La ministre Lucie Charlebois doit renégocier l'entente SPLI et débloquer des fonds d'urgence pour les groupes en difficulté

MONTRÉAL, le 14 mars 2016 /CNW Telbec/ - À l'approche du dépôt des budgets québécois et fédéral, le caucus des députés du Parti Québécois de Montréal et la députée du Bloc Québécois de Repentigny, Monique Pauzé, accompagnés de représentants du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), du Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ) et des organismes le Foyer de jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal (FJTTM), Logemen'occupe, Dopamine, L'Itinéraire et le Centre NAHA, demandent à la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, de débloquer un fonds d'urgence pour aider les organismes touchés par les compressions budgétaires qu'a entraînées la redéfinition des paramètres de la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI) et de profiter de la présence d'un nouveau gouvernement à Ottawa pour renégocier les termes de l'Entente Canada‑Québec concernant la SPLI.

La nouvelle entente SPLI 2014-2019 est synonyme de défis irréalistes pour les organisations qui œuvrent auprès des personnes itinérantes ou à risque de le devenir. Alors qu'auparavant, elle permettait le développement de ressources d'hébergement et finançait le salaire d'intervenants sociaux, la nouvelle SPLI consacre 65 % de ses budgets à une approche déconnectée de la réalité québécoise, celle dite du « Logement d'abord », qui subventionne du logement privé pour les personnes itinérantes chroniques, abandonnant le soutien communautaire et le travail d'intervention. Le 31 mars prochain, la lutte contre l'itinérance à Montréal et au Québec vivra un moment dramatique, alors que plusieurs organismes verront une part significative de leur financement disparaître.

« Sans soutien d'urgence d'ici le 31 mars, le FJTTM devra fermer 8 chambres sur 19, et retourner 16 jeunes à la rue chaque année. Nous devrons également couper le salaire d'un intervenant sur deux. Cette situation est terrible. Nous travaillons depuis 25 ans avec des jeunes qui nous sont référés par la DPJ et le réseau de la santé! », s'est exclamée Jacinthe McCabe, directrice générale du FJTTM.

« Nous travaillons avec les personnes les plus pauvres et marginalisées de l'Est de Montréal. Le 31 mars, nous perdrons 100 % de notre financement pour l'intervention sociale. Je ne sais pas comment on va payer le salaire de la personne qui travaille présentement auprès des hommes toxicomanes dans nos unités d'hébergement. Nous avons besoin d'aide et d'une nouvelle entente SPLI », a pour sa part expliqué Sébastien Pageon, directeur du Centre NAHA.

« Nous vivons une situation absurde! En 2013, la SPLI nous a aidés à acheter le bâtiment où nous accueillons chaque jour des dizaines de personnes consommant des drogues injectables et à risque d'itinérance, en plus de financer le travail de nos intervenants. Le 31 mars 2016, nous n'aurons plus d'argent pour les salaires. Où est la logique? On a besoin d'une nouvelle entente généraliste », a quant à lui réclamé le directeur de Dopamine, Martin Pagé.

À la lumière de ces constats, les députés du Parti Québécois de Montréal demandent à la ministre Lucie Charlebois de débloquer un fonds d'urgence pour aider les organismes fragilisés par la nouvelle entente SPLI. « Tout le monde s'en rend compte en ce moment : la SPLI qu'avait proposée Stephen Harper au Québec est inadaptée et fait mal aux personnes en difficulté ainsi qu'aux organismes qui leur viennent en aide. Je demande à la ministre de débloquer des sommes pour soutenir les groupes ayant été abandonnés par la SPLI », a déclaré Carole Poirier, députée d'Hochelaga-Maisonneuve.

Jean-François Lisée, député de Rosemont, demande de son côté à Lucie Charlebois de profiter de la présence d'un nouveau gouvernement à Ottawa pour renégocier l'entente SPLI. « Le budget fédéral s'en vient. La ministre doit saisir cette occasion. Je lui demande d'entamer rapidement des pourparlers avec le gouvernement fédéral pour que ceux qui interviennent auprès des personnes vulnérables aient enfin accès aux outils et aux ressources dont ils ont besoin », a-t-il insisté.

Monique Pauzé invite le gouvernement de Justin Trudeau à accepter de renégocier l'entente SPLI avec le Québec. « Il ne doit pas rester insensible aux impacts terribles que la nouvelle SPLI, héritage du gouvernement Harper, a sur la lutte contre l'itinérance au Québec », a‑t-elle renchéri.

François Roy, directeur de Logemen'occupe, abonde dans le même sens. « À quelques jours du dépôt du budget fédéral, le gouvernement Trudeau doit s'engager à réviser et à renégocier les paramètres de l'entente SPLI avec le Québec. Le milieu est unanime : l'outil que nous avons entre les mains est inadéquat. Des milliers de personnes s'apprêtent à perdre le soutien dont elles ont besoin, et des dizaines d'organismes, les moyens d'aider celles et ceux qu'ils appuient depuis toujours. C'est inacceptable. »

« Il est urgent que le gouvernement du Québec dégage les fonds nécessaires au maintien des interventions qui ont été coupées en raison de la réorientation de l'aide fédérale vers le "Logement d'abord". Québec doit intervenir pour qu'Ottawa rétablisse une approche globale dans le soutien qu'il apporte à la lutte contre l'itinérance, et cela doit comprendre une enveloppe bonifiée dès son premier budget », a conclu Shawn Bourdages, membre de l'exécutif du RAPSIM.

 

SOURCE Aile parlementaire du Parti Québécois

Renseignements : Étienne Potvin, Attaché politique, Bureau de Carole Poirier, 514 944-4924; Véronique Bergeron, Attachée politique, Bureau de Jean-François Lisée, 514 402-0355


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