Entrée en vigueur de nouvelles restrictions : Les jeunes, les travailleurs et le public mieux protégés contre la fumée secondaire

MONTRÉAL, le 24 mai 2016 /CNW Telbec/ - À compter de minuit le 26 mai prochain, il sera interdit de fumer sur les terrasses des restaurants et bars, dans les automobiles en présence d'enfants ainsi que sur les terrains sportifs et de jeux pour enfants. Ces changements s'effectueront dans le cadre de l'entrée en vigueur de la deuxième vague de mesures découlant de la nouvelle Loi concernant la lutte contre le tabagisme, déposée par la ministre déléguée à la Santé publique madame Lucie Charlebois et adoptée à l'unanimité le 26 novembre dernier à l'Assemblée nationale.

« Ces mesures étaient attendues depuis longtemps. Les plus récentes données montrent que de nombreux Québécois étaient encore exposés à la fumée secondaire et les différents degrés de permissivité des lois existantes lançaient des messages contradictoires aux jeunes à l'égard de la dangerosité du tabagisme. Comment pouvait-on s'attendre à ce que les jeunes prennent au sérieux les mises en garde contre le tabac alors qu'il était permis de les enfumer dans les petits espaces que sont les habitacles de voitures ou qu'on permettait aux fabricants de tabac d'aromatiser leurs produits mortels à des saveurs de menthe, de fraise et de moka? » explique Flory Doucas, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.

La révision de la loi sur le tabac avait été promise par le Dr Yves Bolduc alors qu'il était à la barre du ministère de la Santé, puis par son successeur péquiste, le Dr Réjean Hébert, mais ce n'est que la ministre Charlebois qui est passée à l'action.

« Réduire le tabagisme est la meilleure façon de lutter contre le cancer. La Société canadienne du cancer l'a bien compris : aucune raison valable ne justifie de laisser des enfants, des travailleurs, des clients non-fumeurs, ou ceux qui ont courageusement arrêté de fumer, être exposés à la fumée secondaire car le tabac est à lui seul responsable du tiers des décès par cancers. Mieux protéger les enfants en ne permettant pas de fumer dans les parcs et terrains de jeux conçus spécialement pour eux et qu'on cesse de fumer sur les terrasses relève du gros bon sens, » précise Mélanie Champagne, directrice, Questions d'intérêt public de la Société canadienne du cancer - Division du Québec.

Fumée secondaire

Selon l'enquête la plus représentative de Statistique Canada sur la question, les enfants et adolescents du Québec sont considérablement plus exposés à la fumée de tabac que l'ensemble de la population. Par exemple, en 2014, le quart des jeunes Québécois âgés de 12 à 19 ans (25,2 %, ou près de 150 000) déclaraient avoir été exposés à la fumée secondaire dans les lieux publics, alors que ce taux était de 11,5 % pour l'ensemble de la population.

« Les parents et les jeunes pensent à tort que la fumée de tabac se dissipe rapidement lorsqu'on roule les fenêtres baissées; ce n'est pas le cas. Avec quelque 90 000 jeunes de 12 à 19 ans exposés presque quotidiennement à la fumée de tabac en voiture, il était grand temps que le législateur intervienne. Le Québec était la seule province n'ayant pas encore adopté une telle mesure, » plaide Dominique Massie, directrice générale de l'Association pulmonaire du Québec.

« L'interdiction de fumer sur les terrasses était l'une des mesures qui avait fait beaucoup jaser, mais les études scientifiques ont clairement démontré que la fumée secondaire peut avoir des effets néfastes sur la santé, même à l'extérieur puisqu'elle ne se dissipe pas toujours aussi rapidement qu'on le pense, » dit Claire Harvey, porte-parole du Conseil québécois sur le tabac et la santé. « Depuis qu'il est interdit de fumer à l'intérieur des restaurants et des bars en 2006, ce sont les serveurs et la clientèle des terrasses qui ont hérité des contaminants cancérigènes émanant des cigarettes, » ajoute-t-elle.

Cinq provinces (Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Alberta, Ontario, Nouveau-Brunswick) interdisent déjà de fumer sur ces terrasses, ainsi que de nombreuses grandes villes canadiennes et, ce, depuis plusieurs années. Aucune conséquence économique n'a été rapportée par des sources officielles ou crédibles dans ces juridictions suite à la mise en œuvre de cette politique.

« Il est évident qu'on gagne sur le plan de la santé des générations futures en élargissant l'interdiction d'utiliser des produits de tabac dans les cours d'école aux autres endroits extérieurs où les jeunes se regroupent pour pratiquer le sport comme les skate parks, les patinoires, les piscines et autres terrains sportifs, » se réjouit Stéphane Boudreau, directeur du développement des affaires, du marketing et des communications du Réseau du sport étudiant du Québec.

Selon Francine Forget Marin, directrice, Affaires santé et recherche à la Fondation des maladies du cœur et de l'AVC, Québec, « l'arrivée des nouvelles dispositions réduira l'exposition à la fumée de tabac, ce qui aura non seulement des répercussions positives et directes sur la santé cardiaque, mais diminuera aussi la normalisation du tabagisme grâce à une diminution de l'exposition à des fumeurs ou vapoteurs dans un lieu où les gens socialisent. »

Interdiction du tabac aromatisé

Rappelons que selon l'Institut de la statistique du Québec, l'âge moyen d'initiation au tabagisme est de 13,3 ans et que selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, les progrès contre le tabagisme chez les jeunes étaient au ralenti ces dernières années, voire même en stagnation. En fait, le taux de tabagisme était demeuré globalement inchangé entre 2005 et 2012, ce qui veut dire que durant cette période, l'industrie du tabac a pu recruter un nouveau fumeur pour chaque fumeur qui a arrêté ou qui est décédé.

Quelque 250 jeunes commencent à fumer toutes les semaines, et le tabac aromatisé joue un rôle déterminant dans l'initiation au tabagisme. Près de 60 % des élèves fumeurs de la 3e à la 5e année du secondaire ont déjà consommé un produit du tabac aromatisé et la moitié des jeunes qui fument régulièrement la cigarette en consomment la version mentholée, soit la saveur la plus populaire auprès de cette tranche d'âge.

« Ces mesures, dont la fin de l'ajout d'arômes aux produits du tabac, font l'objet d'un grand consensus social. Rappelons qu'en général, même les fumeurs ne souhaitent pas voir leurs propres enfants devenir accros au tabac, et avec raison, » conclut Mme Doucas.

Pour la liste des dispositions de la nouvelle loi sur le tabac et leur date d'entrée en vigueur, voir:
http://www.msss.gouv.qc.ca/documentation/loi-tabac/#principales-modifications
Pour le communiqué au complet, incluant références, voir:
http://www.cqct.qc.ca/Communiques_docs/2016/PRSS_16_05_24_EntreeEnVigueur26mai_PL44.pdf

 

SOURCE Coalition québécoise pour le contrôle du tabac

Renseignements : Entrevues : Flory Doucas, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, 514 515-6780; André Beaulieu, Société canadienne du cancer - Division du Québec, 514-255-5151; Dominique Massie, Association pulmonaire du Québec, 514 975-5382; Claire Harvey, Conseil québécois sur le tabac et la santé, 514 948-5317; Francine Forget Marin, Fondation des maladies du cœur et de l'AVC, 514 871-8038, poste 291; Stéphane Boudreau, Réseau du sport étudiant du Québec, 514-746-5815


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