Le Canada, avec sa politique étrangère, néglige les droits de la personne en Colombie

TORONTO, le 24 sept. 2015 /CNW/ - Quatre ans après la mise en œuvre de l'Accord de libre-échange Canada-Colombie (ALÉCCO), les violations des droits de la personne sont loin d'avoir cessé en Colombie.

C'est ce que démontre La Colombie dans l'ombre des abus des droits humains, un nouveau rapport rédigé par le Groupe de travail conjoint sur la Colombie. Ce regroupement canadien de syndicats, d'ONG et d'organisations sociales recueille des données convaincantes sur les violations des droits de la personne que subissent là-bas les syndicalistes, les défenseurs des droits de la personne et les populations autochtones et afro-colombiennes. Le rapport et les fiches d'information qui l'accompagnent contiennent des renseignements d'importance capitale que le gouvernement canadien refuse d'inclure dans ses rapports annuels sur les répercussions de l'ALÉCCO sur les droits de la personne.

Alors que plusieurs secteurs de la société colombienne travaillent à jeter les bases d'une paix durable et que des pourparlers en ce sens sont en cours à La Havane, le gouvernement canadien continue de négliger les droits de la personne ainsi que la justice sociale et économique en Colombie; il préfère plutôt consacrer ses efforts à la promotion d'investissements privés et à la défense des droits des investisseurs du secteur de l'énergie et des ressources, tout en maintenant une stratégie de responsabilité sociale des entreprises profondément déficiente qui permet aux entreprises canadiennes de mener leurs activités en toute impunité. En outre, il est sidérant de constater que le Canada, par l'entremise de la Corporation commerciale canadienne, continue de vendre de l'équipement militaire à la Colombie, preuve que le gouvernement conservateur considère que l'industrie de la défense est une priorité économique.

Selon Annie Jusbainville, de l'organismeProjet Accompagnement Solidarité Colombie, « le Rapport sur l'étude d'impact sur les droits de la personne du gouvernement ignore les inquiétudes des travailleurs concernant l'arrestation injustifiée, par des forces de sécurité, de citoyens qui se trouvaient près des installations d'une entreprise en particulier, sous prétexte qu'il n'y a pas de lien avec la mise en œuvre de l'ALÉCCO en 2014. Malgré tout, les mobilisations qui ont eu lieu au cours de la dernière année démontrent clairement que l'Accord de libre-échange est à l'origine de violations des droits de la personne et mettent en lumière la malhonnêteté du gouvernement canadien. »

La pression sur l'économie rurale créée par les accords de libre-échange avec le Canada et les États‑Unis a mené à plusieurs grèves des agriculteurs et à une grève générale en 2014. Le gouvernement colombien s'est ainsi vu forcé de mettre sur pied une table ronde pour discuter notamment des politiques territoriales, d'une possible renégociation des accords de libre-échange et d'un éventuel moratoire sur les projets miniers et pétroliers. Dans son rapport annuel sur la situation des droits de la personne en Colombie, le Sistema de Información sobre Agresiones contra Defensores y Defensoras de Derechos Humanos (SIADDHH) établit par ailleurs un lien clair entre l'escalade de la violence et les périodes de mobilisation.

Ken Neumann, Directeur national pour le Canada du Syndicat des métallos, affirme pour sa part que « le dernier Rapport sur l'étude d'impact sur les droits de la personne du gouvernement canadien reconnaît les préoccupations des syndicats selon lesquelles les nouveaux emplois du secteur pétrolier en Colombie sont précaires. Cela vient corroborer ce que nous avançons dans notre rapport La Colombie dans l'ombre des abus des droits humains, à savoir que les prétentions sur les avantages qu'apporte l'ALÉCCO aux travailleurs colombiens sont infondées et complètement exagérées. »             

Le rapport lacunaire du gouvernement canadien nous rappelle combien ce type d'accord commercial profite de façon disproportionnée aux Colombiens les plus riches et aux entreprises canadiennes, qui peuvent agir en toute impunité. Nous devons absolument demander à ce que des mécanismes juridiques soient créés pour forcer les entreprises canadiennes menant des activités à l'étranger à se soumettre à des normes réglementant leur responsabilité.

Pour consulter le rapport La Colombie dans l'ombre des abus des droits humains et les fiches d'information qui l'accompagnent, visitez le http://www.commonfrontiers.ca/Colombia/index.html.  

SOURCE Syndicat des Metallos

Renseignements : Stacey Gomez - Coordonnatrice, Groupe d'orientation politique pour les Amériques, Conseil canadien pour la coopération internationale 438 404-4458, sgomez@ccic.ca; Ani - Coordinator - Projet Accompagnement Solidarité Colombie, 514 966 8421, info@pasc.ca; Raul Burbano - Directeur de programme, Common Frontiers burbano@rogers.com

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