Industrie de la construction : controverses et performance économique

MONTRÉAL, le 12 juin 2012 /CNW Telbec/ - Alors que la commission Charbonneau amorce ses travaux d'enquête sur une possible infiltration du crime organisé dans le secteur de la construction au Québec, le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal dévoile les résultats d'une recherche sur la performance économique de cette industrie. « Notre analyse révèle que ce secteur a connu un essor considérable depuis le début des années 2000, déclare Robert Gagné, directeur du Centre. En raison du contexte actuel, nous avons voulu savoir ce qui explique cette croissance. Comment justifier ce rendement ? Les travailleurs de cette industrie seraient-ils exceptionnellement productifs ? »

Plus spécifiquement, l'étude montre qu'entre 1997 et 2007, l'industrie québécoise de la construction a fait progresser de 2,69 points de pourcentage la croissance globale de la productivité du travail au Québec, qui s'établissait alors à 14,24 %. À lui seul, ce secteur a donc produit près de 19 % de cette croissance observée dans l'ensemble des entreprises québécoises au cours de cette décennie. Dans la mesure où la construction ne représente que 8 % du volume total des heures travaillées au Québec, sa contribution va bien au-delà de sa taille relative dans l'économie.

Par ailleurs, l'analyse dévoile que la performance économique de l'industrie de la construction au Québec surpasse celle de cette industrie en Ontario et dans l'ensemble du Canada. Ce rendement s'explique en partie par le fait que la productivité du travail a augmenté plus rapidement au Québec, mais aussi parce que les pressions salariales y ont été moins importantes qu'ailleurs au Canada.

Quelques hypothèses
Comme l'évolution des techniques de construction au Canada devrait être sensiblement la même d'une province à l'autre, ces résultats ont de quoi surprendre. Selon les chercheurs, il y a trois explications possibles :

  1. Les coûts de main-d'œuvre étant relativement plus élevés au Québec qu'ailleurs au Canada au début des années 2000, l'industrie québécoise de la construction s'est vue contrainte de réduire le temps de travail pour accroître son efficacité. Ce phénomène s'est traduit par une plus forte croissance de la productivité du travail au Québec. Par ailleurs, la diminution du temps de travail a réduit les pressions sur les salaires, ce qui a eu pour effet de limiter la croissance des coûts de main-d'œuvre au cours des dernières années.

  2. La progression fulgurante des investissements dans les infrastructures de transport au Québec depuis l'an 2000 peut aussi avoir entraîné une augmentation de la productivité du travail dans l'industrie de la construction. Ce changement de composition dans la nature des travaux effectués n'est cependant pas éternel et le Québec reviendra éventuellement à une composition plus traditionnelle. Cette hypothèse ne pourra cependant être vérifiée qu'à la suite d'une analyse fine de la nature des travaux de construction entrepris dans chaque province.

  3. Enfin, il est aussi possible que des coûts de main-d'œuvre plus élevés au Québec qu'ailleurs au début des années 2000 aient favorisé un recours plus grand au travail au noir. En rapportant moins d'heures travaillées pour un même volume de production, le travail au noir entraîne une surestimation de la productivité du travail et, par conséquent, une sous-estimation des coûts unitaires de main-d'œuvre. Bien que cet argument soit valable pour expliquer les différences observées dans les niveaux de productivité du travail et de coûts unitaires de la main-d'œuvre pour une année en particulier, il ne permet toutefois pas de comprendre pourquoi la croissance de ces indicateurs a été si différente entre le Québec et le reste du Canada, à moins de supposer que le travail au noir ait crû proportionnellement plus vite au Québec qu'ailleurs au Canada. Évidemment, comme il s'agit de travail au noir, cette hypothèse est pratiquement impossible à vérifier.

« En nous appuyant sur des données officielles, nous avons constaté que la performance économique de l'industrie québécoise de la construction se compare avantageusement à celle du reste du Canada, conclut Robert Gagné. Ainsi, la mauvaise réputation dont souffre cette industrie, notamment en matière de relations de travail et de coûts présumés des travaux, ne peut certainement pas s'appuyer sur les résultats d'une analyse rigoureuse des indicateurs économiques disponibles. »

Pour en savoir plus :

À propos du Centre sur la productivité et la prospérité
Créé en 2009, le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal mène une double mission. Il se consacre à la recherche sur la productivité et la prospérité en ayant comme principaux sujets d'étude le Québec et le Canada. Et il veille à faire connaître les résultats obtenus en initiant des activités de transfert, de vulgarisation et d'éducation. www.hec.ca/cpp

SOURCE HEC Montréal - Centre sur la productivité et la prospérité

Renseignements :

Source :
Liette D'Amours
Responsable des relations médias
Tél. : 514 649-2347
info.cpp@hec.ca


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