À couper le souffle : Un nouveau rapport dévoile que les « crises pulmonaires » ne sont pas toujours déclarées par les patients canadiens atteints de MPOC

MONTRÉAL, le 21 févr. 2012 /CNW/ - Fondé sur les résultats ressortant d'une étude effectuée auprès de médecins et de patients, un rapport publié aujourd'hui conjointement par COPD Canada et le Regroupement canadien des médecins de famille en santé respiratoire met l'accent sur une constatation préoccupante en matière de soins de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) au Canada : la sous-déclaration des poussées actives ou « crises pulmonaires » des patients atteints de cette maladie.

La « crise pulmonaire » est la première cause d'hospitalisation parmi toutes les maladies chroniques1 et accélère le déclin des patients2,3. Pourtant, plus de la moitié des patients canadiens atteints de MPOC qui ont été interrogés ont déclaré avoir attendu avant de demander de l'aide médicale4, et le nombre de ceux qui ne prennent aucune mesure est presque deux fois plus élevé que la moyenne mondiale5.

Les auteurs du rapport « Remontez à la surface - Rompre le silence »affirment qu'il est urgent d'en faire plus pour aborder le problème qui est de réduire le nombre de « crises pulmonaires » ou « d'exacerbations » telles que décrites par les médecins.

« Le rapport vise à alerter les patients atteints de MPOC et leur médecin, dit le DFrançois Maltais, pneumologue à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et un leader de la recherche en MPOC au Québec. Si nous parvenons à améliorer la déclaration et le traitement précoce des « crises pulmonaires », nous pourrons réduire la durée et la gravité de celles-ci et prendre alors des mesures pour les prévenir. Cela permettra de freiner la descente vertigineuse de ceux qui souffrent de MPOC. »

Selon le rapport, les patients perçoivent les poussées actives ou « crises pulmonaires » comme « n'étant pas aussi graves que les crises cardiaques », même si les études ont révélé que les patients qui ont été hospitalisés pour cause d'exacerbation de la MPOC ou de « crise pulmonaire » présentent un risque plus élevé de mourir dans les 12 mois qui suivent leur hospitalisation que ceux qui l'ont été pour crise cardiaque6.

« Les patients et les cliniciens craignent la crise cardiaque avec raison, mais la probabilité de mourir après une hospitalisation pour crise pulmonaire est deux fois plus élevée », dit le Dr Alan Kaplan, président du Regroupement canadien des médecins de famille en santé respiratoire.

Jacques Doyon, atteint de MPOC, a été diagnostiqué en 2001. Il soutient que ce rapport met aussi en relief les difficultés rencontrées par de nombreux patients, à savoir les répercussions de la maladie et des « crises pulmonaires » sur leur qualité de vie.  « La MPOC peut vous rendre incapable de faire des activités quotidiennes simples comme par exemple monter les escaliers, marcher, s'habiller et même se brosser les dents. Les patients ont souvent tendance à cacher aux autres leur véritable état et à s'isoler en raison de leurs symptômes. Personnellement, je choisis le lieu de mes sorties et, si ces sorties doivent se produire avec d'autres, je m'assure de l'état physique de mes compagnons (rhume, grippe...) de peur d'attraper des bactéries. Même si je suis malade, la vie ne devrait pas s'arrêter pour autant. »

Qu'est-ce qu'une poussée active ou « crise pulmonaire »?
La MPOC est une maladie pulmonaire débilitante et dégénérative qui empêche le patient de respirer facilement. Une « poussée active » ou « crise pulmonaire » est une aggravation des symptômes (toux, inflammation excessive, aggravation de la dyspnée, sécrétion accrue des mucus) qui peut être causée par l'exposition au rhume, à une grippe, à une pneumonie ou à la pollution atmosphérique7,8. Même si les infections respiratoires sont plus fréquentes en hiver7, ceux qui souffrent de MPOC sont sujets à des « crises pulmonaires » toute l'année2,9.

Coûts pour le système de santé
Un séjour hospitalier pour « crise pulmonaire » est généralement d'une dizaine de jours et coûte en moyenne 10 000 $10. En fait, les « crises pulmonaires » représentent d'importants coûts hospitaliers, estimés au bas mot à 1,5 milliard de dollars par an9. Le rapport ajoute à cela que le nombre de Canadiens souffrant de MPOC qui reçoivent des services de santé pour cause de « crise pulmonaire » est bien inférieur à la moyenne mondiale (55 % par rapport à 73 %), mais supérieur à la moyenne quand il s'agit de recourir à des services de soins d'urgence11.

Reconnaissance des lacunes sous-jacentes à la sous-déclaration des « crises pulmonaires » au Canada
Le rapport indique que la plupart des patients sont bien informés sur leur maladie et que les médecins jouent un rôle actif dans la gestion de la MPOC, mais qu'il existe toujours des lacunes entre les deux groupes en matière de « crise pulmonaire ».

Les auteurs expliquent qu'un certain nombre de divergences entre les médecins et les patients entravent la communication, dont les suivantes :

  • Il n'existe pas de langage commun entre les médecins et les patients pour définir et décrire la gravité d'une « crise pulmonaire ». Bon nombre de patients ne comprennent pas entièrement la définition d'une « crise pulmonaire ». Ils confondent souvent les « crises pulmonaires » avec les crises périodiques de dyspnée.
  • Un grand nombre de patients ne perçoivent que les effets fonctionnels immédiats d'une « crise pulmonaire ». Ils ne savent pas exactement quelles sont les répercussions d'une « crise pulmonaire » sur la progression de leur maladie et ne comprennent pas que leur médecin traitant a besoin d'avoir un tableau complet de leur situation pour être en mesure de gérer efficacement leur MPOC.
  • Au Canada, les patients atteints de MPOC tardent souvent à rechercher une assistance médicale en cas de « crise pulmonaire ». Bon nombre attendent à la dernière minute pour se rendre à l'urgence au lieu de consulter leur médecin traitant pendant la crise.
  • L'abandon du tabac, élément clé de la gestion de la MPOC, est un sujet très délicat entre les patients et les médecins. En effet, des patients indiquent que certains médecins les jugent sévèrement parce qu'ils continuent à fumer.

Recommandations du rapport
La discussion sur la sous-déclaration des « crises pulmonaires » est une occasion cruciale d'améliorer la situation des patients atteints de MPOC. Le rapport présente trois recommandations principales :

a) Améliorer l'identification des « crises pulmonaires » :
Les patients doivent comprendre l'importance de déclarer à leur médecin traitant toutes les « crises pulmonaires », même les légères, par exemple un rhume. Les généralistes et les patients doivent faire en sorte d'utiliser un langage commun afin de reconnaître les « jours de congé maladie » ou les « jours où ça ne va pas bien » qui durent au moins 48 heures12, car ils ne sont pas seulement un inconvénient, mais le signe d'une « crise pulmonaire » cliniquement importante.

b) Prévention et gestion :
Les médecins doivent :

  • Insister sur l'importance de prévenir les « crises pulmonaires », notamment les effets à court et à long terme des crises répétées sur la progression de la maladie et la qualité de vie du patient.
  • Informer les patients sur la façon d'éviter les « crises pulmonaires » en se faisant vacciner régulièrement contre la grippe et la pneumonie, en se lavant les mains, en minimisant les contacts avec ceux qui ont un rhume ou une grippe et en prenant les médicaments les plus efficaces.
  • Insister sur la nécessité de ne pas tarder à rechercher une assistance médicale en cas de « crise pulmonaire  » et donner aux patients un plan d'autogestion (www.COPDactionplan.com), qui leur permettra de reconnaître les symptômes d'une « crise pulmonaire » et d'agir en conséquence.

c) Abandon du tabac :
Les discussions sur l'abandon du tabac doivent être constructives et ouvertes. Les généralistes adopteront une méthode pour maîtriser l'accoutumance, qui encourage le patient à communiquer plus ouvertement avec le médecin.

L'identification précoce des patients à risque, de meilleures mesures préventives et une gestion plus efficace des « crises pulmonaires » allégeront le fardeau de la MPOC pour les patients et pour le système médical canadien.

Pour obtenir un exemplaire du rapport « Remontez à la surface - Rompre le silence : incidence de l'insuffisance de notification des crises pulmonaires au Canada sur les résultats pour les patients atteints de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) », ou d'autres renseignements, visitez le site de COPD Canada au www.copdcanada.info ou du Regroupement canadien des médecins de famille en santé respiratoire à www.fpagc.com.

À PROPOS DE LA MPOC13,14
La MPOC est une maladie respiratoire qui endommage les poumons et obstrue les voies respiratoires. Elle est parfois appelée bronchite chronique ou emphysème. Principalement causée par le tabagisme, c'est la quatrième cause principale de décès au Canada. Les recherches effectuées par l'Association pulmonaire révèlent que trois millions de Canadiens pourraient en souffrir.

À PROPOS DE COPD CANADA
Établi en 2005, COPD Canada est un organisme sans but lucratif enregistré et indépendant. Son principal mandat est d'aider les Canadiens qui souffrent de MPOC.

En essence, COPD Canada est une association éducative et un groupe de défense des droits des patients. L'organisme se consacre à fournir des services et du matériel d'information dans plusieurs formats et par divers modes de communication. Par ailleurs, il prépare, parraine et produit des séminaires portant sur la qualité de vie à l'intention des patients et de leur famille, de même que des séminaires d'éducation continue destinés aux professionnels de la santé.

À propos du Regroupement canadien des médecins de famille en santé respiratoire
Le Regroupement canadien des médecins de famille en santé respiratoire s'est engagé à aider ceux qui souffrent de maladies respiratoires à vivre pleinement. Il se consacre à aider tous les médecins de famille à entretenir et à perfectionner leurs compétences pour offrir un soutien à ceux qui souffrent d'asthme et de MPOC. Le Regroupement a comme stratégie de maintenir à jour une banque de conférenciers et de données, ainsi que des outils pratiques, afin d'aider les médecins à obtenir les compétences requises.

À propos du rapport « Remontez à la surface - Rompre le silence »
Le rapport a été réalisé grâce au soutien de Nycomed : une entreprise Takeda.

Méthodes : Deux tables rondes ont réuni des pneumologues, des généralistes et des patients atteints de MPOC en octobre 2010. À ces groupes de recherche, s'est ajoutée une enquête d'opinion mondiale sur les « Vérités cachées de la MPOC », qui a mis en relief les lacunes en matière de soins et de communications qui subsistent chez les patients atteints de MPOC et les médecins du Canada et de 13 autres pays.

Références
__________________________

1 Indicateurs de la santé 2008. Institut canadien d'information sur la santé. Page 21 : http://secure.cihi.ca/cihiweb/products/HealthIndicators2008_ENGweb.pdf. Consulté le 16 mars 2011.

2 Wedzicha JA and Seemungal TAR. COPD exacerbations: defining their cause and prevention.  Lancet. 2007;370 : 786-96.

3 Donaldson G C, Seemungal TAR, Bhowmik A, Wedzicha JA. Relationship between exacerbation frequency and lung function decline in chronic obstructive pulmonary disease. Thorax. 2002;57:847-852.

4 Enquête sur les « Vérités cachées de la MPOC ». Septembre 2010. En cas de crise de ce type, quelles sont les principales raisons pour lesquelles vous recherchez une assistance ou des conseils médicaux?

5 Enquête sur les « Vérités cachées de la MPOC ». Septembre 2010. Parmi les mesures suivantes, lesquelles prenez-vous habituellement quand vous subissez une de ces crises? Canada par rapport au reste du monde.

6 Halpin, D. Mortality in COPD: Inevitable or Preventable? Insights from the Cardiovascular Arena.  COPD: Journal of Chronic Obstructive Pulmonary Disease. 2008;5(3):187-200.

7 Taylor JD, Wreggett, KA, Olsson H et al. Latest therapies targeting exacerbations in COPD. Drug Discovery Today: Therapeutic Strategies (2008), doi : 10.1016/j.ddstr.2008.06.003

8 L'Association pulmonaire. Les poussées actives de la MPOC : quoi faire. Disponible au : http://www.poumon.ca/diseases-maladies/copd-mpoc/flareups-pousseesactives/index_f.php
Consulté le 5 mars 2011.

9 Health Fact Sheet - Seasonal variation in COPD. Met Office, UK : http://www.metoffice.gov.uk/media/pdf/9/0/Seasonal_variation_in_COPD.pdf. Consulté le 13 janvier 2012.

10 Mittman, N, Kuramoto L, Seung SJ et al. The cost of moderate and severe COPD exacerbations to the Canadian healthcare system. Respiratory Medicine. 2007;102(3) : 413-421.

11 Enquête sur les « Vérités cachées de la MPOC ». Septembre 2010. Parmi les mesures suivantes, lesquelles prenez-vous habituellement quand vous subissez une de ces crises? Canada.

12 O'Donnell D et coll. Mise à jour de 2007 SCT - Directives - Recommandations pour la prise en charge de la maladie pulmonaire obstructive chronique. Can Respir J 2007, 14 (Suppl B):5B-32B.

13 OMS. Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) : http://www.who.int/respiratory/copd/fr/index.html. Consulté le 5 mars 2011.

14 L'Association pulmonaire. MPOC au Canada : http://www.lung.ca/_resources/COPD_in_Canada_CLA_2007.pdf. Consulté le 3 mars 2011.

SOURCE COPD Canada

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