La forte hausse des emprunts au Canada est surtout le fait des ménages les plus endettés

Les trois quarts des dettes sont détenues par un tiers des ménages canadiens

TORONTO, le 26 janv. 2012 /CNW/ - La forte hausse des emprunts au Canada au cours des cinq dernières années a été le fait des ménages canadiens les plus endettés, peut-on lire dans un nouveau rapport d'études de Marchés mondiaux CIBC inc.

Selon ce rapport, bien qu'on ait beaucoup parlé des craintes suscitées par le niveau d'endettement record des ménages canadiens, qui représente maintenant 151 % de leurs revenus, peu d'analyses ont été réalisées afin de déterminer la répartition de cette dette et les causes de son augmentation.

L'étude de la Banque CIBC montre que seulement sept autres économies développées présentent un ratio d'endettement plus élevé que le Canada. Au pays, l'étude révèle que les ménages qui ont beaucoup recours à l'emprunt, soit ceux dont le ratio dette-revenu brut est supérieur à 1,6, détiennent maintenant 73 % des dettes contractées par des ménages au Canada.

« Selon notre nouvelle analyse, l'augmentation de l'endettement depuis 2007 est en totalité le fait des ménages ayant un ratio dette-revenu brut élevé », précise Avery Shenfeld, économiste en chef à la Banque CIBC, qui a rédigé le rapport en collaboration avec Benjamin Tal, économiste en chef adjoint. « L'augmentation du ratio d'endettement découle des ménages déjà fortement endettés qui ont accumulé les dettes plutôt que de ménages moins endettés attirés par la promesse de taux peu élevés. Environ 34 % des ménages ont maintenant un endettement pouvant être qualifié de lourd, et ils comptent pour près des trois quarts de l'encours de la dette des ménages. »

M. Shenfeld souligne, comme on pouvait s'y attendre, que la proportion des ménages ayant un ratio d'endettement élevé est plus élevée dans les provinces de la Colombie-Britannique, de l'Alberta et de l'Ontario où il en coûte plus cher pour se loger. Ce qui étonne davantage M. Shenfeld est l'augmentation du nombre de Canadiens de 45 ans et plus qui sont fortement endettés. Le pourcentage de gros emprunteurs dans ce groupe d'âge est passé de 36 % en 2077 à 44 % en 2011.

« Une proportion plus importante des personnes très endettées ont plus de 45 ans, un âge où l'accroissement de l'actif net en vue de la retraite devrait constituer une priorité. Les Canadiens qui approchent de la retraite et qui devraient être en train de vivre leurs meilleures années au chapitre de l'épargne sont plutôt en train de s'endetter davantage. Nous observons déjà une hausse des faillites chez les 50 ans et plus, mais la conséquence la plus importante de cette tendance sera une réduction marquée du pouvoir de dépenser au moment de la retraite dans ce groupe d'âge. »

M. Shenfeld fait remarquer que la progression récente de l'endettement s'explique par les taux d'intérêt extrêmement bas et par la faible croissance du revenu réel des ménages. « L'emprunt est ce qui permet de combler l'écart entre ce que nous voulons acheter et nos revenus, particulièrement pour les grosses dépenses comme celles liées aux maisons, aux véhicules et à d'autres biens durables. Une forte croissance des revenus réels permet donc aux ménages de moins recourir à l'endettement. »

Au cours des dernières années, la croissance des revenus a été anémique. Non seulement le revenu nominal a-t-il baissé pendant la récession, mais lors de la reprise, les consommateurs ont dû composer avec une remontée de l'inflation beaucoup plus rapide que le salaire moyen, ce qui s'explique par la flambée des prix mondiaux de l'énergie et des produits alimentaires de base.

Le revenu réel disponible a reculé de 0,1 % au cours des trois premiers trimestres de 2011. À cet égard, l'année 2012 s'annonce meilleure pour le travailleur moyen, car la stabilisation des prix de l'énergie et le ralentissement probable de l'inflation des produits alimentaires font en sorte que le déflateur des prix à la consommation correspond davantage à la faible progression des salaires. Cependant, la croissance de l'emploi devrait demeurer médiocre.

Les auteurs du rapport se sont également penchés sur les différences qui existent entre les habitudes de consommation des gros et des petits emprunteurs. En tenant compte de la composition des familles et de l'âge, l'étude a révélé que les ménages ayant un faible ratio d'endettement semblent profiter des frais peu élevés associés au service de leur dette pour épargner plutôt que pour consommer.

Il s'ensuit que les ménages canadiens fortement endettés sont également désavantagés par rapport aux autres familles au chapitre de l'accumulation d'actifs. Bien que leur endettement ait augmenté de 18 % depuis 2007, les Canadiens dont le ratio d'endettement est élevé ont vu leurs actifs s'accroître de moins de 4 % au cours de la même période. En comparaison, les actifs des personnes moins endettées ont progressé de près de 10 %.

M. Shenfeld ne croit pas que l'on risque d'assister à une hausse marquée des faillites chez les ménages canadiens; leur nombre a d'ailleurs fortement reculé jusqu'ici depuis le sommet atteint au cours de la récession. « Beaucoup de Canadiens peuvent encore emprunter et tirer parti des taux peu élevés, car ils ont résisté à la tentation ces dernières années. Pour que le nombre de faillites progresse de façon importante, il faudrait que les taux d'intérêt augmentent fortement et que le chômage bondisse, deux éventualités qui semblent improbables, particulièrement en même temps, car la Banque du Canada a l'inflation sous contrôle. »

« On peut toutefois craindre que les Canadiens aient encore moins l'envie et la capacité d'emprunter davantage à mesure qu'ils seront de plus en plus nombreux à ne plus pouvoir assurer le service de leur dette. Nous avons déjà constaté un recul des dettes à la consommation. Le logement sera peut-être le prochain secteur à connaître le même ralentissement, et l'on devrait assister à une stabilisation du nombre de nouvelles constructions et des prix au cours de l'année qui vient. »

« Le Canada se retrouvera ainsi plus à la merci du contexte mondial, lequel demeure assombri par l'incidence des mesures de restriction budgétaire dans la majeure partie des pays développés. »

Vous pouvez consulter le rapport intégral de Marchés mondiaux CIBC à l'adresse : http://research.cibcwm.com/economic_public/download/eijan12.pdf.

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SOURCE Marchés Mondiaux CIBC

Renseignements :

Avery Shenfeld, économiste en chef, Marchés mondiaux CIBC inc., 416 594-7356, avery.shenfeld@cibc.ca; Kevin Dove, Communications et affaires publiques, 416 980-8835, kevin.dove@cibc.ca


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