Banque CIBC. - L'économie canadienne ne peut soutenir sa croissance si les taux d'intérêt et le dollar augmentent

Après une croissance des dépenses de consommation et de la construction résidentielle, les exportations et les investissements des entreprises montrent enfin des signes de reprise.

TORONTO, le 4 sept. 2014 /CNW/ - Une croissance inattendue des dépenses de consommation et de la construction résidentielle a permis à l'économie canadienne d'afficher une meilleure performance en 2014. Cependant, il est essentiel de maintenir des taux d'intérêt bas et un dollar plus faible pour favoriser la poursuite de la croissance, selon un nouveau rapport de Marchés mondiaux CIBC.

Le rapport indique que bien que l'économie du Canada affiche une croissance de plus de 3 % aux deuxième et troisième trimestres, les leviers demeurent insuffisants. « Ni la demande résidentielle ni la consommation, financées par un taux d'épargne décroissant, ne constituent des leviers durables de croissance, aussi tous les regards sont-ils tournés vers les dépenses en capital et les exportations », affirme Avery Shenfeld, économiste en chef à la Banque CIBC. « La réaction des marchés ne tient pas tant aux résultats comme tels, à savoir une croissance de 2,5 % pour combler l'écart de production; il est surtout question de la volonté politique nécessaire pour parvenir à ces résultats. »

M. Shenfeld s'attend à ce que l'économie américaine continue de s'améliorer, ce dont profitera l'économie canadienne; les deux pays devront cependant adopter des politiques monétaires différentes. « Nous ne sommes pas à zéro, aussi n'est-il pas urgent de commencer à diminuer le stimulus. Mais plus important encore, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, veut que la croissance soit stimulée par les exportations et les dépenses en capital. Il n'y a pas de cible déterminée pour la devise, mais un dollar canadien plus faible sera un élément stratégique pour rétablir la compétitivité du Canada et faire du territoire un endroit attrayant où investir et ainsi accroître la capacité de production. »

Il affirme que cette réalité se concrétisera lorsque les États-Unis auront éliminé l'écart entre les taux d'intérêt directeurs américain et canadien; la Banque du Canada ne devrait pas relever son taux directeur avant que cet écart ne soit comblé. Un huard plus faible pourrait alors permettre à la Banque du Canada de relever son taux de financement à un jour à 1,5 % d'ici la fin de 2015.

Les coauteurs Benjamin Tal et Nick Exarhos écrivent que l'amélioration du paysage économique de l'autre côté de la frontière a déjà commencé à donner un coup de pouce aux exportations canadiennes. « La géographie fait des États-Unis un joueur incontournable pour le Canada, mais l'excellente performance des marchés nord-américains par rapport aux autres pays du G-7 accentue cette relation de dépendance. De fait, les exportations destinées au marché américain sont déjà en croissance, et ce, à un rythme annualisé de près de 17 %, tandis que celles destinées aux autres marchés affichent une augmentation de moins de 11 %. »

Cependant, une large part de l'élan actuel est attribuable aux exportations du secteur de l'énergie, lesquelles représentent le quart de la valeur totale des expéditions sortantes. Les évaluations de la Canadian Association of Petroleum Producers suggèrent que l'attrait pour l'or noir n'est pas près de s'estomper. Si l'on s'appuie sur les estimations de production et qu'on les applique aux exportations destinées aux États-Unis en tenant compte d'un historique d'affaires relativement stable, le Canada aura exporté en 2016 quelque 230 millions de barils de plus qu'il ne l'a fait en 2013.

Mais la part croissante de l'énergie reflète également ce que l'on pouvait qualifier jusqu'à tout récemment de piètre performance des autres exportateurs. La Banque du Canada a ciblé des secteurs d'activité comme les produits forestiers, la machinerie, les produits aéronautiques et les autres appareils électroniques comme des joueurs stratégiques pour la reprise des exportations canadiennes, mais ce groupe s'est en réalité laissé distancer par les exportateurs d'autres secteurs (à l'exclusion de l'énergie) au cours de la dernière année.

Il convient ici de considérer que plusieurs exportateurs issus de secteurs autres que l'énergie proviennent de fait de secteurs historiquement sensibles aux taux de change. Plusieurs usines ont été délocalisées à l'extérieur du pays pendant la longue période où le dollar canadien a été surévalué, ce qui a affaibli la capacité actuelle à tirer profit du rétablissement de l'économie américaine.

La valeur plus faible du dollar canadien induisant un taux de change plus concurrentiel et des chocs de prix favorables aux consommateurs canadiens pour des produits comme les aliments, les secteurs plus sensibles à la valeur du dollar ont donc connu une augmentation de 11,8 % de leurs exportations nominales au cours des 12 derniers mois par rapport à 8,7 % pour les autres secteurs (à l'exclusion de l'énergie).

« Mais il reste beaucoup à faire », affirme M. Tal. « Il faudra combler les décalages avant que ne se fasse pleinement sentir la dépréciation tardive de 2013 sur les usines actuelles. Et nous aurons vraisemblablement besoin de plus de temps et d'un taux de change plus faible pour favoriser l'implantation de nouvelles usines de production qui commenceront dès lors à combler le vide laissé par les délocalisations. »

M. Tal poursuit : « Malgré la plus forte correction de la période de l'après-guerre et un redressement d'abord considérable, les dépenses en capital sont loin d'être aussi importantes qu'elles devraient l'être à cette étape du cycle. Et ce n'est pas une question de capacité. Notre indice de la capacité des entreprises, qui utilise une variété d'indicateurs pour mesurer la capacité des sociétés canadiennes à dépenser, a pratiquement atteint un sommet record, ce qui signifie que les restrictions financières ne sont pas en cause. C'est une question de volonté. »

Il indique que le Canada entrepreneurial semble plus enclin à investir dans la brique et le mortier ou à faire des acquisitions à l'étranger. « L'investissement direct étranger (IDE) par les entreprises canadiennes a atteint un sommet record avec une augmentation de 9 % en 2013 - un schéma à l'exact opposé de la trajectoire de ralentissement de la croissance des dépenses en capital des particuliers. Le rapport entre l'IDE et les dépenses d'investissement est de près de 20 %, ce qui constitue également un autre sommet record. »

M. Tal affirme cependant que les entreprises auront à un certain moment à investir dans les installations existantes au Canada. Pour l'heure, une proportion croissante des dépenses en capital est destinée aux investissements de remplacement, lesquels ne font que maintenir les niveaux de production actuels. C'est donc dire que l'investissement en capital doit augmenter beaucoup plus rapidement afin de tenir compte des investissements tant en remplacement qu'en expansion.

Malgré quelques réserves, on constate des signes d'une accélération des dépenses. M. Tal affirme que l'indice des entreprises de la Banque du Canada affiche un niveau qui, par le passé, annonçait une hausse réelle de l'investissement des entreprises, de l'ordre de 5 % annuellement.

M. Shenfeld maintient que la conjoncture laisse suffisamment de place aux entreprises pour réaliser des profits. « Selon notre modèle descendant, qui lie les principaux indicateurs économiques (comme les PIB du Canada et des États-Unis ainsi que les prix de diverses ressources) aux résultats nets, l'indice composé TSX connaîtra une croissance de 11 % en 2015. C'est au-dessus de la moyenne historique. Les rendements obligataires créeront une certaine interférence en termes de volatilité pour les actions, mais les principaux indices devraient l'an prochain afficher des rendements modérément élevés avec des bénéfices à deux chiffres. »

Le rapport complet de Marchés mondiaux CIBC est publié à l'adresse suivante : http://research.cibcwm.com/economic_public/download/fsep14.pdf

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SOURCE : Marchés Mondiaux CIBC

Renseignements :

Pour de plus amples renseignements : Avery Shenfeld, économiste en chef, Marchés mondiaux CIBC inc. au 416 594-7356, avery.shenfeld@cibc.ca ou Kevin Dove, chef des communications externes au 416 980-8835, kevin.dove@cibc.ca.


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