Bilan annuel du marché laitier des Producteurs de lait du Québec - La croissance du secteur laitier se maintient malgré des prix faibles aux producteurs

QUÉBEC, le 17 nov. 2016 /CNW Telbec/ - Malgré une croissance des marchés et une augmentation importante de la production, les producteurs de lait québécois demeurent confrontés à une situation difficile au niveau du prix au producteur, en dépit d'une légère amélioration par rapport à l'an dernier. De plus, la croissance du secteur demeure compromise par l'entrée en vigueur imminente de l'Accord économique et commercial global (AECG) ainsi que par la gestion laxiste des importations. Voilà ce qui ressort du portrait annuel 2015-2016 du marché laitier, brossé aujourd'hui lors de l'assemblée générale spéciale des Producteurs de lait du Québec tenue à Québec.

« Nous profitons d'une croissance de notre marché, s'est réjoui le président des Producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre. La réhabilitation du gras laitier a entraîné un boum de la demande pour les produits plus riches comme la crème et la crème glacée ainsi que pour les yogourts, les fromages et le beurre. » Malheureusement, l'arrivée prochaine des 17 700 tonnes de fromages européens viendra ternir cette croissance.

De novembre 2015 à octobre 2016, les ventes canadiennes au détail de crème ont connu une hausse de 4,2 %, de 3,4 % pour le yogourt et de 3,1% pour la crème glacée. Pour la même période, les ventes de beurre ont connu une hausse de 2,5 %, alors que les ventes de fromages ont connu une augmentation de 5,1 %. Ces hausses ont plus que compensé le léger recul de 1,2 % des ventes de lait de consommation.

Par ailleurs, le quota de production a été haussé de 8 % de décembre 2015 à novembre 2016. Cette hausse vise à satisfaire la croissance courante des ventes, ainsi qu'à reconstruire les stocks de beurre. L'épuisement des stocks de beurre s'explique par le fait que, depuis 2013, la consommation de beurre, de fromage et de la crème est en hausse à un niveau sans précédent.

Cette demande accrue pour le beurre est une bonne nouvelle pour le secteur laitier. Toutefois, elle comporte certains effets négatifs qui se répercutent au quotidien chez l'ensemble des producteurs laitiers, notamment le faible prix du lait à la ferme. Bien que pour octobre 2016, ce dernier s'établissait à 72,04 $, le prix moyen en 2015-2016 était de 70,58 $/hl comparativement à 72,94 $/hl en 2014-2015. Ces bas prix sont attribuables en partie au fait que la fabrication du beurre est l'une des classes les moins payantes pour les producteurs puisque seulement la matière grasse est valorisée et les solides non gras ne sont pas requis par le marché et se retrouvent en surplus.

Les bas prix sont aussi attribuables aux prix mondiaux du lait auxquels est soumis une partie du prix du lait aux producteurs canadiens. Malgré une légère reprise dans les derniers mois, les prix moyens demeurent bien en deçà de la moyenne des six dernières années. Entre 2013 et 2016, le prix moyen de la poudre de lait écrémé est passé de 4 500 $ US la tonne à 1 850 $ US la tonne. En octobre 2016, il était remonté à 2 331 $ US la tonne, ce qui demeure loin des prix de 2013.

« La surproduction mondiale a fait tomber les prix à la production à des niveaux insoutenables, non seulement en Europe, mais aux États-Unis et en Océanie. Ce qui se passe depuis deux ans à l'échelle mondiale dans le lait illustre parfaitement le problème agricole : quand les producteurs ne sont pas regroupés et unis pour commercialiser leur production, ils se font organiser », a dit M. Letendre.

« Les prix mondiaux se sont légèrement améliorés depuis quelques mois, a poursuivi M. Letendre. Si cela se poursuit, cela aura un impact positif pour les producteurs. Tant que nous conservons la gestion de l'offre et la mise en marché collective en restant unis, nous maintiendrons un bien meilleur prix et un revenu plus stable et surtout plus équitable que ceux de la plupart des producteurs ailleurs dans le monde. »

Libre-échange


Rappelons que le secteur laitier sera fortement touché par l'entrée en vigueur provisoire de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne, probablement au début de 2017.

Cet accord commercial entraînera, à terme, une perte récurrente pour les producteurs d'environ 2 % du marché laitier canadien total, ce qui s'ajoute aux 8 % de parts de marché déjà concédés par le Canada à ses partenaires commerciaux dans de précédents accords. « La concession du Canada à l'Europe, ce sont 180 millions de litres de lait par an que nous ne produirons plus, pour toujours. Cela équivaut à la production annuelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean ou à celle de la Nouvelle-Écosse, rayée de la carte. », a affirmé M. Letendre.

Le secteur des fromages fins sera un des plus grands perdants de cet accord commercial. « Seize mille des 17 700 tonnes de fromages qui vont rentrer sont des fromages fins de qualité. Cela représente 30 % du marché de détail de ces fromages au pays, un de nos marchés les plus lucratifs. Et pour le Québec, qui produit 60 % des fromages de cette catégorie, l'impact sera majeur », de s'inquiéter le président des Producteurs de lait du Québec.

Importations de protéines laitières


Les producteurs de lait demeurent également aux prises avec une problématique de gestion laxiste par le gouvernement fédéral des importations, soit le programme de report de droits de douane et le traitement du lait diafiltré qui n'est pas considéré comme un ingrédient selon les règles de composition des fromages. Ce problème est connu des autorités gouvernementales depuis au moins trois ans, mais n'est toujours pas réglé.

Retombées économiques


La production laitière génère au Québec quelque 83 000 emplois directs, indirects et induits et contribue à hauteur de 6,2 milliards de dollars au produit intérieur brut. Finalement, elle entraîne des retombées fiscales de 1,29 milliard de dollars, dont 678 millions de dollars au gouvernement fédéral et 454 millions de dollars au gouvernement du Québec.

À propos des Producteurs de lait du Québec


Les Producteurs de lait du Québec, affiliés à l'UPA, représentent les 5 624 fermes laitières qui livrent annuellement près de 3 milliards de litres de lait, dont la vente totalise des recettes à la ferme de plus de 2,4 milliards de dollars.
www.lait.org

 

SOURCE Les Producteurs de lait du Québec

Renseignements : François Dumontier, Directeur adjoint, relations publiques et gouvernementales, Tél. : 450 679-0530, poste 8704, Cell. : 514 713-0530, www.lait.org


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