Code du travail - Le Conseil du patronat invite le premier ministre du Québec
à privilégier la prospérité

MONTRÉAL, le 16 août /CNW Telbec/ - À la suite de la proposition faite samedi dernier par la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec d'élargir la notion de "briseur de grève" aux individus travaillant à l'extérieur d'un établissement physique lors d'une grève ou d'un lock-out, le Conseil du patronat du Québec a fait parvenir aujourd'hui la lettre suivante au Premier Ministre du Québec, M. Jean Charest :

    
    "Monsieur le Premier Ministre,

    Le Conseil du patronat du Québec accueille avec incrédulité et
    incompréhension la proposition présentée cette fin de semaine par la
    Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, visant à réformer le Code
    du travail en étendant la notion de "briseur de grève" aux travailleurs
    travaillant à l'extérieur d'un établissement physique lors d'une grève ou
    d'un lock-out.

    Alors que, comme vous l'avez exprimé lors du dernier 'redéploiement'
    ministériel, la préoccupation de votre gouvernement et celle de la
    population québécoise devraient être prioritairement de s'occuper de
    l'économie, il nous apparaît tout à fait contradictoire à la poursuite et
    à l'atteinte de cet objectif primordial de considérer tout renforcement
    du Code du travail du Québec.

    Ce code du travail - qui est déjà le plus sévère et le plus restrictif au
    Canada et en Amérique du Nord - est sans doute un des éléments qui
    contribuent au fait que le Québec continue, année après année, à traîner
    la patte sur le plan de la prospérité économique par rapport à tous ses
    concurrents.

    Rendre encore plus contraignant le Code du travail constituerait une
    attaque en règle contre la compétitivité de notre économie. Dans un
    contexte de concurrence mondiale, cela équivaudrait à inviter les
    entrepreneurs à investir ailleurs que chez nous; c'est nous procurer un
    billet de première classe pour la médiocrité économique.

    Je note par ailleurs que les dispositions actuelles relatives à la notion
    de 'briseur de grève', que la Commission-Jeunesse du Parti libéral du
    Québec propose de renforcer, créent déjà un déséquilibre très favorable à
    la partie syndicale dans les relations du travail au Québec, dans un
    contexte où les principes d'équité et de justice pour toutes les parties
    devraient prévaloir avant tout. La notion de 'briseur de grève' brime en
    effet le droit d'un employeur de poursuivre ses activités lors d'un
    conflit de travail, alors qu'aucune contrainte n'empêche un syndicat de
    se prévaloir de son droit légitime de déclencher une grève si les
    négociations avec l'employeur achoppent, ou à ses syndiqués de travailler
    ailleurs et d'obtenir un revenu pendant une période de grève ou de lock-
    out avec le droit prioritaire de recouvrer leur emploi suite au conflit.

    Si, pour une raison ou pour une autre, vous décidiez tout de même de
    revoir le Code du travail, les employeurs estiment que vous devriez
    reconsidérer certaines dispositions qui, selon nous, nuisent
    manifestement à l'économie du Québec. C'est le cas, par exemple,
    de l'absence au Québec de l'obligation de tenir un vote secret pour
    l'obtention d'une accréditation syndicale alors que cette obligation
    existe dans toutes les provinces canadiennes comparables. Nous pensons
    aussi qu'il faudrait revoir l'obligation d'être membre du syndicat pour
    participer à un vote de grève au sein d'une entreprise, disposition que
    l'on retrouve seulement ici et qui, dans certains cas, peut conduire à
    des aberrations comme le fait qu'une minorité décide pour la majorité des
    travailleurs touchés.

    En fait, plutôt qu'élargir la notion 'de briseur de grève', il faudrait,
    au contraire, revoir la pertinence d'interdire le recours à des
    travailleurs de remplacement lors d'une grève ou d'un lock-out,
    disposition qui n'existe qu'au Québec et en Colombie-Britannique.
    Rappelons ici que cette disposition a été introduite à l'époque pour
    prévenir la violence sur les lignes de piquetage, menace qui n'est plus
    pertinente dans le climat social actuel et qui, doit-on le préciser,
    touche encore moins le cas des travailleurs à distance dont il a été
    question en fin de semaine.

    Selon une étude bien documentée de Ressources humaines et Développement
    social Canada intitulée Observations concernant l'impact des dispositions
    anti-briseur de grève sur les travailleurs (octobre 2006), il est très
    clair que la société québécoise n'a aucunement bénéficié de cette
    disposition sur le plan économique. Avec un taux de syndicalisation de
    39,8 %, le plus important taux au Canada et en Amérique du Nord,
    le Québec détient encore le plus bas PIB par habitant à parité de pouvoir
    d'achat par rapport à ses voisins (provinces comparables et États-Unis).

    En vertu du ferme engagement que vous et votre gouvernement avez maintes
    fois exprimé de travailler constamment à la prospérité du Québec,
    engagement que le Conseil du patronat soutient de façon non équivoque,
    nous vous exhortons aujourd'hui de tout mettre en oeuvre pour créer les
    conditions essentielles à l'accroissement de la compétitivité du Québec.
    L'élargissement de la notion de 'briseur de grève' n'en fait certainement
    pas partie.

    Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de nos
    sentiments distingués.

    Le président,

    Yves-Thomas Dorval"
    

Regroupant plusieurs des plus grandes entreprises du Québec, le Conseil du patronat du Québec réunit également la vaste majorité des associations patronales sectorielles, en faisant ainsi la seule confédération patronale du Québec.

SOURCE Conseil du patronat du Québec

Renseignements : Renseignements: Patrick Lemieux, Conseiller - Communications, Tél. : 514 288 5161, poste 235


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