Conclusions de l'enquête de la CNESST - Accident mortel sous l'estacade du pont Champlain : un contremaître tombe à l'eau en tentant de débloquer un palan

MONTRÉAL, le 10 août 2016 /CNW Telbec/ - Le 15 septembre 2015, Dany Cléroux, contremaître au service de l'entreprise Groupe TNT inc., perdait la vie dans un accident du travail survenu sous l'estacade du pont Champlain, à Montréal. À la suite de son enquête, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) retient comme principale cause une chute libre dans l'eau découlant d'une tentative de déblocage d'un des quatre palans soulevant la plateforme de travail sur laquelle le contremaître se tenait.

Depuis 5 ans, au Québec, 45 travailleurs ont perdu la vie des suites d'une chute de hauteur. Seulement dans la région de Montréal, six décès de ce type sont survenus au cours de la même période.

La plateforme se renverse et le travailleur tombe dans le fleuve

Le chantier de l'estacade du pont Champlain était situé entre l'île des Sœurs et la digue nord de la voie maritime du Saint-Laurent. Le projet consistait à renforcer le tablier de l'infrastructure routière et à aménager une piste cyclable. Le jour de l'accident, le contremaître et cinq travailleurs s'affairaient à enlever des plateformes de travail utilisées sous l'estacade du pont Champlain. Un peu avant midi, le contremaître et un travailleur se tenaient sur une plateforme et y installaient des palans, utilisés pour descendre la structure, aux quatre coins. Les quatre autres travailleurs se trouvaient sur une barge sous la plateforme afin de manœuvrer les palans.

Alors que l'installation était presque terminée, le travailleur a détaché le lien de sécurité de son harnais et a quitté la plateforme pour se rendre sur le tablier de l'estacade. Le contremaître a finalisé l'installation du quatrième et dernier palan, a détaché à son tour le lien de sécurité de son harnais et a lui aussi quitté la plateforme. Lors des manœuvres de descente de la plateforme, la chaîne d'entraînement d'un des palans s'est bloquée. Un travailleur a tenté de la débloquer en tirant dessus depuis la barge. Après quelques essais infructueux, le contremaître est retourné sur la plateforme pour y effectuer des manœuvres. Soudainement, la chaîne de levage s'est déroulée et la plateforme s'est renversée. Le contremaître est alors tombé dans l'eau et s'est noyé.

Deux causes expliquent l'accident

L'enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l'accident.

D'une part, le contremaître a fait une chute libre dans l'eau à la suite d'une tentative de déblocage d'un des quatre palans soulevant la plateforme sur laquelle il se tenait. Au moment où la plateforme s'est renversée, le harnais de sécurité du contremaître n'était relié à aucun point d'ancrage.

D'autre part, la méthode utilisée pour enlever la plateforme était non sécuritaire. Un travailleur et le contremaître se trouvaient sur une plateforme soutenue par des appareils de levage (palans) qui ne sont pas conçus pour soulever ou supporter des individus. De plus, la charge était soulevée de manière inadéquate puisqu'elle se trouvait au-dessus des travailleurs opérant les palans.

La CNESST exige des méthodes sécuritaires de travail pour l'installation et le démontage des plateformes

À la suite de l'accident, la CNESST a suspendu les travaux de démontage de la plateforme de travail impliquée dans l'accident, ainsi que tous les travaux de démontage et d'installation des plateformes de travail sous le tablier de l'estacade du pont Champlain, entre l'île des Sœurs et la digue nord de la voie maritime du Saint-Laurent. Elle a par ailleurs exigé que l'employeur, Groupe TNT inc., instaure une méthode de travail sécuritaire pour l'installation et le démontage des plateformes, notamment celle impliquée dans l'accident. L'employeur s'est conformé à cette exigence.

Comment éviter un tel accident

La CNESST rappelle qu'en hauteur, il faut utiliser des moyens de protection pour ne pas tomber. Pour en savoir plus sur la prévention des accidents liés au secteur de la construction : http://www.csst.qc.ca/prevention/secteur/construction/Pages/dangerconstruction.aspx.

Rappelons qu'en vertu de la loi, tout employeur a l'obligation de s'assurer que l'organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l'accomplir sont sécuritaires. L'employeur et les travailleurs doivent faire équipe pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l'enquête

Pour éviter qu'un tel accident se reproduise, la CNESST transmettra les résultats de son enquête à l'Association de la construction du Québec, à l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, à l'Association québécoise des entrepreneurs en infrastructure, à l'Association patronale des entreprises en construction du Québec, à l'Association des entrepreneurs en construction du Québec ainsi qu'à l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec.

Pour en savoir plus

Rapport d'enquête : http://www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/ed004101.pdf

Photo (libre de droits) : cnesst.gouv.qc.ca/salle-de-presse/communiques/PublishingImages/pont-champlain.JPG

Animation 3D (libre de droits) : http://www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/ad004101.wmv

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La CNESST est issue du regroupement, le 1er janvier 2016, de la Commission des normes du travail (CNT), de la Commission de l'équité salariale (CES) et de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). La CNESST offre aux employeurs et aux travailleurs une porte d'entrée unique et une expertise intégrée en matière de normes, d'équité salariale et de santé et sécurité du travail au bénéfice des employeurs et des travailleurs. Sa structure de gouvernance est paritaire.

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Source :

Julie Robitaille, responsable des communications
CNESST - Direction régionale de Montréal-1
Téléphone : 514 906-3176

 

SOURCE Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail

Renseignements : Julie Robitaille, responsable des communications, CNESST - Direction régionale de Montréal-1, Téléphone : 514 906-3176


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