Lauréats du prix Judith-Jasmin 2013

QUÉBEC, le 23 nov. 2013 /CNW Telbec/ - La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a dévoilé lors de son congrès annuel aujourd'hui à Québec les lauréats du prestigieux prix Judith-Jasmin. Ce prix honore les meilleures oeuvres journalistiques de l'année au Québec, tous médias confondus.

Les gagnants sont:

Grand Prix
Le jury décerne cette année le Grand prix Judith-Jasmin à Alec Castonguay pour son portrait remarquable de Jason Kenney «Jason, le missionnaire de Harper» paru dans L'actualité.

Alec Castonguay a eu la bonne idée de faire le portrait d'un politicien influent, longtemps avant une campagne électorale et en dehors de l'atmosphère partisane. Les jours qu'il a passés sur le terrain avec le ministre Jason Kenney nous ont permis de découvrir l'homme derrière le politicien

Ce portrait, remarquablement écrit, nous montre jusqu'où le politicien est prêt à aller pour tisser sa toile autour des communautés immigrantes et ainsi faire triompher le conservatisme social pour changer la face de ce pays.

Pour la qualité et la rigueur de la recherche, la profondeur du propos ainsi que la qualité de la langue, le jury a donc choisi d'accorder le Grand Prix Judith-Jasmin à Alec Castonguay.

Le jury était formé d'anciens présidents et présidentes de la FPJQ.

Catégorie Enquête
Dans la catégorie Enquête, le prix Judith-Jasmin est attribué à Sylvie Fournier, Sonia Desmarais et Benoit Michaud pour leur enquête «Force policière» diffusée à Radio-Canada.

Le jury a été séduit par la déconstruction minutieuse des déclarations des autorités policières au sujet de la grande manifestation étudiante qui a eu lieu pendant le congrès du Parti libéral à Victoriaville. La distance des tirs, les méthodes utilisées, les preuves des différents angles des vidéos filmées ce jour-là, Sylvie Fournier a vérifié chaque fait avec une grande rigueur pour donner au téléspectateur un éclairage différent des techniques de contrôle des manifestants.

Le jury était formé de Sophie Cousineau, correspondante en chef pour le Québec du Globe & Mail, Stéphan Dussault, journaliste au Journal de Montréal et Pierre Sormany, éditeur et directeur général de Vélo Québec Éditions.

Catégorie Grand reportage
Dans la catégorie Grand reportage, le prix Judith-Jasmin est attribué à Isabelle Hachey pour son reportage «La guerre aux fillettes» paru dans La Presse+

La guerre aux fillettes, qui traite de l'élimination volontaire des foetus féminins particulièrement en Inde et en Chine est un grand reportage dans le sens le plus noble des mots car non seulement il s'agit d'un traitement en profondeur, mais il constitue un des mariages les plus riches et réussis de la vidéo, de l'infographie et du texte.

Il s'agit d'un reportage très troublant, bouleversant, qui est à la fois annonciateur d'une réalité qu'on ne voit pas venir, qui illustre les impacts politiques et économiques de ce drame humain et qui touche autant à la condition féminine que masculine. On parle de 200 millions de filles qui manquent aujourd'hui à l'appel dans le monde.

Les membres du jury ont reconnu la qualité de la recherche et deviné le haut niveau de difficulté que cette enquête a dû nécessiter. Les témoignages sont percutants et en même temps sensibles dans leur traitement. À ce chapitre, nous tenons à souligner que les entrevues vidéos appuient magnifiquement le propos, une caméra qui accompagne sans tomber dans le voyeurisme.

Le jury était formé de Yves Bernard, journaliste et réalisateur à Telimagin, Raymond Lemieux, rédacteur en chef de Québec Science et Marie-Hélène Proulx, journaliste à Châtelaine.

Catégorie Nouvelles - médias nationaux
Dans la catégorie Nouvelles - médias nationaux, le prix Judith-Jasmin est attribué à Isabelle Hachey pour son reportage «Le bouchon saute à Bordeaux» paru dans La Presse.

Le jury note que la journaliste a effectué un travail de recherche et de cueillette de données fouillé. Elle a examiné le sujet sous tous les angles, pénétrant même dans le pénitencier de Bordeaux. Elle rend compte de tous les points de vue possibles soit ceux du système de justice, des politiciens, des gardiens et des détenus. Le sujet est original, la démarche est réfléchie, le résultat est bien écrit et bien dosé. Il apporte une réflexion sur un problème qui a un impact social indéniable.

Le jury était formé de Richard Bousquet, chargé de cours à l'UQAM, Marcel Gagnon, journaliste à TVA et Linda Gyulai, journaliste à The Gazette.

Catégorie Nouvelles - médias locaux et régionaux
Dans la catégorie Nouvelles - médias locaux et régionaux, le prix Judith-Jasmin est attribué à Rémi Tremblay pour son reportage «La ville des âmes en peine» paru dans L'Écho de Frontenac.

Pour le jury, ce texte écrit par un témoin privilégié de la dévastation du centre-ville de Lac-Mégantic fait preuve d'une forte humanité. Par sa connaissance intime des lieux, Rémi Tremblay nous emmène au cœur de la tragédie. C'est un compte-rendu poignant et vivant, fruit d'un travail exemplaire effectué sur le vif, dans un contexte de crise.

Le jury était formé de Hugo De Grandpré, journaliste, La Presse, Richard Olivier, journaliste à TVA et Patrick White, rédacteur en chef et éditeur au Huffington Post Québec.

Catégorie Opinion
Dans la catégorie Opinion, le prix Judith-Jasmin est attribué à Mylène Moisan pour sa chronique «Treize minutes de trop» parue dans Le Soleil.

Pour le jury, ce texte est particulièrement bien ficelé, à la fois très émouvant dans sa description des conditions de vie d'une jeune femme lourdement handicapée placée dans un CHSLD, et sans merci dans sa dénonciation du système bureaucratique qui l'a placée là. C'est aussi un texte qui a eu un véritable impact sur la vie d'une personne et peut-être sur celle de nombreuses autres. 

Le jury était formé de Michel Girard, chroniqueur à TVA, Philippe Marcoux, journaliste à Radio-Canada et Marian Scott, journaliste à The Gazette.

Catégorie Journalisme de service
Dans la catégorie Journalisme de service, le prix Judith-Jasmin est attribué à Stéphanie Grammond pour son reportage «La nouvelle mode des maisons hypothéquées à 125%» publié dans La Presse

Quand il a lu cet article, le jury s'est dit: "Comment ça se fait que nous ne soyons pas au courant de ce type d'hypothèque?!" Non seulement cet article traite d'un sujet méconnu, qui touche un grand public, mais il est complet, bien écrit et comporte des renseignements pratiques fort utiles pour les gens qui contractent une hypothèque.

Le jury était formé de Kenza Bennis, responsable de la Section société & cuisine à Elle Québec, Josée Boileau, rédactrice en chef du Devoir et Étienne Phénix, adjoint au directeur de l'information (radio) Québec de Bell Média.

Catégorie Entrevue ou portrait
Dans la catégorie Entrevue ou portrait, le prix Judith-Jasmin est attribué à Sylvain Cormier pour son entrevue «La première fin de Richard Desjardins» publiée dans Le Devoir.

Pour le jury, l'entrevue de Sylvain Cormier avec Richard Desjardins nous fait entrer par le trou de la serrure dans un temps suspendu. Entre cette phrase du début « On a-tu encore de quoi à se dire? » et la chute de l'article « Je ferme l'enregistreuse. Plus rien à dire », nous sommes là, entre eux deux, le journaliste et l'artiste. Nous entendons Richard Desjardins dans ses mots, dans sa langue colorée, nous l'entendons penser, réfléchir, nous le voyons réagir, rire, se taire, tandis que défile en accéléré sa carrière. C'est dense et ramassé, concret et imagé. Un petit bijou d'entrevue.

Le jury était formé de Louise Gendron, rédactrice en chef Reportages de Châtelaine, Danielle Laurin, journaliste et Yannick Villedieu, animateur à Radio-Canada.

Prix Hommage
Le prix Judith-Jasmin Hommage, qui honore l'ensemble d'une carrière journalistique remarquable, est décerné cette année à Michel Auger.

Michel Auger a commencé sa carrière au Nouvelliste de Trois-Rivières en 1964. Il a ensuite travaillé pour le journal Montréal Matin, pour La Presse de 1968 à 1979 et pour l'émission The Fifth Estate de CBC de 1979 à 1984.

Il devient alors journaliste au Journal de Montréal où il couvre le crime organisé pendant de nombreuses années. Le 13 septembre 2000, un tireur embusqué l'atteint de 6 projectiles dans le stationnement du Journal mais il survit. Une marche de centaines de journalistes, co-organisée par la FPJQ, avait manifesté son soutien au journaliste gravement blessé pour avoir fait son travail.

Le prix Hommage est choisi par les anciens présidents et présidentes de la FPJQ.

SOURCE : FEDERATION PROFESSIONNELLE DES JOURNALISTES DU QUEBEC

Renseignements :

Claude Robillard, FPJQ, 514 522-6142 ou cell 514 757-6142


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