L'appétit réduit des investisseurs en matière de risque fait de nouveau
reculer l'Indice Scotia des produits de base en juin

- Le volume des livraisons mondiales de potasse revient à la normale après la chute de l'an dernier, mais il faudra attendre 2011 pour que le prix se redresse de façon appréciable.

TORONTO, le 21 juill. /CNW/ - Après un repli en mai, l'Indice Scotia des prix des produits de base, qui permet d'analyser les tendances des prix de 32 des principales exportations canadiennes, a continué de fléchir en juin, reculant de 1,9 % par rapport au mois précédent, mais se maintenant à 21,4 % au-dessus du creux cyclique d'avril 2009.

"Les prix ont reculé, entraînés par le spectre du ralentissement de la croissance en Chine - qui influe grandement sur la demande de matières premières -, par les inquiétudes que continue de susciter la "crise de la dette souveraine" en Europe, aggravée le 7 juin en raison des difficultés financières de la Hongrie, et par le peu de confiance des marchés financiers envers la poursuite de la relance industrielle aux États-Unis lorsque prendront fin les mesures de réapprovisionnement et de relance économique", a indiqué Patricia Mohr, vice-présidente d'Études économiques Scotia et spécialiste du marché des produits de base à la Banque Scotia.

Métaux et minéraux

Après la hausse enregistrée au début d'avril - probablement le point culminant de 2010 - l'indice des métaux et des minéraux a chuté en juin, pour le deuxième mois consécutif, perdant 3,6 % par rapport au mois précédent. Les prix des métaux de base ont été poussés à la baisse par les craintes au sujet des perspectives de la Chine, laquelle est à l'origine de près de 40 % de la consommation mondiale des quatre principaux métaux de base (39 % en 2009).

"Les statistiques économiques de la Chine parues le 15 juillet ont confirmé le ralentissement qui touche l'économie, le PIB du pays ayant progressé de 10,3 % sur douze mois au deuxième trimestre après un bond spectaculaire de 11,9 % au premier trimestre", a ajouté Mme Mohr. "L'économie de la Chine continuera sans doute de se replier au troisième trimestre. Néanmoins, la croissance devrait tout de même afficher une hausse de 10 % en 2010, avant de perdre de la vitesse et de s'établir à 9 % en 2011. À notre avis, la Chine provoquera rapidement une reflation de son économie si elle juge la croissance trop lente, soit au-dessous de 8 %. Une croissance soutenue, bien que lente, du PIB mondial est à venir."

Malgré la baisse ayant suivi la parution des données du deuxième trimestre de la Chine, les prix des métaux industriels sont demeurés plutôt avantageux, portés par la croissance toujours solide de la Chine. Le prix du cuivre de 2,96 $ US la livre à la mi-juillet à la LME génère une marge bénéficiaire de 54 % en fonction du seuil de rentabilité moyen du secteur minier à l'échelle mondiale.

"La demande de cuivre est demeurée très forte en Chine et a continué de croître, du moins en mai, comme l'a démontré la hausse du prix maximum du cuivre, actuellement de 6,8 cents US dans les "entrepôts de stockage" de Shanghai", a déclaré Mme Mohr. "Même si la consommation de cuivre par la Chine diminuera vraisemblablement au troisième trimestre de 2010, en raison de la saison, mais aussi pour des facteurs fondamentaux, la demande devrait augmenter de nouveau modérément plus tard dans l'année."

Selon le rapport, le renouvellement récent par Beijing du programme de subventions à l'achat d'électroménagers jusqu'à la fin de 2012, lequel constitue le plan élaboré par la Chine pour stimuler la production de véhicules électriques et poursuivre la modernisation de l'infrastructure énergétique du pays, aura pour effet de soutenir la demande de cuivre. La consommation de cuivre par la Chine devrait grimper de 10 % en 2010 et de 8 % en 2011, après la très forte hausse de 28 % enregistrée en 2009. En 2011, un réel déficit pourrait apparaître entre l'offre et la demande mondiales (pour la première fois depuis 2006), malgré la faiblesse de la demande provenant de la zone euro et la mise en valeur accrue des mines, ce qui maintiendrait le prix moyen du cuivre autour de 3 $ US.

Le prix de la potasse (FOB Vancouver) pour ce qui est des ventes à l'étranger a stagné pendant la majeure partie du premier semestre de 2010. Le prix au comptant du chlorure de potassium est demeuré inchangé en juin, à 347,50 $ US la tonne, après le creux de 342,50 $ US de février. Toutefois, les livraisons d'équivalent de K(2)O à l'échelle mondiale semblent annoncer une reprise ferme en 2010, pouvant se chiffrer à 30 millions de tonnes grâce à des gains au Brésil, en Inde et en Chine, après une baisse record en 2009, année pendant laquelle seulement 18,8 millions de tonnes ont été livrées (43,2 % de la capacité du secteur minier mondial).

"La faible demande de l'an dernier était attribuable au prix élevé de la potasse comparativement à celui d'autres fertilisants, à l'importance des stocks de report et à l'incertitude quant aux prix des céréales à la suite du dénouement de positions sur marché à terme par les gestionnaires de fonds spéculatifs durant la crise du crédit survenue à la fin de 2008", a souligné Mme Mohr. "Les fournisseurs commencent vraisemblablement à s'entendre pour dire qu'il est plus important de rétablir la demande que d'augmenter les prix.

"Le prix de la potasse devrait se redresser modérément en 2011, le rapport entre le volume de livraisons et la capacité à l'échelle mondiale remontant au-delà de 70 %", a indiqué Mme Mohr. "Cependant, il convient de préciser que les prix vertigineux de 800 $ US du deuxième semestre de 2008 s'inscrivaient dans un contexte où le rapport entre le volume de livraisons de potasse et la capacité à l'échelle mondiale s'établissait en moyenne à 83 % en 2007-2008, résultat de l'augmentation de la demande de biocarburants d'origine agricole en raison de la hausse des prix du pétrole et de la vigueur des marchés internationaux des céréales."

Pétrole et gaz

L'indice du pétrole et du gaz a enregistré une hausse en juin (+3,4 %). Les prix du pétrole brut léger et lourd en Alberta ont regagné du terrain, après la correction marquée en mai. Par ailleurs, les prix du gaz naturel à l'exportation ont été poussés à la hausse par la vague de chaleur qui s'est abattue sur les États-Unis.

Après la diminution de 10 $ US le baril en mai, les prix du pétrole WTI ont partiellement regagné le terrain perdu en juin, s'élevant à 75,40 $ le baril en moyenne. À la mi-juillet, ils s'établissaient à 77 $ US. Les mouvements de hausse et de baisse dans la confiance des investisseurs quant aux perspectives de croissance mondiale continuent de faire pression sur les prix.

Produits forestiers

L'indice des produits forestiers a reculé considérablement en juin (-7,1 % par rapport au mois précédent). Malgré le nouveau sommet de 1 020 $ US la tonne atteint par le prix de la pâte à papier NBSK (une augmentation de 20 $ US) ainsi que la hausse des prix du papier journal, du papier de pâte maigre non couché et du papier satiné A aux États-Unis, les prix du bois d'œuvre et des panneaux OSB ont plongé après les niveaux très profitables auxquels ils se situaient récemment. Le déclin des prix survient au moment où les marchands américains ont achevé la reconstitution de leurs stocks. Il s'explique également par la faiblesse des ventes de nouvelles maisons et des mises en chantier aux États-Unis, alors que le crédit d'impôt à l'achat d'une première maison a pris fin en avril.

Agriculture

L'indice des produits agricoles est reparti à la hausse en juin (+3,3 %), les prix élevés du blé, de l'orge et du canola ayant contrebalancé le faible prix du porc.

"Après la baisse enregistrée dans les dernières années, les prix des céréales à l'échelle mondiale semblent se redresser", a conclu Mme Mohr. "Une diminution des stocks mondiaux de céréales secondaires en fin d'année est prévue. Ceux-ci devraient représenter 16 % de la consommation en 2010-2011, en baisse par rapport à 17 % en 2009-2010 et à 18 % en 2008-2009. Cet amenuisement découle de la faiblesse des stocks de maïs aux États-Unis et de la grave sécheresse qui s'est abattue sur les régions de la Volga et de l'Oural en Russie de même que sur le Kazakhstan, ce qui a réduit la production d'orge. La sécheresse qui a frappé durement la totalité de la région de culture du blé de printemps en Russie entraîne aussi une hausse des prix du blé."

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

SOURCE Banque Scotia - Rapports économiques

Renseignements : Renseignements: Patricia Mohr, Études économiques Scotia, 416-866-4210, pat_mohr@scotiacapital.com; ou Robyn Harper, Relations publiques, 416-933-1093; ou robyn_harper@scotiacapital.com

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