Dépôt gouvernemental - Secteur Éducation - Réaction FAE - Les offres du
gouvernement en éducation: une négociation "à la va-vite" qui n'aborde pas
les problèmes de fond en éducation

MONTRÉAL, le 9 déc. /CNW Telbec/ - La Fédération autonome de l'enseignement dénonce vigoureusement l'attitude gouvernementale qui, par le libellé de son dépôt patronal, démontre une arrogance à l'égard des enseignantes et enseignants.

Le dépôt patronal ne répond aucunement aux problématiques de fond de l'école québécoise et n'apporte aucune solution tangible aux difficultés rencontrées dans le secteur de l'éducation. La FAE espérait que le Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones (CPNCF), mandaté par le gouvernement pour négocier le renouvellement des ententes nationales du personnel enseignant, puisse apporter des réponses aux demandes qu'elle a formulées et qui ont le mérite de s'appuyer sur l'expertise de ses membres. Au lieu de cela, le gouvernement exprime des énoncés de principe qui font fi de la réalité quotidienne des enseignantes et enseignants. Sous prétexte d'accroître la persévérance et la réussite scolaires de tous les élèves, jeunes et adultes, la partie patronale invoque l'importance d'obtenir une plus grande adaptabilité et plus de souplesse dans l'organisation du travail et s'attaque une fois de plus à des droits reconnus dans les conventions collectives.

"Les profs ne se sentent pas soutenus, mais attaqués. Les solutions patronales laissent sous-entendre que les profs sont une cause du décrochage et les mesures mises de l'avant visent les profs en alourdissant la tâche et ratent complètement la cible. À en croire la partie patronale, l'existence même des conventions collectives est un frein à la réussite des élèves, alors qu'on sait pertinemment que ce sont ces conventions collectives qui encadrent le nombre d'élèves par classe et les services aux élèves en difficulté, mesures essentielles à la réussite scolaire. S'il n'y avait pas des règles sur les ratios dans les conventions collectives, les classes seraient encore plus bondées, comme c'est le cas à l'éducation des adultes", de déclarer le président de la FAE, Pierre St-Germain.

La FAE estime très important qu'on puisse mettre en place des conditions favorisant cette réussite scolaire et a formulé de nombreuses propositions réalistes pour y parvenir. La FAE déplore qu'il n'y ait aucune proposition pour assurer le plein exercice de l'autonomie professionnelle. Sur la reconnaissance du travail des enseignantes et enseignants, sur le nombre d'élèves par classe, sur les correctifs à apporter pour encadrer plus efficacement l'intégration des élèves en difficulté et pour obtenir rapidement tout le soutien professionnel auquel ils sont en droit de s'attendre, le document patronal ne propose aucune mesure précise.

"On saisit toute la portée du cadre financier d'augmentation de 7 % sur cinq ans, présenté la semaine dernière par la présidente du Conseil du trésor, madame Monique Gagnon-Tremblay, qui inclut l'ensemble des coûts de main-d'œuvre et ne précise pas la manière d'affecter cet argent. En fait, cela signifie que le gouvernement n'a rien à offrir pour permettre à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, de réaliser les engagements qu'elle a pris pour résoudre certaines difficultés dans le secteur de l'éducation, notamment sur la baisse des ratios. C'est comme si on ne disposait d'aucune somme additionnelle pour résoudre les problèmes réels auxquels est confrontée l'école québécoise. C'est franchement blessant pour les élèves et pour les profs", de poursuivre le président de la FAE, Pierre St-Germain.

Dans son dépôt, la partie patronale mentionne le besoin de stabilité du personnel enseignant comme un élément clé du développement de l'élève et un facteur de réussite scolaire et souhaite revoir l'attribution du travail des nouveaux enseignants. Une manière très claire de s'attaquer encore une fois aux dispositions des conventions collectives sans vouloir s'en prendre au nœud du problème, les mesures d'insertion professionnelle.

"Il n'y a pas de volonté ministérielle d'intégrer efficacement les nouvelles enseignantes et les nouveaux enseignants. On ne retrouve aucun élément d'insertion professionnelle par les commissions scolaires, le mentorat n'est pas soutenu, et il y a absence de soutien de la part des directions d'établissement qui sont devenues des gestionnaires de mesures administratives et financières et qui se préoccupent davantage d'évaluer les jeunes profs que de les aider sur les problèmes qu'ils rencontrent dans l'apprentissage de leur nouveau métier. Si on cherche davantage de stabilité, ne devrait-on pas chercher à réduire la précarité et donner des conditions de travail favorisant la rétention du personnel? Si on cherche à atteindre une plus grande stabilité du personnel enseignant, ne faudrait-il pas se pencher sérieusement sur les causes de la détresse des profs, les jeunes en particulier, qui forcent grand nombre d'entre eux à abandonner la profession? Si on souhaite parler de stabilité, de persévérance scolaire et de qualité d'enseignement, qu'on abandonne cette réforme scolaire qui est un échec lamentable. Il faudra bien un jour le reconnaître avant d'essayer de nous imposer encore une tâche plus contraignante, une charge de travail plus lourde et d'affaiblir constamment la qualité de l'éducation. Ce n'est pas au personnel enseignant de porter l'odieux d'une réforme qui ne mène nulle part. On a le droit aujourd'hui d'exprimer notre colère pour le peu d'intérêt à l'égard du travail des profs et de leur expertise que traduit ce dépôt patronal. Rien, le vide. Un grand trou noir pour l'éducation, mais l'abîme pour les profs", de conclure le président de la FAE, Pierre St-Germain.

La Fédération autonome de l'enseignement ne perçoit pas le 31 mars 2010 comme une date butoir et n'adhère pas à l'objectif de compléter, coûte que coûte, le processus à cette date. Le gouvernement vise à régler des problèmes administratifs et non à soutenir les profs dans leur travail. Le gouvernement privilégie une approche comptable très loin d'une vision de développement de l'éducation. Devant la menace que représente ce dépôt patronal, la FAE est déterminée à défendre avec vigueur les conditions d'exercice de l'enseignement et le droit des élèves à des services éducatifs de qualité.

La FAE regroupe neuf syndicats de l'enseignement qui représentent quelque 30 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes ainsi que le personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre académique Fournier.

SOURCE Fédération autonome de l'enseignement (FAE)

Renseignements : Renseignements: Armand Dubois, conseiller aux communications, (514) 666-7763, poste 296 (bureau), (514) 910-1754 (cellulaire); Source: Fédération autonome de l'enseignement


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