La Banque du Canada doit agir au besoin pour freiner l'appréciation du huard
: Marchés mondiaux CIBC

    
    Un dollar canadien trop fort risque d'éroder l'assise manufacturière du
    pays
    

TORONTO, le 27 oct. /CNW/ - La Banque du Canada devrait envisager d'intervenir si les circonstances l'exigent pour stabiliser la valeur du huard et protéger l'assise manufacturière du Canada, constate l'auteur d'un nouveau rapport de Marchés mondiaux CIBC.

Le rapport met de l'avant l'argument qu'en n'intervenant pas sur le marché des devises lorsque des spéculateurs poussent le dollar vers des sommets qu'elle ne croit pas fondamentalement sains, la Banque risque d'éroder l'assise industrielle du pays.

"Le Canada pourrait envisager ce que j'appellerais un flottement borné", déclare Avery Shenfeld, économiste en chef de la Banque CIBC, dans le plus récent rapport de la série Economic Insights publiée par cette dernière. "En n'intervenant que dans les cas extrêmes, la banque centrale pourrait aider à éliminer les flux spéculatifs qui, selon son jugement fait en connaissance de cause, emportent notre devise au-delà de sa valeur intrinsèque."

M. Shenfeld note que le Canada laisse les marchés décider de la valeur d'échange de sa monnaie depuis 1998, pendant que son outil d'intervention s'empoussière dans les voûtes de la banque centrale. La Banque a pour politique de ne pas cibler le taux de change, préférant tenir compte de tous les stimulus ou freins nets associés à une survalorisation ou une sous-valorisation du huard pour fixer les taux d'intérêt. M. Shenfeld ajoute que dans le contexte actuel, cela signifie qu'on laisse le creux des taux d'intérêt s'éterniser plus longtemps que si on agissait autrement.

"Quiconque a observé le rendement du dollar canadien depuis 15 ans aurait du mal à soutenir que les marchés des devises sont des calculatrices aussi parfaitement rationnelles que le laissent croire les manuels", affirme M. Shenfeld. "Il est évident que ce qui donne le ton aux fluctuations des devises, ce ne sont pas seulement les flux commerciaux et les prix des produits de base, mais aussi des attentes aux variations incontrôlées et les flux de capitaux flottants qu'elles génèrent. La Banque du Canada l'admet sans détour quand elle souligne les dangers de l'appréciation récente du dollar canadien."

L'une des inquiétudes que soulève la non-intervention face à l'appréciation rapide du dollar canadien est que l'économie du Canada se compose de nombreux secteurs différents qui réagissent de façon très variée aux fluctuations des devises et des taux d'intérêt. "Si nous ne voyons dans le PIB qu'une production globale indifférenciée, alors des bulles du change ne nous sembleront pas avoir trop de conséquences pour le Canada", d'ajouter M. Shenfeld.

"Dans le contexte actuel, le frein à la croissance générale et à l'inflation pourrait être largement compensé par la décision de la Banque du Canada de garder les taux à un niveau plancher pendant une période prolongée. L'annonce faite ce mois-ci à propos des taux d'intérêt contenait un message clair : tant que le dollar canadien tardera à retrouver la cible du taux d'inflation de deux pour cent, les taux demeureront bas, ce qui donnera un coup de pouce pour redémarrer la production."

Cette stratégie pourrait bien aider le PIB à poursuivre son ascension, mais M. Shenfeld s'inquiète de la composition de cette croissance. "Dans le monde réel, la composition des extrants compte elle aussi. Le fait de loger les gens dans des maisons plus grandes parce que les taux hypothécaires sont plus bas qu'autrement génère une production économique dans l'industrie de la construction et enrichit les stocks de logements de notre économie.

"Mais si le huard est surévalué pendant quelques années, nous risquons de sacrifier les immobilisations corporelles de nos entreprises à l'autel d'une devise forte. Les usines qui ferment parce qu'elles ne sont pas rentables aux taux de change actuels vont peut-être déménager ailleurs pour toujours. Elles ne reviendront pas plus tard si, tout à coup, notre devise perd de sa valeur. Nous érodons notre assise industrielle en laissant les forces spéculatrices du marché des devises dicter dans les faits l'ensemble des conditions monétaires."

Au vu de cette situation, M. Shenfeld croit qu'il est peut-être temps pour la Banque du Canada de changer de stratégie et d'intervenir sur les marchés des devises lorsqu'elle constate une survaleur du huard. "À ceux et celles qui affirment que l'intervention ne fonctionne jamais, je rappelle que la Chine oriente le yuan tout à fait à sa guise et que, plus tôt cette année, une intervention de la Suisse a stoppé net l'appréciation du franc sur l'euro. L'intervention est un puissant outil pour ceux qui choisissent de s'en servir."

Ce qu'il ne veut pas voir, c'est un taux de change fixe "qui remettrait pour toujours notre politique des taux d'intérêt entre les mains de la Réserve fédérale (des États-Unis) et nous empêcherait de faire le moindre rajustement aux fluctuations à plus long terme des prix des produits de base."

    
    Vous pouvez consulter le rapport intégral de Marchés mondiaux CIBC à
    l'adresse :
    http://research.cibcwm.com/economic_public/download/soct09.pdf.
    

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SOURCE Marchés mondiaux CIBC

Renseignements : Renseignements: Avery Shenfeld, économiste en chef, Marchés Mondiaux CIBC, (416) 594-7356, avery.shenfeld@cibc.ca; Kevin Dove, Communications et affaires publiques, (416) 980-8835, kevin.dove@cibc.ca


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