La reprise commence à prendre racine selon les économistes de Desjardins,
mais attention aux risques inhérents

    
    L'apaisement des tensions financières facilite le retour à la croissance
    

LÉVIS, QC, le 18 sept. /CNW Telbec/ - Les indicateurs économiques des dernières semaines ont apporté leur lot de bonnes et de mauvaises nouvelles. Malgré toutes ces apparentes contradictions, il faut admettre que certains signes ne mentent pas. Le retour de la confiance des consommateurs et des entrepreneurs, l'embellie des marchés boursiers et l'apaisement des tensions financières à travers le monde sont les éléments de base qui permettent d'appuyer une reprise. C'est la conclusion tirée par les économistes du Mouvement des caisses Desjardins dans leurs plus récentes prévisions économiques et financières, publiées aujourd'hui.

"Il est maintenant possible d'envisager sérieusement le rétablissement de nos économies, même s'il faudra affronter plusieurs embûches tout au long du parcours. Les risques sont omniprésents!", a déclaré le vice-président et économiste en chef de Desjardins, M. François Dupuis.

Le secteur extérieur et les stocks hypothèquent la relance

Le redressement amorcé au printemps de l'Indice précurseur Desjardins (IPD), un indice qui prévoit de trois à six mois à l'avance l'évolution de l'économie québécoise, est le signe le plus probant que le creux du cycle actuel sera bientôt atteint au Québec. Déjà, la remontée de la confiance des ménages a entraîné le marché immobilier et la consommation dans son sillage. Les exportations continuent toutefois à pointer vers le bas, et les stocks des entreprises restent élevés par rapport aux ventes. "D'après notre scénario, l'économie québécoise renouera avec la croissance au dernier trimestre de 2009, nous laissant avec une contraction de 1,8 % du PIB réel. L'amélioration sera lente par la suite, de sorte qu'une progression de seulement 1,6 % est attendue pour l'an prochain", a pour sa part souligné le directeur et économiste en chef adjoint de Desjardins, M. Yves St-Maurice.

L'appréciation plus récente du dollar canadien, qui s'appuie surtout sur la remontée des prix du pétrole et des matières premières, devrait se poursuivre jusqu'à atteindre la parité vers la mi-2010. Les prix du pétrole approcheront alors 90 $ US le baril, une condition essentielle pour soutenir la parité. Cette montée du huard se fera de manière relativement graduelle, ce qui permettra d'éviter toute intervention de la Banque du Canada sur le marché des changes. Toutefois, les exportateurs canadiens devront nager à contre-courant pour combattre la concurrence internationale.

Le secteur extérieur n'est pas le seul obstacle à la croissance économique canadienne et québécoise. Les comparaisons historiques montrent que le niveau actuel des stocks est élevé et que d'autres corrections s'imposent. "Avant de redémarrer la production, les entreprises verront à réduire leurs stocks", a renchéri M. St-Maurice. Les effets se feront sentir à la fois sur leurs investissements et sur le marché du travail. Le taux de chômage se rapprochera bientôt des 10 % au Québec et au Canada et, tout comme aux États-Unis, des pertes d'emplois seront comptabilisées jusqu'au début de 2010. "Pour ce faire, les gouvernements fédéral et provinciaux devront poursuivre leurs plans de relance, mais aussi se garder de rétablir trop rapidement leur équilibre budgétaire malgré des déficits records", a déclaré M. Dupuis.

Les Jeux olympiques d'hiver 2010 favoriseront la Colombie-Britannique

La récession aura touché plus durement l'Ontario en raison de sa surexposition au secteur automobile. Le PIB réel de la province devrait décroître de 3,8 % en 2009, une piètre performance comparativement à la baisse de 2,7 % au Canada. Plus à l'ouest, la chute des prix du pétrole et un secteur immobilier plus ébranlé présagent une baisse de 2,8 % du PIB réel de l'Alberta et de 2,4 % de celui de la Colombie-Britannique. Le Québec s'en tirera mieux avec une décroissance de seulement 1,8 % pour 2009.

En 2010, la Colombie-Britannique, hôte des Jeux olympiques d'hiver, devrait remporter la palme de la plus forte croissance au Canada avec 3,0 %. La remontée des prix du pétrole permettra à l'Alberta de suivre de près à 2,5 %. L'Ontario profitera de la reprise de l'industrie automobile et il affichera une croissance similaire à la moyenne canadienne. Le Québec fera moins bonne figure, enregistrant une hausse de son PIB réel de 1,6 %.

Les pays émergents s'en tirent mieux

Même si la croissance économique mondiale n'atteindra que 2,9 % en 2010, ce qui demeure près du niveau de 3 % que le Fonds monétaire international (FMI) qualifie de récessionniste, elle sera suffisamment élevée pour nous faire oublier quelque peu la chute de 1,5 % enregistrée en 2009, soit la pire performance depuis la Seconde Guerre mondiale. Les pays en émergence, dominés par la Chine et l'Inde, ouvriront le cortège avec une croissance de 4,7 % en 2010. Les pays industrialisés ne parviendront pas à suivre la cadence avec une pâle augmentation de 1,3 % de leur PIB réel. "Les États-Unis et le Canada se retrouvent en tête de peloton des pays du G7, avec des hausses respectives de 2,2 % et de 2,0 %, dénotant une reprise davantage en forme de "U" plutôt que la plus traditionnelle forme en "V". Tous les autres pays du G7, à l'exception du Japon, afficheront une croissance économique inférieure à 1 %", ont précisé les économistes de Desjardins.

Calme plat sur les taux directeurs

Tous les éléments se conjuguent pour convaincre les banques centrales de ne pas resserrer leur politique monétaire. Cela vaut pour la Réserve fédérale, la Banque du Canada, la Banque centrale européenne, la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon. Le contexte économique et financier est beaucoup trop fragile pour qu'elles agissent avant la mi-2010. Les capacités de production inutilisées sont importantes, l'inflation ne présente aucune menace pour l'instant et les conditions de crédit demeurent relativement difficiles. Dans ce contexte, les interventions des banques centrales se limiteront, dans certains cas, à la poursuite de leurs actions non traditionnelles.

"Les taux d'intérêt demeureront donc faibles pour les prochains trimestres, et ceux qui misent sur un aplatissement prononcé de la courbe à court terme risquent d'être pris par surprise", insiste M. Dupuis. Le rendement réel des obligations de long terme devrait subir des pressions à la hausse à cause de la reprise économique qui s'amorce, mais la faiblesse de l'inflation et des anticipations va contenir les taux nominaux. Les hausses spectaculaires des marchés boursiers et les inquiétudes quant à la force de la reprise incitent les investisseurs à la prudence. La demande pour les titres de bonne qualité reste élevée, ce qui permet de dissiper les craintes relatives au financement du l'important déficit américain. On s'attend malgré tout à ce que le S&P 500 affiche un gain de 11 % en 2009 et de 14 % en 2010. Les hausses respectives attendues pour le S&P/TSX sont de 20 % et de 11 %.

"Avant de pouvoir parler de prospérité renouvelée, il y a loin de la coupe aux lèvres. Les problèmes structurels (industrie automobile, secteur bancaire, surendettement des ménages et du gouvernement, etc.) prendront du temps à se dissiper, d'autant plus que certains d'entre eux nécessiteront une concertation à l'échelle mondiale. Ils risquent d'hypothéquer la croissance économique pendant longtemps", ont conclu les économistes de Desjardins. De plus, de nombreux risques planent au-dessus de nos têtes (nouvelle vague de renouvellements de prêts hypothécaires à haut risque aux États-Unis, risques financiers dans les pays de l'Europe de l'Est, grippe A(H1N1), etc.) ce qui nous permet de dire qu'une reprise en "W" ne peut être totalement exclue.

Pour plus de renseignements, consultez la revue Prévisions économiques et financières, Automne 2009, Études économiques, Mouvement Desjardins sur le www.desjardins.com.

À propos de Desjardins

Le Mouvement des caisses Desjardins, avec un actif de l'ordre de 160 milliards de dollars, est le plus important groupe financier coopératif au Canada et le neuvième en importance dans le monde. S'appuyant sur la force de son réseau de caisses au Québec et en Ontario, ainsi que sur l'apport de ses filiales dont plusieurs sont actives à l'échelle canadienne, il offre toute la gamme des produits et services financiers à ses 5,8 millions de membres et clients - particuliers et entreprises. Le Mouvement des caisses Desjardins c'est aussi le regroupement d'expertises en gestion de patrimoine, en assurance de personnes et de dommages, en service aux entreprises de toutes tailles, en valeurs mobilières, en gestion d'actifs, en capital de risque ainsi que des modes d'accès virtuels sécuritaires, à la fine pointe de la technologie, dans un concept d'offre intégrée unique au Canada. L'un des plus importants employeurs au pays, il mise sur la compétence de ses 42 000 employés et l'engagement de ses 6 300 dirigeants élus. Pour en savoir plus, consultez le site www.desjardins.com.

SOURCE Mouvement Desjardins

Renseignements : Renseignements: (à l'intention des journalistes uniquement): Hélène Lavoie, Conseillère Information et Relations de presse, (514) 281-7275, 1-866-866-7000, poste 7275; François Dupuis, Vice-président et économiste en chef, (514) 281-7000, 1-866-866-7000, poste 7322; Yves St-Maurice, Directeur et économiste en chef adjoint, (514) 281-7000, 1-866-866-7000, poste 7009


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