Éliminer le seul palier démocratique paritaire : le Québec ira-t-il contre-courant ?

QUÉBEC, le 15 oct. 2015 /CNW Telbec/ - Pendant que 125 pays de la planète se donnent des mesures pour soutenir l'accès des femmes aux postes de pouvoir, au Québec, on veut éliminer le seul palier démocratique qui a atteint la parité.

Au fil de deux décennies, Élaine Hémond a accompagné plus de 1000 femmes attirées par l'engagement démocratique. « Un fort pourcentage de ces battantes est issu des commissions scolaires», précise celle qui a fondé le Groupe Femmes, Politique et Démocratie et qui œuvre maintenant comme  consultante au Québec et à l'international. « Et ce n'est pas les élues provinciales et municipales qui me contrediront, ajoute celle qui connait leur parcours. Personne ne peut nier que ce milieu est une pépinière de vocations démocratiques ! »

À 69 ans, après tant d'années d'efforts, Élaine Hémond se désole : «  Voilà qu'au Québec,  c'est  sans état d'âme que l'on envisage de détruire une pépinière-clé de candidates et d'élues. Et ce projet est d'autant plus inquiétant qu'à tous les paliers électifs, on avance à pas de tortue, on stagne ou on recule.  »

Ainsi, le pourcentage de femmes députées à l'Assemblée nationale est passé de près de 33 % en 2012 à 27 % en 2015.  Au niveau municipal, bien que plusieurs grandes villes soient proches de la parité, dans l'ensemble des municipalités du Québec, les avancées sont minimes à chaque élection. Quant au fédéral on y dépasse à peine les 20 % et, dans le palmarès de l'Union interparlementaire, le Canada se situe au 50e rang, derrière la Tunisie, l'Irak, la France et le Royaume-Uni. Pas de quoi pavoiser, dit celle qui, à l'international, regrette  de ne plus pouvoir présenter le Québec avec autant de fierté.

En 2015, partout, on reconnait que le partage équitable du pouvoir entre les femmes et les hommes est la clé de voute de l'égalité. Tant que cette clé de voute n'aura pas scellé la construction élaborée au Québec depuis 60 ans, l'égalité des sexes restera fragile. À cet effet, le Conseil du Statut de la femme déposait la semaine dernière un Avis réclamant, entre autres, que la Loi électorale soit modifiée pour y inscrire le concept de «zone paritaire » comme fondement démocratique et électoral. Cette zone paritaire (40-60% pour chacun des sexes) est atteinte dans les commissions scolaires qui comptent 51 % de femmes commissaires. Au niveau des présidences, elle s'en approche avec 38 % des femmes présidentes.

L'objectif que je poursuis en militant pour la mixité égalitaire aux instances décisionnelles, c'est, bien sûr, la représentativité de cette moitié de la population que sont les femmes. Mais au-delà de la vision miroir qui s'attache aux chiffres, ma mission est surtout d'assurer l'influence égalitaire des femmes dans toutes les décisions qui dictent le quotidien et l'avenir de notre société.

Les femmes qui se présentent aux élections scolaires l'ont bien compris. Comme leurs confrères, non seulement briguent-elles ce poste pour y amener la voix de la population et leurs idées, mais aussi pour améliorer le système scolaire. En plus d'être un palier sociopolitique incontournable, la Commission scolaire s'avère donc un bassin de candidates et d'élues pour les autres ordres de gouvernement.

Élaine Hémond conclut : « Abolissez les élections scolaires et vous amputez d'un outil important la démocratie inclusive que nous souhaitons tous ! »

 

SOURCE Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ)

Renseignements : Élaine Hémond, Consultante et formatrice, Genre et Gouvernance, (418) 523-8829, eh@ehemond.ca, http://www.ehemond.ca/


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