de prononcer un blâme contre le quotidien le 24 heures pour déséquilibre de l'information dans le traitement du conflit de travail opposant le Journal de Montréal au Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM). Cette décision du comité des plaintes et de l'éthique de l'information (CPEI) du Conseil de presse est susceptible d'être portée en appel dans les 30 jours de sa réception par les parties.

    
    D2009-05-065 Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de
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    Montréal (STIJM) c. le quotidien 24 heures
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    http://www.conseildepresse.qc.ca/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=33&Itemid=155&lang=fr&did=1717&limitstart=0

    Un traitement de l'information qui ne reflète pas l'ensemble des points
    de vue
    

Le STIJM portait plainte contre le quotidien 24 heures, concernant un article publié le 16 avril 2009, dans l'édition papier et sur le site Internet du journal, sous le titre "CSN et STIJM : allégations sans fondement". Dénonçant le manque d'équilibre et de rigueur de l'article, les plaignants déploraient que les mis-en-cause aient repris "pratiquement intégralement des parties du communiqué émis par Quebecor", en ne leur accordant aucun droit de réplique et en ne tentant pas d'obtenir la version des faits du STIJM ou de la CSN.

L'article en cause traitait du point de vue de Quebecor Media dans le dossier opposant l'entreprise à la CSN et au STIJM devant la Commission des relations du travail (CRT). À la veille des audiences devant la CRT, le 24 heures avait l'occasion de présenter la version des faits des deux parties, de faire part de leurs attentes et des grands principes évoqués. Or, l'analyse de l'article et du communiqué émis par Quebecor Media, le 15 avril 2009, a permis au Conseil de constater que le texte en cause reprend presque intégralement le contenu du communiqué. L'article ne rapporte le point de vue des plaignants que par ce qui en a été présenté à l'intérieur du communiqué de Quebecor, qui répondait aux principales récriminations de la partie syndicale devant la CRT.

Au sujet de l'équilibre de l'information dans une nouvelle, le guide des Droits et responsabilités de la presse du Conseil de presse mentionne que dans les cas où une nouvelle traite de situations ou de questions controversées, ou de conflits entre des parties, de quelque nature qu'ils soient, un traitement équilibré doit être accordé aux éléments et aux parties en opposition. En analysant les communiqués émis précédemment par le STIJM, le Conseil a constaté que ceux-ci présentaient plusieurs arguments qui étaient beaucoup plus soutenus que les deux points principaux évoqués dans le communiqué de Quebecor du 15 avril 2009. L'examen de ces arguments, invoqués dans les communiqués du STIJM et non repris dans l'article, montre qu'il y a eu déséquilibre dans l'information présentée dans le 24 heures, au profit de Quebecor. L'article du 16 avril 2009 reprenait uniquement les deux critiques syndicales invoquées dans le communiqué émis par Quebecor, sans développer l'argumentation sur laquelle le syndicat se base pour formuler ses critiques, alors que la partie patronale y développait l'entièreté de son point de vue.

Un traitement journalistique permettant aux plaignants de présenter leur point de vue à l'intérieur de l'article aurait permis d'équilibrer l'information, ce qui ne fut pas le cas. Pour rectifier ce déséquilibre, la direction du quotidien aurait dû, à tout le moins, permettre aux plaignants de réagir à l'article contesté, dans les pages du journal. En faisant preuve de plus d'ouverture envers la partie syndicale, la direction du 24 heures se serait, en outre, assurée d'éviter toute apparence de partialité envers son propriétaire, Quebecor Media, également propriétaire du Journal de Montréal. Le grief fut retenu.

Le Conseil a blâmé le quotidien 24 heures pour manque d'équilibre de l'information.

Le texte intégral de cette décision ainsi qu'un résumé des arguments des parties en cause peuvent être consultés au www.conseildepresse.qc.ca, à la section "Les décisions rendues par le Conseil".

SOURCE Conseil de presse du Québec

Renseignements : Renseignements: Guy Amyot, secrétaire général et président par intérim, Conseil de presse du Québec, (514) 529-2818; Source: Marie-Eve Carignan, responsable des communications et analyste, Conseil de presse du Québec, (514) 529-2818

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