Budget du Québec 2016-2017 : « Trop peu trop tard pour réparer les pots cassés», dénonce le SISP

MONTRÉAL, le 18 mars 2016 /CNW Telbec/ - Après deux années passées sous le signe des compressions et de l'austérité, le SISP déplore que le troisième exercice budgétaire du ministre Leitao maintienne le cap sur un plan dont les failles ont été démontrées maintes et maintes fois au cours des derniers mois. « Avec une croissance des dépenses d'en moyenne 2,7 % en 2016-2017, le gouvernement Couillard n'a définitivement pas à cœur les services publics », déplore Carolle Dubé, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP).

Bien que le SISP accueille favorablement de nouvelles sommes pour le réseau scolaire et l'enseignement supérieur, le réinvestissement tant attendu n'est pas à la hauteur pour amorcer le nécessaire rattrapage en éducation. Une croissance des dépenses de 3 % dans ce secteur pour l'année 2016-2017 ne parviendra pas à réparer les pots cassés des années précédentes. « En éducation, le gouvernement semble chercher à réparer les dégâts qu'il a lui-même causés, et n'y parvient pas. Ce dont le réseau a besoin c'est de véritable argent neuf », poursuit la dirigeante syndicale.

Le SISP déplore en outre que les secteurs de la santé et des services sociaux, de même que la fonction publique et parapublique, soient mis de côté dans la réallocation des surplus budgétaires. « Les services publics ont souffert de graves compressions ces dernières années, les travailleuses et travailleurs sont à bout de souffle. La croissance des dépenses annoncée de 2,4 % pour le secteur de la santé et des services sociaux est nettement insuffisante pour suivre l'évolution des coûts de système. Pire, cela laisse présager de nouvelles compressions au cours de l'année à venir, s'ajoutant aux dégâts causés au réseau ces deux dernières années. C'est inconcevable. Il ne reste plus de gras à couper. On est rendu à l'os, et c'est la population qui en souffrira », dénonce Carolle Dubé.

La baisse drastique des effectifs du secteur public inquiète également le regroupement syndical. Conséquence directe d'un contrôle bien trop sévère des effectifs dans la fonction publique, le nombre de travailleuses et de travailleurs de l'État se situe aujourd'hui bien en deçà des cibles du gouvernement, déjà trop faible pour assurer une prestation de service adéquate. La croissance de dépenses des autres ministères ne s'établira qu'à 1,2 % pour 2016-2017. « On ne peut se permettre un tel sous-financement. Pour que nos programmes sociaux fonctionnent de façon efficiente, nous avons besoin de davantage de personnel et de ressources », soutient la porte-parole.

Bien que l'abolition de la taxe santé prévue l'année prochaine apporte une certaine marge de manœuvre aux familles de la classe moyenne, le SISP s'inquiète vivement des effets sur la prestation de services dans le réseau de la santé et des services sociaux. « Sans mesure compensatoire pour dégager de nouveaux revenus, l'abolition de la taxe santé laissera un trou de plus de 4 milliards sur cinq ans dans les finances publiques, poursuit Carolle Dubé. Comment le ministre peut-il justifier de se priver de revenus à l'heure même où la qualité des services est compromise dans l'ensemble des secteurs? »

7 milliards pour mieux financer les services publics

Les alternatives ne manquent pas pour compenser cette perte de revenus. Le SISP croit en effet que le gouvernement déploie une stratégie trop agressive de réduction de la dette. Le ministre des Finances prévoit en effet consacrer 2 G$ cette année et 2,5 G$ en 2017-2018 aux versements au Fonds des générations. Le regroupement syndical préconise de réviser à la baisse le montant de ces versements de plus de 1 milliard par année d'ici 2020, ce qui permettrait de réaffecter les sommes dégagés dans les services publics tout en atteignant ses objectifs par rapport à la dette. De plus, le manque de nouveaux efforts pour lutter contre l'évitement fiscal et le recours aux paradis fiscaux déçoit alors que ces questions ont fait les manchettes à de nombreuses reprises dans la dernière année. Dans le même ordre d'idée, le SISP ne s'explique pas le refus du gouvernement d'instaurer un régime d'assurance-médicament entièrement public, ce qui permettrait d'économiser environ 828 M$ chaque année.

« Des solutions existent pour mieux financer nos services. Le Plan de financement du SISP propose des économies et de nouveaux revenus potentiels totalisant 7 milliards de dollars. Nous déplorons que le ministre Leitao n'ait pas eu l'audace ou la volonté de mettre en place les alternatives novatrices, progressistes et écologistes que nous avançons alors qu'un réinvestissement massif est plus que nécessaire », conclu Carolle Dubé.

Profil du SISP

Le SISP regroupe plus de 270 000 membres issus de trois organisations syndicales (CSQ, SFPQ, APTS), dont la majorité provient des secteurs public et parapublic. La mission première du Secrétariat s'articule autour de la défense et de la promotion des services publics offerts à la population québécoise. Par leurs actions concertées, la CSQ, le SFPQ, et l'APTS souhaitent favoriser l'accès à des services publics de qualité, et ce, sur l'ensemble du territoire québécois.

 

SOURCE Secrétariat intersyndical des services publics (SISP)

Renseignements : Maxime Clément, Attaché de presse, Cell. : 514 442-4823, clement.maxime@sisp-n.ca, www.sisp.qc.net

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