Lancement de « SINISTREJOHNA2015.CA » à l'occasion de la Journée Louis-Riel - Bernard Landry se joint aux contre-célébrations du 200e du fondateur du Canada

MONTRÉAL, le 16 févr. 2015 /CNW Telbec/ - En réponse aux célébrations fédérales du 200e anniversaire de naissance de John A. Macdonald initiées par le gouvernement Harper, le site web www.sinistrejohna2015.ca, rappelant les actions racistes, ethnocidaires et antidémocratiques du Père fondateur du Canada, a été dévoilé ce lundi à Montréal.

Compte tenu du bilan lamentable de John A. Macdonald en matière de répression des Métis, des Premières nations et des Canadiens français, ainsi que de discrimination à l'endroit des Sino-Canadiens et des Afro-Canadiens, les intervenants ont expliqué lors d'une conférence de presse l'objectif d'éducation populaire et de « rétablissement des faits historiques » du site sinistrejohna2015.ca.  Il s'agit de riposter au « propagandisme » de la Sir John A. Macdonald Bicentennial Commission et du site www.journeesirjohna.com, financé par Patrimoine Canada pour s'adresser aux enfants d'école.

Conçu par la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, www.sinistrejohna2015.ca permet par ailleurs aux citoyens de se plaindre directement auprès de monsieur Harper. Le lancement coïncidait avec la Journée Louis-Riel (Manitoba), en l'honneur du chef métis qui fut pendu il y a 130 ans par le même John A. Macdonald.

« Il n'y a rien à fêter » - Bernard Landry
Au sujet du 200e de Macdonald, monsieur Landry a affirmé « qu'il n'y a rien à fêter », soulignant notamment les ravages historiques pour l'économie québécoise du protectionnisme de Macdonald, qui a été l'une des causes directes de l'exode de très nombreuses familles québécois en Nouvelle-Angleterre.

Monsieur Jean Jolicoeur, fondateur de l'Union métisse Est-Ouest, a évoqué les politiques « catastrophiques » de Macdonald à l'égard des premiers peuples.

Madame Josiane Lavallée, historienne, a notamment rappelé les propos du Premier ministre du Québec d'alors, Honoré Mercier, qui considérait la pendaison de Louis Riel comme un « meurtre légal ».

Le président général de la SSJB, Me Maxime Laporte a affirmé que «  contrairement à ce que soutient le fédéral par le biais de ses entreprises de mystification et de propagande fantasmagorique, la fondation du Canada ne poursuivait pas d'objectifs vertueux à proprement dit. D'ailleurs, Macdonald, le politicien le plus corrompu de toute l'histoire du Canada, de même que plusieurs Pères fondateurs étaient explicitement contre la démocratie. Le Canada repose sur des bases néocoloniales, sanglantes, antidémocratiques, et Harper devrait avoir honte d'utiliser nos taxes pour tenter de nous faire croire le contraire. Nous ne sommes pas dupes. »

L'héritage de Macdonald lié à l'actualité
Monsieur Laporte a ajouté : « Il faut souligner le paradoxe consistant pour les Canadiens à célébrer, ce 15 février, les 50 ans de l'unifolié et, toute l'année, les 200 ans de John A. Macdonald, au moment même où la Cour suprême entend la cause Caron portant sur les promesses brisées de ce même Macdonald aux Métis quant à leurs droits linguistiques et territoriaux. Et ce n'est pas tant le jugement lui-même, attendu dans six à huit mois, que la réponse politique concrète des provinces de l'Ouest à ce jugement qui pourrait en dire long sur la nature unitaire et anti-français du Canada de 2015… »

« Le gouvernement Couillard n'est pas en reste, lui qui, à ce procès, aurait pu plaider pour un statut particulier et une application asymétrique de l'article 93 de la constitution, fondé sur le devoir de « réparation » (déjà utilisé par la Cour) des ravages de l'assimilation par l'abolition des droits scolaires des francophones hors-Québec à l'époque de John A. Macdonald. Or, le gouvernement québécois a tristement préféré se cantonner dans une position sans revendications, digne d'une province comme les autres. »

Macdonald versus Canadiens français et Métis
Membre de la loge orangiste de Kingston dès 1841, Macdonald a été à la tête de la répression sanglante des Métis du Nord-Ouest en vue de l'occupation des terres de l'Assiniboine par des blancs anglo-saxons, déclarant, « ces sang-mêlé impulsifs ont été gâtés par leur émeute [de 1870], et doivent être maîtrisés par une main forte jusqu'à ce qu'ils soient inondés par un afflux de colons ». Macdonald fit exécuter leur chef Louis Riel à la suite de ce qui est aujourd'hui considéré comme un honteux simulacre de justice, affirmant que Louis Riel « sera pendu même si tous les chiens du Québec aboient en sa faveur ».1

Macdonald fut également complice des gouvernements provinciaux ayant l'un après l'autre interdit les écoles françaises, lui qui refusa d'utiliser son pouvoir de désaveu de ces lois orangistes alors que le gouvernement fédéral le fit pourtant 65 fois entre 1867 et 1896, pour des questions autrement moins fondamentales que les droits scolaires des Canadiens français.

Macdonald versus Premières nations, Chinois et Noirs
Comme l'a révélé le professeur James Daschuck dans son livre « Clearing The Plains » (University of Regina Press, 2013), l'idole de Stephen Harper a aussi été aux commandes du génocide par la famine des Autochtones des Prairies afin de dégager la voie du chemin de fer, déclarant sans ambiguïté vouloir « convaincre l'homme rouge que c'est l'homme blanc qui gouverne ».2

Macdonald a par ailleurs imposé une exorbitante taxe d'entrée en 1885 aux immigrants chinois qu'il considérait comme une menace au « caractère aryen de l'avenir de l'Amérique britannique ». La même année, le premier ministre Macdonald leur retira aussi le droit de vote pour le même motif raciste.

« Alors qu'au nom du gouvernement fédéral en 2006, Stephen Harper a lui-même présenté ses excuses aux Sino-Canadiens pour les traitements discriminatoires leur ayant été imposés, le premier ministre demande aujourd'hui à ces mêmes victimes du racisme de Macdonald de célébrer leur bourreau », a affirmé Maxime Laporte.

« Et comme le démontre bien le professeur Stephen Azzi (Université Carleton), le racisme de Macdonald n'était pas davantage acceptable au 19e siècle puisque le deuxième premier ministre du Canada, Alexander Mackenzie, avait rejeté ces mesures anti-immigration chinoise, les qualifiant de  "dangereuses et contraires à la loi des nations et aux politiques en vigueur au Canada". », a souligné monsieur Laporte.

Dans les années 1860, Macdonald collabora même avec les Copperheads, Sudistes américains opposés à l'abolition de l'esclavage de Noirs.


1, 2 Source : www.sinistrejohna2015.ca

 

SOURCE Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

Bas de vignette : "Bernard Landry se joint aux contre-célébrations du bicentaire du fondateur du Canada, John A. Macdonald (Groupe CNW/Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal)". Lien URL de l'image : http://photos.newswire.ca/images/download/20150216_C4810_PHOTO_FR_12205.jpg

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