Canadiens aux prises avec d'importants obstacles en matière d'accès à la
physiothérapie : l'Association canadienne de physiothérapie demande un
moratoire sur les coupes dans les services

TORONTO, le 29 avr. /CNW/ - De l'Île-du-Prince-Édouard à l'Ontario et jusqu'à la Colombie-Britannique, il est de plus en plus difficile pour de nombreux Canadiens d'avoir accès à des soins de physiothérapie dans le secteur public de santé. Les réformes dans les soins de santé ont renvoyé les soins en clinique externe dans la communauté, conséquence de la réduction ou de l'élimination complète du financement. Résultat : les Canadiens qui ne peuvent compter sur un régime privé d'assurance santé et qui ne peuvent s'offrir de la physiothérapie en clinique privée pourraient devoir se passer de soins dont ils ont grandement besoin et mettre ainsi en péril leur remise sur pied après une chirurgie, une blessure ou une maladie.

Même si les services de physiothérapie en centre hospitalier pour les patients hospitalisés ou non sont inscrits dans la Loi canadienne sur la santé, de nombreux hôpitaux aux prises avec des déficits ont tout simplement mis fin aux soins offerts aux malades externes, ou les ont privatisés. En Ontario, 20 hôpitaux ont fermé leurs cliniques externes au cours des deux dernières années et plusieurs autres ont réduit leurs services et instauré des restrictions supplémentaires à l'admissibilité.

"En Ontario, la situation est l'une des plus graves de tout le pays", signale Christopher Winn, M. Sc. PT, président de l'Association de physiothérapie de l'Ontario. "Nous comprenons qu'il s'agit là de décisions difficiles dans une période qui l'est tout autant, mais ce faisant, on enlève aux populations les plus vulnérables des services indispensables à leur santé. Il s'agit souvent de malades chroniques, qui n'ont pas les moyens de s'offrir de la physiothérapie en clinique privée", ajoute M. Winn.

Ces lacunes dans la prestation de soins de physiothérapie financés par le secteur public à travers le Canada se traduisent par des périodes d'attente prolongées et par des listes d'attente plus longues dans de nombreuses régions du pays(1). Ainsi, les citoyens des régions rurales de l'Île-du-Prince-Édouard qui ont besoin de soins en physiothérapie en clinique externe dans le secteur public peuvent attendre jusqu'à un an, et même plus dans certains cas.

"La bureaucratie du secteur de la santé a laissé tomber les citoyens de la province qui requièrent de tels soins", constate Brian Hiscock, B. Sc. PT, LPT, ancien président de la branche de l'Île-du-Prince-Édouard de l'Association canadienne de physiothérapie. "Les patients doivent payer leurs frais médicaux de leur poche. Ceux qui disposent d'une assurance privée ont de la chance, mais ceux qui n'en ont pas et qui ne peuvent s'offrir de soins en physiothérapie doivent souvent vivre avec des douleurs chroniques. Dans de nombreux cas, ils ne peuvent plus travailler; ils se fient en grande partie aux médicaments pour contrôler leur douleur", ajoute M. Hiscock, un physiothérapeute qui a fait pression durant de nombreuses années pour un meilleur accès à des soins de physiothérapie financés par le secteur public pour les insulaires.

Mai est le Mois national de la physiothérapie au Canada. L'Association canadienne de physiothérapie (ACP) défend l'importance d'un financement stable et adéquat des services de physiothérapie dans tous les hôpitaux et cliniques externes et souhaite informer le public et les décideurs des conséquences graves que pourraient provoquer la réduction ou l'élimination de ces services.

"La prestation de services de physiothérapie au Canada est confrontée à des défis considérables", confirme Alice Aiken, PT, Ph. D., présidente de l'Association canadienne de physiothérapie. "La population vieillit et cela signifie que de plus en plus de gens sont aux prises avec des problèmes de santé chroniques qui nécessitent de la physiothérapie."

"Le fait de limiter l'accès aux services de physiothérapie financés par le secteur public peut affecter la santé de tous les Canadiens, et pas seulement des citoyens plus âgés", fait valoir la Mme Aiken. "Des études ont démontré l'efficacité d'un recours à la physiothérapie en temps opportun pour de nombreux problèmes de santé aigus et maladies chroniques." La physiothérapie a en effet démontré son efficacité à réduire la douleur, à améliorer la mobilité, à permettre aux patients de retrouver leur autonomie fonctionnelle et à améliorer leur qualité de vie(2).

Réduire l'accès à la physiothérapie peut aussi accroître les coûts pour le système de santé. Une évaluation et un traitement rapides des problèmes musculosquelettiques par un physiothérapeute peuvent réduire le nombre de visites chez le médecin, le renvoi en consultation vers des spécialistes et la prescription de médicaments(3). Une intervention en physiothérapie peut aussi retarder ou éliminer la nécessité d'une intervention chirurgicale, en plus d'écourter la durée des séjours à l'hôpital.

"L'importance de la physiothérapie dans les établissements publics de santé doit être mieux comprise", conclut la Mme Aiken. "Les physiothérapeutes sont des professionnels en soins de santé primaires qui bénéficient d'une formation poussée et qui travaillent à offrir les meilleurs soins possible aux patients au sein d'équipes multidisciplinaires dans les hôpitaux et les cliniques externes. Les hôpitaux, les autorités locales de la santé et les gouvernements provinciaux doivent reconnaître que les compressions en physiothérapie augmenteront à long terme les coûts de la santé et soumettront le système de santé déjà surchargé à des pressions supplémentaires."

Stimulée par sa première campagne publicitaire nationale, l'ACP continuera de faire pression en vue d'assurer un meilleur accès à la physiothérapie, tant dans le secteur public que dans les établissements privés, et de sensibiliser les Canadiens à l'importance de la physiothérapie dans le continuum de soins de santé.

    
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    (1)  Access to Publicly Funded Physiotherapy in Canada. Association de
    physiothérapie de l'Ontario, janvier 2010.

    (2)  Cott CA, Devitt RMA, Falter L, Soever LJ, Passalent LA. Barriers to
    rehabilitation in primary health care in Ontario: Funding and wait times
    for physical therapy services. Physiotherapy Canada: 2007;59:173-183.

    (3)  Gordon M, Waines B, Englehart J, Montgomery S, Devitt R, Holyoke P,
    et coll. The consequences of delisting publicly funded, community-based
    physical therapy services in Ontario: A health policy analyst.
    Physiotherapy Canada. 2007; 59:58-69.
    

SOURCE Association canadienne de physiothérapie

Renseignements : Renseignements: ou entrevue avec un/e porte-parole: Virginia Bawlf, agente nationale de relations avec les médias, Association canadienne de physiothérapie, (416) 932-1888 (poste 222), (647) 379-4145 (cell.), vbawlf@physiotherapy.ca

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