Baisse unilatérale des prix des médicaments génériques au Québec - Le
ministre Bolduc rate la cible pour réduire le coût des médicaments au Québec

MONTRÉAL, le 29 juin /CNW Telbec/ - Le président de l'Association canadienne du médicament générique (ACMG), M. Jim Keon, estime que le ministre Bolduc rate entièrement la cible en décrétant unilatéralement, sans consulter sérieusement l'industrie, une baisse des prix des médicaments génériques au Québec. Selon M. Keon, le ministre mesure très mal les conséquences de cette décision. "Cette décision arbitraire produira des effets qui éloigneront le gouvernement du Québec de l'objectif qu'il vise : limiter la croissance des dépenses en santé. D'autant qu'elle est susceptible d'avoir des effets majeurs sur notre industrie qui compte près de 5 000 emplois directs au Québec", a-t-il affirmé.

En présence des principaux dirigeants de l'industrie québécoise du médicament générique, le président de l'ACMG s'est aussi interrogé sur les motivations du ministre Bolduc. "On s'explique mal que le gouvernement québécois cherche ainsi à affaiblir l'industrie du médicament générique qui offre déjà aux Québécois un accès à des médicaments de qualité à une fraction du prix du médicament équivalent de marque", a-t-il déclaré, rappelant que les médicaments génériques ont permis des économies de près d'un milliard de dollars pour le système de santé québécois en 2009.

Québec et Ontario : des réalités bien différentes

Le Québec est l'endroit le moins ouvert aux médicaments génériques au Canada et en Amérique du Nord. Les Québécois paient plus cher pour des médicaments de marque qui représentent plus de 82 % de sa facture en médicaments. C'est beaucoup plus qu'ailleurs. La part de marché des médicaments génériques est près de 40 % plus faible au Québec qu'elle ne l'est en Ontario.

De plus, dans les faits, la décision du ministre Bolduc est une adaptation tronquée de la décision récente de l'Ontario qui a réduit les prix des médicaments génériques, de sorte à ce qu'ils atteignent, en moyenne, près de 40 % cette année dans la province, en tenant compte des exceptions et des prix appliqués sur les marchés privés et publics. En coupant les coins ronds et en réduisant unilatéralement le prix à 25 % pour presque tous les médicaments génériques vendus au Québec, la décision du ministre privera les Québécois des économies substantielles qui seront réalisées en Ontario.

En effet, les fabricants de médicaments génériques entendent réévaluer certaines dépenses qu'ils assument volontairement au Québec, dont les frais de distribution, qui ont représenté pour eux environ 60 millions de dollars l'an dernier. Le gouvernement sera certainement appelé à compenser ces coûts, ce qui réduira d'autant les économies envisagées.

Aussi, contrairement au gouvernement de l'Ontario, le gouvernement du Québec ne compensera pas les pharmaciens de toutes les régions pour la réduction importante des allocations professionnelles qui leur seront versées suite à la baisse des prix. Il va de soi que les fabricants de médicaments génériques pourront difficilement compenser ce manque à gagner important pour les pharmaciens. L'an dernier, les allocations professionnelles versées aux pharmaciens québécois par les fabricants de médicaments génériques afin qu'ils offrent des services essentiels à leurs patients ont représenté près de 200 millions de dollars.

Bien que partiellement, le gouvernement de l'Ontario a, lui, cherché, après plusieurs mois de consultation, à compenser en partie les effets de la baisse de prix.

Le ministre Bolduc a également choisi de maintenir la "règle des 15 ans", qui vise à rembourser le prix des médicaments de marque au-delà de la période couverte par leur brevet, ce qui coûtera cette année près de 300 millions de dollars aux contribuables québécois. Les seuls bénéficiaires de cette dépense sont des entreprises pharmaceutiques qui font actuellement l'objet d'une enquête parce qu'elles n'auraient pas respecté leurs engagements à l'égard du gouvernement, particulièrement en matière de prix. Ces mêmes entreprises ont réduit de 20 % leurs emplois au Québec en cinq ans tout en déplaçant leurs activités de recherche et de développement (R-D) en Ontario. De plus, contrairement à leurs promesses, elles investissent 25% de moins qu'elles ne s'y sont engagées, selon un rapport rendu public il y a quelques jours par une agence du gouvernement canadien.

Des conséquences lourdes pour le Québec si l'industrie n'est pas consultée

Paradoxalement, en voulant faire des économies en baissant le prix des médicaments génériques, le gouvernement du Québec risque de payer 100% du prix pour des médicaments de marque parce que leurs équivalents génériques auront été évacués du marché. En effet, la décision du gouvernement pourrait engendrer le retrait de produits génériques existants et l'arrêt de développement de produits qui sont au stade de la R-D.

Indéniablement, cette révision des prix aura un impact sur les niveaux d'emplois et d'investissement de l'industrie du médicament générique, qui affichait pourtant une croissance soutenue ces dernières années : plus de 85 % d'augmentation du nombre d'emplois directs en huit ans, des emplois hautement rémunérés et à forte valeur ajoutée.

L'industrie du médicament générique fait partie intégrante de la solution vers l'accès à des médicaments de qualité à prix très abordables, qui, rappelons-le, a permis des économies de près d'un milliard de dollars pour les Québécois l'an dernier. Mais le "nouveau modèle d'affaires" proposé par le ministre risque d'affecter la capacité de cette industrie à contribuer de manière aussi importante à la réduction des coûts du système de santé québécois.

Nous demandons donc au gouvernement du Québec de nous consulter et de considérer toutes les options et l'ensemble des implications avant d'appliquer toute baisse de prix au Québec.

À propos de l'Association canadienne du médicament générique (ACMG)

L'Association canadienne du médicament générique représente l'industrie canadienne du médicament générique - un groupe dynamique de sociétés qui se spécialisent dans la fabrication de médicaments génériques de qualité, à prix abordable, de produits chimiques fins et dans la réalisation des essais cliniques requis par le gouvernement pour obtenir l'approbation des génériques. Cette industrie joue un rôle important dans le contrôle des coûts des soins de santé au Canada

SOURCE Association canadienne du médicament générique

Renseignements : Renseignements: Daniel Charron, Association canadienne du médicament générique (ACMG), Tél.: 514 286-6061, Cellulaire: 514 586-1233, Courriel: daniel@canadiangenerics.ca

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