Des employés municipaux soulignent la « mort » du ministère du Travail

MONTRÉAL, le 11 oct. 2016 /CNW Telbec/ - C'est avec un corbillard et des croix blanches que les employés municipaux et du transport terrestre ont enterré symboliquement, ce matin, le ministère du Travail, dans le nord de Montréal.

Cette manifestation originale avait pour but de dénoncer l'absence du ministère du Travail lors de l'étude du projet de loi 110, Loi concernant le régime de négociation des conventions collectives et de règlement des différends dans le secteur municipal, alors que ce projet de loi, s'il est appliqué sans changements majeurs, va modifier tout un pan du Code du travail du Québec.

Selon les représentants des différents syndicats qui ont défilé, c'est la première fois depuis 111 ans, que ce ministère n'a plus sa raison d'être. Le gouvernement libéral l'a vidé de sa substance et l'a délaissé au profit du ministère des Affaires municipales, le ministère des maires.

Les syndicats municipaux, Le SCFP-Québec accompagné de différents syndicats municipaux, dénoncent, encore une fois, le manque de transparence et la politisation des relations de travail.

« Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, répond à une demande des maires Coderre et Labaume et l'Union des municipalités du Québec (UMQ). On n'avait pas vu cette façon de faire au Québec depuis des décennies. Ça nous ramène à l'époque du régime Duplessis quand les droits fondamentaux des travailleurs étaient bafoués, ce qui avait conduit à des conflits majeurs », a affirmé Denis Bolduc, président du SCFP-Québec.

C'est à la demande de quelques maires et sur une interprétation biaisée d'une étude de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) qui prouverait qu'il existe un déséquilibre du rapport de force à la faveur des syndicats et ce déséquilibre engendrerait un écart de près de 40 % de la rémunération en comparaison avec les employés de l'administration publique québécoise.

Le gouvernement et l'UMQ omettent cependant de dire que la conclusion de l'étude de l'ISQ n'est pas que les employés municipaux gagnent trop, mais que les employés de l'administration publique québécoise sont en retard par rapport aux autres employés syndiqués du Québec.

D'ailleurs, le SCFP-Québec avait déjà fait la preuve lors des audiences publiques sur le projet de loi au mois de mai dernier que les employés municipaux étaient dans la médiane des salaires avec les autres groupes comparés. Le SCFP-Québec reprenait également les données du ministère du Travail, qui démontrent qu'au cours des 10 dernières années, 96,63 % des conventions collectives du secteur municipal se sont réglées par la libre négociation et sans conflits.

Pour les sociétés de transport en commun qu'on vient d'assujettir au projet de loi, il n'y a eu aucun arrêt de travail depuis 2011 et aucune journée non travaillée sur 32 conventions collectives négociées.

Le SCFP-Québec affirme que le projet de loi 110, s'il devait être adopté sans d'importantes modifications, pavera la voie à une longue période de conflits dans le monde municipal au cours des prochaines années.

Comptant plus de 110 000 membres au Québec, le SCFP représente environ 70 % de l'ensemble des employés municipaux au Québec, soit 31 600 membres. Le SCFP est de plus présent dans les secteurs suivants : les affaires sociales, les communications, l'éducation, les universités, l'énergie, les sociétés d'État et organismes publics, les transports aérien et urbain, ainsi que le secteur mixte.

 

SOURCE Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ)

Renseignements : Ronald Boisrond, Service des communications du SCFP, 514 802-2802


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