De nombreux Canadiens demeurent aveugles devant les aptitudes et les compétences des chercheurs d'emploi vivant avec une perte de vision

7 Canadiens sur 10 choisiraient un candidat voyant plutôt qu'un candidat aveugle. La campagne Employabilité d'INCA invite les employeurs à voir au-delà de leurs préjugés.

TORONTO, le 3 oct. 2016 /CNW/ - Pour marquer le Mois national de la sensibilisation à l'emploi des personnes handicapées, INCA lance la campagne Employabilité et invite les employeurs canadiens à voir au-delà de leurs préjugés et à embaucher des personnes aveugles ou ayant une vision partielle.  

La perte de vision ne fait pas de discrimination. Elle peut survenir à tout âge et avoir des conséquences néfastes importantes sur l'employabilité d'un individu. Le Canada compte actuellement un demi-million de personnes aveugles ou ayant une vision partielle, et ce nombre croît sans cesse. Ces personnes représentent un important segment de la population et, parmi celles-ci, on compte plus de 100 000 adultes aptes à travailler. Or le taux d'emploi des Canadiens vivant avec une perte de vision est remarquablement bas, soit 38 % contre 73 % dans le cas des personnes non handicapées. De surcroît, près de la moitié des Canadiens aveugles ou ayant une vision partielle ont un faible revenu, soit un salaire annuel de 20 000 $ ou moins.

Une nouvelle étude Ipsos révèle, qu'à compétences égales, 70 % des Canadiens embaucheraient un candidat voyant plutôt qu'un candidat aveugle. Cette iniquité résulte des préjugés et des mythes fort répandus entourant les habiletés des personnes aveugles. Les barrières à l'emploi sont dues au manque d'expériences de travail avec un collègue vivant avec une perte de vision de même qu'au manque d'information entourant la façon dont une personne aveugle ou ayant vision partielle exerce ses activités professionnelles.

De nos jours, travailler avec un collègue aveugle ou ayant vision partielle c'est comme travailler avec n'importe quelle autre personne, et les personnes vivant avec une perte de vision mènent de brillantes carrières dans des domaines comme les sciences, le droit et les technologies

« Les progrès réalisés en matière de technologies, d'applications et de réadaptation permettent aux personnes aveugles ou ayant une vision partielle, comme moi, de faire leur travail d'une manière quelque peu différente de leurs collègues, mais tout aussi efficacement », déclare Diane Bergeron, directrice générale du Service des relations stratégiques et de la mobilisation à INCA. « Il est temps pour les employeurs de reconnaître que nous sommes tout aussi talentueux et compétents que nos collègues voyants. »

La campagne Employabilité d'INCA offre une série de messages d'intérêt public qui bousculent les préjugés et les idées préconçues concernant la vie au travail en compagnie d'un collègue vivant avec une perte de vision. Ces messages, réalisés grâce au financement du gouvernement du Canada, mettent en vedette des personnes aveugles, et non des comédiens. Il s'agit de David Demers, qui a perdu la vue juste avant de franchir le cap de la trentaine et qui, à 35 ans, est directeur du développement des affaires et des relations publiques chez eSight, et de Marilyn Gélinas, qui a été infirmière pendant neuf ans avant de perdre son emploi en raison de sa déficience visuelle. Ils sont les vedettes des messages télévisuels diffusés en français.

« Nous devons tous relever des défis au travail, mais certains employeurs présument à tort que les personnes vivant avec une perte de vision ont plus de problèmes en ce sens que les personnes voyantes », raconte Dean Lee, premier directeur de la création chez DDB Canada Vancouver, agence ayant réalisé ces messages d'intérêt public. « Les messages d'intérêt public habiles et efficaces que nous avons produits illustrent des situations courantes en milieu de travail et s'attaquent aux idées préconçues qu'INCA désire éliminer. »

Pour visionner les messages d'intérêt public, visitez : inca.ca/Employabilité

Tentez d'imaginer comment vous feriez votre travail si vous perdiez la vue? Les préjugés entourant les habiletés des personnes vivant avec une perte de vision sont peut-être attribuables au manque d'expériences de travail avec un employé ou un collègue aveugle. En effet, 8 Canadiens sur 10 n'ont jamais travaillé avec une personne aveugle ou ayant une vision partielle et 2 Canadiens sur 3 disent ne pas connaître de personnes vivant avec une perte de vision. Il est important de noter que les personnes ayant déjà travaillé avec une personne aveugle ou ayant vision partielle ont un point de vue beaucoup plus positif : leur réponse fait un bon de dix points en ce qui concerne leur prédisposition à embaucher un candidat aveugle plutôt qu'un candidat voyant.

Les Canadiens ont encore des préjugés désuets quant au type de travail qu'une personne vivant avec une perte de vision peut réaliser. Ainsi, dans l'étude Ipsos, lorsqu'on demande aux Canadiens quels sont les principaux emplois que les personnes aveugles ou ayant une vision partielle peuvent exercer tout aussi bien qu'une personne qui voit, les répondants citent des emplois plus traditionnels comme massothérapeute et accordeur de piano. La majorité d'entre eux ne croit pas qu'une personne vivant avec une perte de vision puisse réussir dans des secteurs d'activité comme les sciences, le génie ou la machinerie aussi bien qu'une personne ayant une bonne vision. Il est par ailleurs surprenant de noter que la génération du millénaire est de loin la moins positive en ce qui concerne les aptitudes des personnes aveugles ou ayant une vision partielle à exercer de telles fonctions.

Nous vous invitons à visiter inca.ca/Employabilité pour obtenir de plus amples renseignements sur l'embauche d'une personne aveugle.

À propos d'INCA
INCA est un organisme de bienfaisance enregistré qui offre avec passion un soutien communautaire, des renseignements et une représentation nationale aux Canadiens aveugles ou ayant une vision partielle pour s'assurer qu'ils ont la confiance, les compétences et les possibilités qui leur permettent de se réaliser pleinement dans la société. Pour plus de renseignements, visitez inca.ca.

Porte-paroles de la campagne Employabilité disponibles pour des entrevues

  • Sarah Rouleau,
    consultante en communication et philanthropie à INCA

  • Marie-Douce Fugère,
    avocate à la direction des affaires juridiques de la Société d'assurance automobile du Québec

  • Maître Marie-Gisèle Gauthier, employeur de Marie-Douce
    directrice des affaires juridiques de la Société de l'assurance automobile du Québec

  • James Bergeron,
    ingénieur à la retraite ayant travaillé 16 ans chez Air Canada

  • Nathalia Di Battista, ex-employeur de James,
    chef de service ingénierie cabine chez Air Canada

  • David Demers, protagoniste du message d'intérêt public
    directeur du développement des affaires et des relations publiques chez eSight

  • Marilyn Gélinas, protagoniste du message d'intérêt public,
    ancienne infirmière ayant perdu son emploi à la suite d'un diagnostic de perte de vision

Campagne Employabilité d'INCA
Fiche de renseignements

  • Les Canadiens aveugles ou ayant vision partielle aptes à travailler constituent un important segment de la population, soit plus de 100 000 personnes. Ils font toutefois face à de nombreux préjugés lorsqu'ils recherchent un emploi rémunérateur.
  • De nos jours, grâce aux services de réadaptation en déficience visuelle, les personnes aveugles peuvent mener une vie active et enrichissante en toute autonomie. Cependant, selon une récente enquête Ipsos menée pour le compte d'INCA:
      • 18 % des Canadiens croient à tort qu'un employé aveugle a besoin d'un guide pour l'aider à se déplacer au travail.
      • Un Canadien sur trois ne sait pas comment interagir de façon convenable avec une personne vivant avec une perte de vision au travail
      • Trois Canadiens sur dix ne savent pas si une personne aveugle a besoin qu'un collègue qui voit lui lise les documents dont elle a besoin pour travailler (ce qui est faux si ces documents lui sont fournis dans le média approprié, c'est-à-dire sur support électronique ou en gros caractères).
  • Selon l'Enquête canadienne sur l'incapacité menée par Statistique Canada :
      • 55 % des personnes ayant une déficience visuelle croient que les employeurs les considèrent comme des personnes désavantagées;
      • 10 % à 14 % croient qu'on leur a refusé une entrevue, un emploi ou une promotion en raison de leur déficience.
  • La majorité des Canadiens ne comprennent pas bien ce que sont les mesures d'adaptation en milieu de travail (éléments essentiels à l'égalité des conditions de concurrence et du rendement professionnel de nombreuses personnes vivant avec une perte de vision). Seulement un Canadien sur trois croit connaître le type de mesures d'adaptation que requiert une personne aveugle ou ayant une vision partielle. Ces mesures sont simples et faciles à mettre en place. Elles varient d'une personne à une autre en fonction du type de perte de vision de l'individu. Il s'agit habituellement de logiciels, de loupes, etc.
  • Même s'il est relativement facile de rendre un lieu de travail accessible à une personne vivant avec une perte de vision, l'absence de mesures d'adaptation constitue le principal obstacle cité par les personnes aveugles ou ayant vision partielle qui ont un emploi. Selon l'Enquête canadienne sur l'incapacité menée par Statistique Canada, 58 % des personnes ayant une déficience visuelle indiquent qu'on répond à tous leurs besoins, 28 %, qu'on répond à certains de leurs besoins et 19 %, qu'on ne répond à aucun de leurs besoins.
  • Les Canadiens semblent avoir certaines réserves lorsqu'il s'agit de travailler avec un collègue aveugle ou ayant vision partielle et être mal informés relativement à d'importants concepts.
    • Deux Canadiens sur trois conviennent que de travailler avec une personne aveugle ou ayant une vision partielle susciterait chez eux certaines préoccupations quant à la sécurité de cette personne dans le lieu de travail.
    • Un Canadien sur trois affirme ne pas savoir comment interagir convenablement avec une personne aveugle ou ayant vision partielle en milieu de travail.
    • Six Canadiens sur dix ne savent pas où obtenir des renseignements sur la façon de rendre leur lieu de travail mieux adapté aux besoins des personnes aveugles ou ayant vision partielle.
    • Malgré le fait que la moitié des Canadiens savent qu'une personne aveugle n'a pas besoin qu'un collègue lui lise les documents requis pour travailler, 22 % des Canadiens croient que cela est le cas et trois Canadiens sur dix ne savent pas si cela est vrai ou non.

Sources

1. Sondage Ipsos sur la perte de vision et l'emploi, pour le compte d'INCA, 2016
2. Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité 201, http://www.statcan.gc.ca/pub/89-654-x/89-654-x2016001-fra.htm
3. Le coût de la perte de vision, INCA, révisé en 2012

SOURCE INCA

Bas de vignette : "La campagne Employabilité (Groupe CNW/INCA)". Lien URL de l'image : http://photos.newswire.ca/images/download/20161003_C5760_PHOTO_FR_786465.jpg

Renseignements : Pour obtenir de plus amples renseignements, des photos ou des images additionnelles ou pour organiser une entrevue, veuillez contacter : Sarah Rouleau, Communications et philanthropie, INCA, 3044, rue Delisle, Montréal (Québec) H4C 1M9, Sarah.Rouleau@inca.ca, 514 934-4622, poste 233

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