La Fondation Michener honore l'émission Enquête de la Société Radio-Canada, le pigiste Paul Webster et Patti Sonntag du New York Times

OTTAWA, le 17 juin 2016 /CNW Telbec/ - L'émission Enquête de la Société Radio-Canada a remporté le Prix Michener 2015 pour Abus de la SQ : les femmes brisent le silence, un reportage sur des agressions physiques et sexuelles qu'auraient subies des femmes autochtones à Val d'Or en Abitibi aux mains d'agents de la Sûreté du Québec, a annoncé aujourd'hui le président de la Fondation des Prix Michener, Russell Mills.

Au cours d'une cérémonie à Rideau Hall à Ottawa, Son Excellence le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada, a remis la prestigieuse distinction à l'émission Enquête de la Société Radio-Canada. L'entreprise de presse figurait parmi les six candidats qui ont été honorés à la cérémonie. Le Prix Michener est remis annuellement à un média qui s'est distingué par son excellence en journalisme d'intérêt public.

Le gouverneur général a aussi présenté la bourse Michener-Deacon 2016 pour le journalisme d'enquête au journaliste pigiste primé Paul Webster pour son projet d'étudier les politiques et pratiques de soins de santé dans les prisons, plus particulièrement le taux élevé d'hépatite C chez les détenus.

La bourse Michener-Deacon 2016 pour l'enseignement du journalisme a été décernée à Patti Sonntag, directrice de l'information aux services des nouvelles du New York Times. Elle reviendra à Montréal pour diriger un cours sur une enquête auprès des entreprises d'extraction de ressources. Ce cours vise à jeter les fondements d'un programme pour un nouveau certificat en journalisme de données à l'Université Concordia.  

Le Prix Michener a honoré l'émission Enquête de la Société Radio-Canada pour son documentaire, Abus de la SQ : les femmes brisent le silence, une enquête qui avait débuté pour trouver des réponses à la disparition d'une Autochtone de Val d'Or et au piétinement de l'enquête policière. L'affaire a pris une tournure inattendue lorsque des amies de la disparue, Sindy Ruperthouse, se sont mises à raconter des agressions physiques et sexuelles subies aux mains d'agents de la Sûreté du Québec. Pour la première fois, ces femmes vulnérables et marginalisées brisaient le silence en soulevant des allégations détaillées d'intimidation et de violence ainsi que des cas d'actes sexuels tarifés sollicités par des policiers et de «cures géographiques (conduire  une personne à l'extérieur de la ville et l'obliger à revenir à pied en plein hiver pour la dégriser).  Après la diffusion de l'émission, le gouvernement du Québec a ordonné une enquête policière, huit agents de la SQ ont été suspendus, une observatrice indépendante a été nommée, 6,1 millions $ ont été versés pour le financement de projets d'aide aux femmes autochtones de Val-d'Or et la Sûreté du Québec a relancé son enquête sur la disparition de Sindy Ruperhouse. Par la suite, d'autres femmes autochtones à travers le Québec ont témoigné de leurs expériences d'agression de la part des autorités dans leur communauté.

Des mentions d'honneur ont été attribuées à :

La Canadian Broadcasting Corporation, The Globe and Mail et The Toronto Star
Femmes autochtones disparues et assassinées
Trois médias se sont distingués pour leur contribution conjuguée au journalisme avec la couverture en profondeur du cas des femmes autochtones disparues et assassinées au Canada. Chacun d'entre eux a fait enquête et analysé des données portant sur plus de 1100 Amérindiennes disparues et assassinées, contribuant à dévoiler de nouvelles informations, réexaminer des affaires non classées et soulever des questions sur la qualité des enquêtes policières et la prévalence du racisme dans certaines communautés à travers le pays.  À partir d'une banque de données interactive de dossiers non résolus et d'un examen approfondi des cas d'homicide et de disparition de longue durée à l'échelle nationale, ces reportages ont donné un visage humain aux victimes et à leurs familles, décrit les ravages de cette violence dans les communautés autochtones et renforcé les demandes incessantes pour qu'on prenne les mesures nécessaires à cet égard. Les reportages exhaustifs de longue haleine de la Canadian Broadcasting Corporation, du Globe and Mail et du Toronto Star ont offert un forum pour une discussion nationale et serviront d'information pour l'enquête publique à venir. 

La Presse Canadienne - Le prix de l'eau de Winnipeg : le cheminement d'une bande amérindienne - de la misère créée par l'homme vers une route de la liberté  
Redresser les injustices historiques peut être aussi simple que de rétablir les voies de transport entre une communauté autochtone et le monde extérieur, coupées il y longtemps pour approvisionner Winnipeg en eau. La couverture soutenue de La Presse Canadienne au cours de 2015 a exposé les coûts humains qu'ont dû acquitter les résidants de la réserve de Shoal Lake pour l'eau de Winnipeg. L'autoroute transcanadienne au Manitoba passe tout près, mais leur communauté n'y  a aucun accès routier. La PC a expliqué la façon dont leur isolation est survenue, les  préjudices qu'ils subissent et la réticence de tout un chacun à résoudre le problème. Il s'en est suivi une campagne de financement public pour construire la route, ainsi que le soutien de regroupements religieux, communautaires et politiques. La couverture persistante de la PC a fait de la question un enjeu de la dernière campagne électorale fédérale et le chef libéral Justin Trudeau a promis d'agir s'il était élu. La route a été l'une des toutes premières annonces du nouveau gouvernement au lendemain de l'élection fédérale de 2015.

The  Globe and Mail - Un dirigeant de St. Michael fait l'objet d'une enquête à la suite d'une révélation de fraude
Alors que les gouvernements à travers le pays commencent à engager des milliards de dollars pour des projets d'infrastructure dans les domaines hospitalier et universitaire, les Canadiens doivent être assurés que cet argent est dépensé de façon judicieuse. Une série du Globe and Mail sur le processus d'appel d'offres pour l'agrandissement de l'hôpital St. Michael de Toronto a révélé un manque de diligence raisonnable et de graves conflits d'intérêts entre les responsables de l'attribution des contrats et les soumissionnaires choisis. En outre, on a découvert que le fonctionnaire chargé de superviser l'opération à St. Michael avait précédemment admis avoir rédigé de fausses factures alors qu'il occupait un poste de direction à Infrastructure Ontario, l'agence provinciale de surveillance des dépenses d'infrastructure. La série du Globe a entraîné des congédiements et quatre enquêtes au sein d'agences publiques de la province. Des reportages subséquents ont révélé des conflits d'intérêts et des dépenses douteuses de nature similaire dans des projets de construction d'hôpitaux à Markham et Ottawa.

Telegraph-Journal - Inspections dans les garderies 
Quand le Telegraph-Journal a demandé les rapports d'inspection dans les garderies de Saint-Jean, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a refusé de les rendre publics. Le journal a persisté plus d'un an avant de réussir à y avoir accès. Les rapports démontraient que les autorités provinciales n'avaient pas su appliquer adéquatement les normes de propreté, les pratiques de sécurité et la vérification obligatoire des antécédents des employés. Les reportages qui ont suivi ont poussé le gouvernement à embaucher plus d'inspecteurs et à améliorer les pratiques de contrôle. Le Telegraph-Journal a continué à relever des disparités entre les données publiées par la province et les rapports d'inspection obtenus par l'accès à l'information. Une fois de plus, le gouvernement a été forcé de reconnaître l'insuffisance des inspections et des contrôles. Il a depuis promis de créer un registre en ligne détaillé d'inspection des garderies. Grâce au Telegraph-Journal, les parents au Nouveau-Brunswick auront un meilleur accès à plus d'information sur les garderies de la province.

The Toronto Star  - Présumé coupable 
La police au Canada conserve systématiquement des dossiers sur des citoyens qui n'ont jamais été condamnés d'un crime. De tels dossiers reliés à aucune condamnation peuvent avoir trait à un appel du 911, un incident de santé mentale ou une association avec quelqu'un qui fait l'objet d'une enquête policière. Une recherche du Toronto Star a démontré que fréquemment la police fournit de l'information non fondée sur une condamnation aux employeurs, agences de bénévolat, écoles et autres organisations qui en font la demande à des fins de vérification d'antécédents. Conséquemment, des personnes innocentes voient leurs carrière, réputation et gagne-pain torpiller inutilement. Étayée par des faits concrets et des reportages significatifs, la série du Toronto Star met en lumière cette pratique inquiétante en examinant le cas personnel de gens qui ont été injustement affectés. Entamée en 2014, la série a entraîné un changement important et décisif en 2015 : l'Assemblée législative ontarienne a approuvé à l'unanimité une nouvelle loi qui restreint et uniformise ce que la police en Ontario peut et ne peut pas rendre public concernant les vérifications d'antécédents.

Les juges pour le Prix Michener 2015:
Kim Kierans (présidente du jury), professeure à l'école de journalisme et vice-présidente de l'université King's College à Halifax, et ancienne journaliste et rédactrice à CBC; Kevin Crowley, directeur des communications et des affaires publiques à l'Université Wilfrid Laurier et ancien chef de la section économique du Waterloo Region Record; Claude Papineau, ancien vice-président des services français à La Presse Canadienne et ancien correspondant parlementaire ; Christopher Waddell, professeur et ancien directeur de l'école de journalisme et communication à l'Université Carleton et ancien chef de la section nationale du Globe and Mail et chef de bureau au Parlement d'Ottawa pour CBC Television News et Mary Lynn Young, doyenne associée à la faculté des Arts de l'Université de la Colombie-Britannique et ancienne directrice de l'École de journalisme de l'Université de la Colombie-Britannique. 

Les juges pour les bourses Michener-Deacon 2016:
Susan Mitton (présidente du jury), ex-directrice régionale du réseau CBC dans les Maritimes; Michael Goldbloom, principal et vice-chancelier de l'Université Bishop, à Sherbrooke, au Québec, et ex-éditeur des quotidiens The Gazette et Toronto Star; Sylvain Lafrance, professeur à l'École HEC Montréal et ex-vice-président de Radio-Canada; Donna Logan, professeure émérite et directrice fondatrice de l'École de journalisme de l'Université de la Colombie-Britannique et ancienne vice-présidente de la diffusion régionale du réseau anglais de la Société Radio Canada et Ivor Shapiro, président de l'École de journalisme de l'Université Ryerson.

Sites web :
www.michenerawards.ca
www.prixmichener.ca

 

SOURCE Michener Awards Foundation

Renseignements : Kim Kierans, (902) 422-1271 ext. 164, courriel: kim.kierans@ukings.ca; Marie-Ève Létourneau, Bureau de presse de Rideau Hall, (613) 998-0287, marie-eve.letourneau@gg.ca

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