Changement de gamme sur le marché canadien de l'automobile, selon Études
économiques Scotia

- L'amélioration des mesures d'incitation invite à acheter des modèles plus grands et plus dispendieux

TORONTO, le 30 août /CNW/ - Les ventes mondiales de voitures sont tombées à un niveau inférieur à celui de juillet 2009, une baisse prononcée comparativement à la hausse de 16 % enregistrée au cours du premier semestre 2010, selon le dernier rapport sur le secteur mondial de l'automobile publié aujourd'hui par Études économiques Scotia.

"Cette décroissance s'explique par une chute à deux chiffres observée en Europe de l'Ouest, attribuable à l'expiration des programmes de mise à la casse, a déclaré Carlos Gomes, économiste principal, Études économiques. Hors d'Europe, les achats ont aussi commencé à se modérer, puisque, le mois dernier, les ventes ont progressé de seulement 9 % en glissement annuel, soit le gain le plus faible depuis l'été dernier.

"Les ventes mondiales de voitures ont baissé pendant l'été. En revanche, au Canada, les achats d'automobiles ont repris parallèlement à la solide croissance de l'emploi ainsi qu'à l'amélioration des mesures d'incitation, comme "prix employé pour tous", ce qui a contribué à la reprise des ventes de véhicules neufs, qui ont atteint leur plus haut niveau en près de trois ans", a poursuivi M. Gomes.

Les ventes annualisées de véhicules neufs ont progressé au Canada pour s'établir à 1,65 million d'unités le mois dernier, ce qui a permis à plusieurs constructeurs automobiles d'inscrire leur plus haut volume pour un mois de juillet. Il s'agit de la deuxième reprise mensuelle consécutive comparativement aux faibles résultats inscrits en mai, ce qui indique que les Canadiens ont retrouvé le goût d'acheter une voiture. D'ailleurs, l'augmentation récente des achats de véhicules nous a amenés à réviser les prévisions de ventes canadiennes à la hausse pour tout l'exercice 2010, et à les faire passer à 1,565 million d'unités contre 1,525 million d'unités auparavant.

La création d'emplois - le principal moteur de la demande de véhicules - s'est consolidée au Canada pour atteindre 43 000 par mois en moyenne, soit un taux de croissance près de trois fois supérieur à celui du début de l'année 2010. Parallèlement, la plupart des constructeurs automobiles ont offert des mesures incitatives plus attrayantes en baissant les prix des véhicules neufs de plus de 5 % depuis février.

"Contrairement aux attentes, l'amélioration des mesures d'incitation a entraîné une hausse, et non une baisse, du prix de vente moyen des véhicules, les Canadiens profitant des mesures incitatives plus attirantes pour s'acheter des modèles plus grands et plus dispendieux, a ajouté M. Gomes. D'ailleurs, les prix de vente des véhicules neufs ont grimpé de 5 % depuis le début de l'année, la plus forte augmentation depuis 1996, survenue après la faiblesse du marché automobile qui avait marqué la première partie des années 90."

Les Canadiens se détournent des petites cylindrées, les volumes de ce segment ayant baissé de 2 % en glissement annuel en juillet. Les petites cylindrées dominent généralement le marché canadien, puisqu'elles représentent un tiers des ventes totales d'automobiles et de véhicules utilitaires légers. Or, leur part est tombée à moins de 29 % depuis le début de l'année - le plus bas niveau en plus de dix ans -, un recul par rapport au sommet de 35 % qu'elle avait atteint en 2008, lorsque le prix moyen de l'essence s'établissait à 1,20 $ le litre, partout au Canada.

"Nous nous attendons à ce que l'amélioration des mesures incitatives observée cet été soit plus modérée dans les prochains mois, compte tenu de l'évolution fort différente de la situation aux États-Unis, où les constructeurs automobiles - en particulier ceux qui sont établis à Detroit - ont réduit leurs mesures incitatives", de conclure M. Gomes.

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent l'avenir du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

SOURCE Banque Scotia - Rapports économiques

Renseignements : Renseignements: Carlos Gomes, Études économiques Scotia, (416) 866-4735, carlos_gomes@scotiacapital.com; Robyn Harper, Affaires publiques, Banque Scotia, (416) 933-1093, robyn_harper@scotiacapital.com

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