Améliorer le suivi des maladies chroniques - Les pharmaciens communautaires à
la rescousse des médecins de famille

LAVAL, QC, le 8 mars /CNW Telbec/ - Une étude de l'Équipe de recherche en soins de première ligne du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Laval et de l'Université de Montréal, en collaboration avec des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill, a évalué les bénéfices qu'engendre une plus grande collaboration entre les médecins de famille et les pharmaciens communautaires pour certains types de patients.

L'étude en question, dont les résultats sont publiés dans l'édition du 8 mars de la revue de l'Association médicale canadienne (Canadian Medical Association Journal), s'est concentrée spécifiquement sur les patients ayant des niveaux de cholestérol trop élevés et à risque de maladies cardiovasculaires. En tout, 77 médecins de famille, 108 pharmaciens communautaires et 225 patients ont accepté de participer.

Dans le cadre de cette étude, les pharmaciens étaient responsables de demander certains tests de laboratoire et d'ajuster les dosages de médicaments. Ils s'assuraient de l'efficacité et de la sécurité du traitement. Bien que l'étude n'ait pas démontré de différence significative au niveau du contrôle du cholestérol, cette pratique a permis, selon les résultats, de rehausser la qualité des services offerts aux patients. En effet, ceux-ci rapportent avoir reçu plus de conseils sur leurs habitudes de vie et que leur médication a été ajustée plus fréquemment selon leurs besoins spécifiques.

Selon la chercheure principale de l'étude, la Dre Lyne Lalonde, du CSSS de Laval et professeure à la Faculté de pharmacie de l'Université de Montréal, les résultats démontrent clairement que la qualité des suivis pharmaceutiques accordés aux patients a été exemplaire : "Plusieurs patients ont affirmé avoir reçu un traitement VIP de la part du pharmacien."

"Le pharmacien traitant s'occupait non seulement de l'ajustement des doses, mais discutait aussi avec le patient de ses habitudes de vie en lui offrant des conseils professionnels, précise Julie Villeneuve, coordonnatrice du projet et doctorante à l'Université de Montréal. Pour le patient, une telle collaboration médecin / pharmacien représente un suivi plus régulier. Pour le pharmacien, il s'agit d'une occasion parfaite de promouvoir son expertise en pharmacothérapie. Le domaine médical connaît des pénuries un peu partout, d'où l'importance d'exploiter le plein potentiel de tous les joueurs."

Incontournable collaboration

Selon la Dre Eveline Hudon, professeure de clinique à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et co-chercheure dans cette étude, le Québec n'aura éventuellement d'autres choix que de passer en mode collaboration interprofessionnelle afin de contribuer à régler les problèmes de pénurie de personnel médical. "On savait que la collaboration entre médecins et infirmières était une réussite, et on sait maintenant qu'avec de la volonté, celle entre les médecins et les pharmaciens pourrait aussi l'être, affirme-t-elle. Les pharmaciens démontrent une grande ouverture à assumer de nouvelles responsabilités."

Si l'étude s'est essentiellement concentrée sur les patients hyperlipidémiques, poursuit la Dre Hudon, les pharmaciens détiennent également les connaissances nécessaires pour assurer un suivi pharmaceutique pour d'autres troubles tels l'hypertension, le tabagisme, certaines démences comme l'Alzheimer ainsi que quelques maladies chroniques, comme l'asthme, pour lesquelles la médication est souvent mal utilisée par certains patients. D'autres études pourraient être menées en ce sens.

Expertises

Auteur du "Canadian cholesterol guidelines", le cardiologue Jacques Genest du Centre universitaire de santé McGill et l'un des consultants de l'étude, a pu constater que le suivi conjoint a permis de hausser l'adhésion à ces lignes directrices, et s'est réjoui de cette perspective de plus grand rôle accordé au pharmacien. "Celui-ci assume déjà certaines responsabilités du genre, notamment au niveau des changements de posologie en anticoagulation, et il détient toutes les expertises requises pour en faire davantage, avance Dr Genest. Les médecins ne suffisent plus à la tâche pour donner le suivi nécessaire à tous leurs patients. On réalise que d'autres intervenants compétents sont aptes à faire un travail au moins aussi bien à ce niveau."

Du côté de l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), on rappelle que c'est une grande majorité de pharmaciens au Québec qui souhaiteraient contribuer davantage à la santé des Québécois par l'entremise de responsabilités élargies. "Et ce n'est pas une réalité propre au Québec, soutient Diane Lamarre, présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec. Plusieurs pays avant-gardistes ont adopté cette pratique depuis longtemps, et même l'Organisation mondiale de la santé demande un plus grand rôle des pharmaciens à travers la planète."

"L'important, c'est que le médecin conserve son rôle de pivot dans toute cette collaboration, poursuit Diane Lamarre, qui est également professeure à la Faculté de pharmacie de l'Université de Montréal. Nous croyons qu'il est essentiel qu'il demeure informé de tout développement dans les dossiers de ses patients. Seulement, il est temps de profiter de la grande accessibilité des pharmaciens pour leur permettre de procéder à certains ajustements au niveau de la médication."

Partenaires de recherche :

Cette recherche a été subventionnée par les Instituts de recherche en santé du Canada, AstraZeneca Canada Inc., Merck Frosst Canada Ltd., et Pfizer Canada Inc. Trois chercheures sont boursières du Fonds de la recherche en santé du Québec.

Sur le Web :

    
    Canadian Medical Association Journal : www.cmaj.ca
    Équipe de recherche en soins de première ligne : www.recherchepl.ca
    Centre de santé et de services sociaux de Laval : www.cssslaval.qc.ca
    Université de Montréal : www.umontreal.ca
    Centre universitaire de santé McGill : http://cusm.ca
    

SOURCE Centre de santé et de services sociaux de Laval

Renseignements : Renseignements: Hugo Morissette, Service des communications, Centre de santé et de services sociaux de Laval, (450) 668-1010, poste 3757, hmorissette.csssl@ssss.gouv.qc.ca; Sylvain-Jacques Desjardins, Attaché de presse international, Université de Montréal, (514) 343-7593, sylvain-jacques.desjardins@umontreal.ca

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