Femmes autochtones et police : les solutions de changement existent et demandent de la volonté politique

MONTRÉAL, le 18 nov. 2016 /CNW Telbec/ - Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé aujourd'hui qu'il n'y aurait aucune poursuite concernant les allégations de violences et d'abus sexuels de policiers à l'encontre de femmes autochtones. Cette décision décevante rend plus nécessaire que jamais d'écouter les femmes autochtones.

Au-delà des conclusions du DPCP concernant les 37 dossiers dont ceux de Val-d'Or, nous questionnons la réelle volonté politique du gouvernement du Québec de trouver et  de mettre en place des solutions apportant un changement profond qui assurent la sécurité des femmes autochtones dans leurs relations avec les corps de police.

Des personnes représentant des communautés et organisations autochtones (dont Femmes autochtones du Québec, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, le Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec,…) ainsi que des organismes de la société civile se sont réunies au cours de la dernière année à l'appel de Mesdames Edith Cloutier, directrice générale du Centre d'amitié de Val-d'or, et de Ellen Gabriel de la communauté de Kanehsatà:ke. À la suite des événements de Val-d'Or, l'objectif de ces rencontres était d'identifier des solutions de changement, basées sur la sécurisation culturelle pour la protection des femmes autochtones. De profonds changements sont nécessaires et doivent commencer maintenant sur la base des recommandations.

Entre temps, le gouvernement a mentionné que sa participation à la Commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées et disparues suffirait pour continuer d'enquêter sur ce grave problème des agissements de la police.

Bien que nous accueillons favorablement le fait que le gouvernement déclare sa volonté de participer à la Commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées et disparues, nous tenons à  rappeler pourtant que le gouvernement du Québec doit reconsidérer sa décision de confier sa responsabilité à la Commission pour trouver des solutions de changement systémique. « Les organisations autochtones exigent que Québec collabore avec les organisations des Premières Nations pour ouvrir une enquête sur les plaintes de mauvais traitements par la SQ envers des femmes autochtones » demande Mme Viviane Michel, présidente de Femmes Autochtones du Québec.

« Malgré les assurances de la ministre Bennett et notre accueil favorable quant à cette enquête nationale trop longtemps attendue, l'analyse des pratiques et politiques de la police n'est pas explicite dans le mandat de la Commission. Le rôle des provinces pour une participation active est formulé en termes vagues dans le mandat » déplore Karine Gentelet, présidente d'Amnistie internationale Canada francophone.  L'engagement de M. Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, de participer à cette enquête « par tous les moyens mis à disposition » ne dégage pas le gouvernement du Québec de sa responsabilité à protéger les femmes autochtones par les différents corps de police.

Après avoir identifié  des solutions de changement, nous avons sollicité une rencontre avec le Premier ministre Couillard qui a été refusée.

Par ailleurs, lors de sa rencontre tenue en mai, le Forum permanent des peuples autochtones des Nations Unies a fait mention de la situation concernant les femmes autochtones à Val-d'Or et a formulé des recommandations aux gouvernements, lesquelles s'adressent également au gouvernement du Québec.

« Le Québec aussi a des obligations internationales à respecter quant à la sécurité et au bien-être des femmes autochtones et nous attendons des gestes concrets de sa part pour démontrer qu'il s'en soucie » conclue Mme Ellen Gabriel.

Cette violence est inacceptable et requiert un engagement ferme de la part du gouvernement du Québec pour la faire cesser, et que justice et réparations soient rendues. Nous demandons expressément au gouvernement du Québec d'écouter ceux et celles qui ont des solutions de changement à proposer pour assurer la sécurité des femmes autochtones dans leurs relations avec les corps de police, et nous lui demandons de s'engager à les mettre en place.

 

SOURCE Amnistie Internationale

Renseignements : Amnistie internationale Canada francophone : Anne Sainte-Marie, Responsable des communications, 514 766-9766 poste 230, aste-marie@amnistie.ca


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