15e Gala des Prix policiers du Québec : des héros de l'ombre récompensés

MONTRÉAL, le 20 nov. 2013 /CNW Telbec/ - Le 15e Gala des Prix Policiers du Québec a rendu hommage aujourd'hui à 40 policières et policiers et deux civils qui œuvrent dans le domaine policier à l'hôtel Marriott Château Champlain à Montréal. Les membres du Conseil de Gouvernance ont souligné le dévouement et le travail exceptionnel accompli par des policières et policiers de partout au Québec. Près de 300 invités provenant de tous les horizons ont participé à ce gala. M. Pierre Légaré a agi, encore cette année, à titre de maître de cérémonie.

Ces policières et policiers ont reçu le Cristal des Prix Policiers du Québec pour s'être illustrés par leur courage, leur esprit d'équipe, leur persévérance et leur engagement auprès de leur communauté. Il s'agit de :

PREMIERS INTERVENANTS AU LAC-MÉGANTIC
Cette nuit-là, les agents sont à accomplir leur travail. Deux policiers viennent d'intercepter un VTT, deux autres rédigent des rapports dans leur véhicule. Personne n'est loin du centre-ville lorsque l'explosion survient. Les agents comprennent immédiatement l'ampleur du danger qui guette la population. Les coulées de pétrole qui risquent à tout moment de se produire et les wagons qui peuvent exploser sont autant de dangers immédiats contre lesquels il faut protéger la population.

Les agents se séparent le travail afin de pouvoir venir en aide à un maximum de personnes. Le centre-ville brûle! Sur la rue des Vétérans, le sergent Boulé utilise le haut-parleur du véhicule pour dire aux citoyens qu'ils sont en danger. Le temps presse. Les autres agents sont près du Musi-Café. Ils procèdent à l'évacuation de ce qui deviendra les zones rouges et jaunes. Et pourtant, il faut même protéger les gens contre leur propre curiosité qui les attire vers le brasier.

Cette nuit-là n'a pas été comme les autres. De façon totalement inattendue, quatre agents se sont retrouvés au cœur d'une catastrophe sans précédent et ont répondu « présents ».

Nous saluons François Boulé, Sophie Demers, Jean-François Laliberté et Marc-Antoine Maynard de la Sûreté du Québec.

INTERVENTION DE LA DIVISION DE L'IDENTITÉ JUDICIAIRE - LAC-MÉGANTIC
Après la catastrophe, vient le moment de compter les morts et, surtout, de les identifier. Ils ont été nombreux à participer à cette tâche si importante. Quarante-sept personnes ont pu être extirpées des décombres et formellement identifiées. Plusieurs dizaines de spécialistes de l'identité judiciaire ont contribué à ce résultat. Parce qu'il y avait des émanations toxiques, les policiers devaient travailler en portant des bonbonnes d'air comprimé, alors que le soleil de juillet se reflétait sur le goudron tout autour. Mais cette chaleur, ils étaient tous prêts à la supporter. Chacun comprenait l'importance de rendre aux familles un peu de sérénité en leur permettant de faire le deuil des personnes disparues.

De la Sûreté du Québec, Steven Montembeault, représentant pour la région Est, et Pierre Truchon, représentant de la région Ouest, recevront le Cristal au nom de leurs collègues de la division de l'Identité judiciaire.

INTERVENTION POLICIÈRE À RIMOUSKI
Le 25 juin 2012. Les policiers ont ce privilège, si on peut dire, d'intervenir là où ça peut brasser. L'appel est rentré au tout début de la relève de nuit. C'est le premier appel. Quelqu'un crie à tue-tête dans une voiture en stationnement. Il pleut. Dehors, c'est l'orage. Éclairs et tonnerre.

À l'arrivée des policiers, l'homme sort de son véhicule. Manifestement, il est agressif mais désorganisé. Il cherche à fuir. L'agent Guimond lui fait face. Il y a contact physique. Un très court instant. L'agent Lévesque attrape le prévenu et constate, en même temps que l'agent Guimond, que celui-ci a été blessé. Il y a un couteau par terre. Le prévenu l'a frappé sous l'aisselle. L'agent Guimond s'effondre.

Parfois, la personne dont il faut sauver la vie, ce n'est plus un inconnu, c'est un confrère de travail. Mais avant de pouvoir porter assistance à son « partner », notre récipiendaire devait tout d'abord sécuriser la situation. Il a donc poursuivi l'intervention policière, menotté celui qui maintenant était peut-être devenu un meurtrier, puis porté secours à son ami en trouvant la plaie afin de bloquer l'hémorragie. Tout cela en maintenant les communications avec les secours et en s'assurant que le prévenu ne tentait pas de s'enfuir. Beaucoup d'adrénaline.

L'agent Lévesque est un homme, un policier, un professionnel qui a su faire preuve d'une grande capacité d'action lors d'un moment de stress intense où c'est la vie de son ami qui était en jeu.

Nous saluons Robin Lévesque, policier à la Sûreté du Québec.

INTERVENTION AU SERVICE DE POLICE DE LA VILLE DE QUÉBEC (SPVQ)
Le 7 mai 2013 en après-midi, une jeune femme et son bébé circulaient en véhicule sur le boulevard Raymond dans l'arrondissement Beauport de la Ville de Québec.

Ils sont passés très près de la mort, quand leur véhicule a fait des tonneaux pour terminer sa course dans un fossé, à quelques centimètres d'une chute supplémentaire d'une hauteur de plus de 40 pieds dans un ravin. Le véhicule était alors sur le toit et balançait entre la terre ferme et le vide.

Heureusement, une citoyenne qui passait par là a extirpé le bébé de sa fâcheuse position, l'enfant ne souffrait d'aucune blessure apparente.

Les agents Picard et Lefebvre ont été les premiers policiers à répondre à cet accident. À leur arrivée, ils se sont dirigés vers le véhicule qui était en déséquilibre entre la terre ferme et le ravin, pour se rendre compte que la conductrice était toujours dans une situation très précaire, en effet, la mère était prise à l'intérieur.

La situation était délicate, le véhicule pouvait à tout moment s'enfoncer et glisser vers le ravin. L'agent Lefebvre a immédiatement coupé la ceinture de sécurité à l'aide de son couteau, car la conductrice avait des difficultés respiratoires causées par la ceinture de sécurité qui lui coinçait la gorge. Aussi, le toit du véhicule lui écrasait la tête. L'agent Picard a alors porté assistance à sa collègue pour libérer la conductrice de sa fâcheuse position. 

L'intervention rapide et le sang-froid des policiers et de la citoyenne dans cette situation critique ont sans aucun doute contribué au bien-être de cette jeune famille.

La dame et le bébé ont été transportés à l'hôpital sans qu'on craigne pour leur vie. Nous saluons Guillaume Picard et Sara-Émilie Lefebvre.

PROJET « HACHOIR »
Pour la population environnante d'Ormstown, la proximité avec la frontière américaine était devenue une source de craintes au cours des dernières années. À cause de sa situation géographique, la région était devenue un haut lieu du très lucratif trafic de cigarettes et de cannabis. Une organisation criminelle locale et son chef faisaient la pluie et le beau temps dans ce coin de pays. Ils ont commis des gestes d'intimidation et de vandalisme envers des citoyens qui avaient osé s'opposer à leur trafic, dont l'un qui a vu son chalet partir en fumée. Des plaintes ont donc été déposées. La Sûreté du Québec s'est emparée du dossier. En septembre 2010, une équipe d'enquêteurs reçoit la mission de mettre fin aux activités du  groupe criminalisé.

Un facteur qui, dit-on, fait la richesse des milieux de vie en campagne, est que l'anonymat n'y existe pas. Alors, justement, imaginez le degré de difficulté que rencontrent les policiers lorsqu'ils veulent rester invisibles. Comment faire de la surveillance physique alors que la présence d'individus ou de véhicules inconnus est rapportée aux oreilles des criminels? Et pourtant, l'enquête s'est terminée en juillet 2012 au moment où la tête de réseau a plaidé coupable face à la preuve accumulée. Entre autres, grâce au travail des policiers, les procureurs disposaient de photos montrant un convoi de motoneiges. Des photos prises par une caméra à infrarouge à trois milles de distance en pleine nuit alors que les policiers se camouflaient dans la neige. En janvier 2012, pour renforcer la preuve, les enquêteurs se sont ainsi relayés pendant 30 nuits consécutives pour établir une surveillance extérieure.

En plus de l'imagination et de l'abnégation qu'il faut souligner chez ces récipiendaires, il faut aussi retenir leur remarquable discrétion. Nos « héros de l'ombre » sont des gens qui sont passés inaperçus dans une région, mais dont l'action, elle, continue de toucher encore aujourd'hui le quotidien des citoyens de cette communauté.

Nous saluons, de la Sûreté du Québec, Patrick Condon, Daniel Connell, Dany Dufour, Réjean Roy, Cynthia Tremblay et Naji Yared; de la Sûreté municipale de Laval, Stéphane Racine; et du Service de police de la ville de Montréal, Robert Elliott.

PROJET « HARPONNER »
Chénéville dans l'Outaouais, 1987. Elle avait 31 ans. Il avait de la haine. Un meurtre gratuit. Vingt-cinq ans plus tard, on reprend les vieilles enquêtes mais avec les moyens d'aujourd'hui. La police scientifique a fait d'énormes progrès et les méthodes d'enquête sont plus élaborées. Il fallait la ténacité, l'imagination et le talent des membres de l'équipe des crimes non résolus de la Sûreté du Québec pour rassembler les preuves qui ont permis de prouver la culpabilité du suspect. Quoi de mieux que des aveux pour attraper un assassin qui a réussi à échapper à la Justice pendant 25 ans? Les enquêteurs vont élaborer un scénario pour amener le meurtrier à admettre son crime de façon libre et volontaire. Ils prendront contact avec le suspect, gagneront sa confiance, l'amèneront à parler du passé et à révéler son crime. Maintenant qu'il a été condamné, la petite communauté de Chénéville et, surtout, la famille de la victime, peuvent faire la paix avec les circonstances troubles qui ont entouré la mort de Marie d'Amour.

Nous saluons Jessie Houle, Jude Joyal, Jacques Lavigne, Sébastien Rousseau et Stéphane Savard.

UN ENFANT SAUVÉ DE LA NOYADE DANS LA RÉGION DE SOREL-TRACY
Le 17 août 2013, c'est le début de l'après-midi et il fait beau. Les rues sont calmes. Puis l'appel à l'aide qui retentit dans les haut-parleurs. Un enfant, une piscine, un drame trop connu. L'agent fonce. C'est un appel de priorité 0, c'est-à-dire, là, maintenant, toute de suite. Sur les ondes, l'agent entend que l'enfant aurait repris conscience. Sur place, plusieurs personnes, affolées, sous le choc, des enfants qui pleurent, puis il y a cet enfant de 8 ans qu'on a sorti de la piscine. Il est à nouveau inconscient. Le cœur ne tient pas le choc. Après avoir fait les premières manœuvres RCR pour s'assurer que les voies respiratoires sont libres, l'agent entreprend un puissant massage cardiaque. Avec patience, sang-froid et application, l'agent a poursuivi ses manœuvres malgré la frénésie autour de lui. Au bout d'une minute, l'enfant a repris conscience. On venait de lui sauver la vie.

L'intervention qu'il a effectuée montre que cet agent possède une capacité d'initiative, des habiletés techniques et des qualités morales qui font honneur à l'ensemble de la profession. Pour un enfant de 8 ans, elles ont fait la différence entre la vie et la mort.

Nous saluons Jonathan St-Arnaud, policier à la Sûreté du Québec.

SAUVETAGE SUR LE PONT JACQUES-CARTIER
Alain Tremblay est un gars de Chicoutimi, il a 17 ans d'ancienneté à la Sûreté du Québec et est affecté depuis moins de deux ans aux ponts Jacques-Cartier et Champlain. Son secteur habituel de patrouille : le pont Champlain.

Le matin du 12 septembre dernier, il avait à faire au poste central près du pont Jacques-Cartier. Il entend l'appel, il est tout près, il se rend.  Deux minutes plus tard, il descend de voiture. Il aperçoit le sergent Pagé déjà rendu sur place. Il est rassuré : quelqu'un va prendre en charge la gestion de « l'environnement », dont l'énorme bouchon qui se forme sur le pont Jacques-Cartier à 7 h du matin. Des cyclistes se sont arrêtés aussi.

L'agent Tremblay s'approche du jeune homme s'apprêtant à se jeter du haut du pont. Il aperçoit Michel Barrette. Il comprend que c'est probablement la présence du comédien qui a retenu jusqu'à maintenant le désespéré de passer à l'acte.

Habituellement, les policiers vont demander aux citoyens de s'écarter de la scène, pour des raisons évidentes, mais cette fois l'agent de police décide plutôt de composer avec la présence de Michel Barrette. Ils ont le même but. Le policier lui dit : « Bonjour Michel, je m'appelle Alain. Je suis de Chicoutimi. »  Voilà, une équipe venait de se former.

Tremblay se met à parler, une main posée sur l'épaule de Barrette. Il maintient constamment la communication avec le suicidaire. Michel Barrette intervient, parfois à l'aile droite, parfois à l'aile gauche, toujours présent, solide et discret. Il laisse le policier travailler.

Il leur faudra 50 minutes d'échanges soutenus avec le jeune suicidaire pour arriver à le convaincre de redescendre. Revenu sur le tablier du pont, celui-ci se jettera dans les bras du policier.

Nous saluons Alain Tremblay.

PROJET COCHE
La patience et une éthique de travail rigoureuse ont porté fruits pour les quatre membres de la GRC qui ont dirigé le très important projet Coche entre 2008 et 2012 - une enquête complexe qui a permis de déposer des accusations de corruption contre des fonctionnaires fédéraux de Montréal qui avaient enfreint la loi et trahi la confiance du public, mais qui a aussi permis de traduire en justice le célèbre homme d'affaires montréalais Tony Accurso et son associé, Francesco Bruno, tous deux accusés de fraude commerciale.

L'équipe Coche a travaillé étroitement avec les enquêteurs de l'Agence du revenu du Canada à Montréal, où des plaintes concernant des employés corrompus circulaient depuis plusieurs années. En fin de compte, plusieurs centaines d'accusations criminelles ont été portées contre un grand nombre d'employés de l'ARC. Neuf de ces employés font actuellement l'objet de 65 chefs d'accusation, tandis que plusieurs autres ont été congédiés.

Le projet Coche est un exemple classique des résultats exceptionnels que peuvent produire le dur labeur, l'attention au détail et l'analyse minutieuse des données de cette équipe infatigable de policiers qui ont souvent mené leur enquête avec des ressources humaines limitées et qui ont fait plus que leur simple devoir pour produire des résultats solides. L'enquête s'est aussi avérée de très haut niveau, alors que Tony Accurso fait finalement face à des accusations pour activités criminelles, ce qui a fait l'objet de fortes mobilisations médiatiques.

Félicitations aux Gendarmes Pierre Breton et Richard Zaour ainsi qu'au Sergent Christian Sabourin et au Sergent d'état-major Patrick Marinilli.

PROJET ARGENT
La géographie ne connaît pas de frontières lorsque des organismes d'application des lois de divers pays et juridictions s'associent pour pincer des malfaiteurs - et le projet Argent montre justement à quel point la coopération peut produire les résultats que tous recherchent. L'enquête a été ouverte grâce à un tuyau de l'agent Patrick French de la police de Laval en juin 2010, à la suite de sa rencontre avec Claude Gourgue de la GRC à Saint-Jérôme pour échanger quelques informations concernant une bande criminelle organisée opérant à Laval. L'agent French surveillait les activités du gang depuis 2008 et croyait posséder suffisamment de renseignements pour permettre à la GRC de réclamer d'autres travaux d'enquête.

Le caporal Gourgue avait été informé que le gang était impliqué dans le trafic de stupéfiants et que le leader du groupe était propriétaire d'une maison évaluée à 800 000 $ à Saint Sauveur et conduisait une Porsche. Un mois plus tard, le caporal Gourgue apprenait que la DEA faisait enquête sur les activités d'un trafiquant de drogue canadien nommé Cosmo, lequel avait été retracé à Laval et identifié comme étant Jimmy Cournoyer, le tristement célèbre chef de l'organisation criminelle pointée du doigt par Patrick French. D'autres travaux conjoints entre la GRC et le Service de police de Laval ont conduit à une opération de surveillance des membres du gang qui s'apprêtaient à déplacer un chargement de drogues dans trois sacs de hockey. Dans une descente, les agents ont mis la main sur 100 kilos de cannabis. Quelques jours plus tard, un mandat a permis aux policiers de mettre à jour une installation de culture dans un entrepôt appartenant au gang. Grâce à la saisie et aux arrestations, les agents des deux côtés de la frontière ont pu identifier chaque membre du gang et ainsi procéder à des arrestations majeures.

La DEA a particulièrement bien réussi à établir un lien entre Cournoyer et la forte activité de gangs à New York où, supposément, il était à la tête d'un important réseau de trafic de drogue depuis 2007, expédiant des stupéfiants à partir de Montréal vers les États-Unis, en passant par la réserve autochtone d'Akwesasne près de Cornwall.

Grâce à la détermination et à la collaboration de tous les agents des divers organismes un gang de criminels qui transportaient des stupéfiants à travers les États-Unis et le Mexique a été démantelé. L'enquête a prouvé, une fois de plus, que le travail ingénieux des policiers et le travail d'équipe produisent des résultats concrets.

Caporal Claude Gourgue et Constable Patrick French, Service de police de Laval.

PROJET ASSELIN
Le projet Asselin a commencé après que des enquêteurs aient constaté que, étrangement, le montant de la faillite de l'entrepreneur Éric Asselin ressemblait très étroitement à ce qu'il avait illégalement obtenu grâce aux investissements de Norbourg, et à ce que certains investisseurs avaient perdu dans la frauduleuse affaire Norbourg. Du total de 1 069 000 $ déclaré par Asselin, la quasi-totalité avait été obtenue grâce à son association avec Norbourg.

Le problème était qu'Asselin avait signé un accord d'immunité avec la GRC en contrepartie de la dénonciation de ses anciens partenaires. L'astuce consistait donc à identifier les éléments non couverts par l'accord - des éléments qui auraient pu soutenir la preuve que la faillite d'Asselin était aussi frauduleuse que la société dont il était naguère le vice-président. La tâche était difficile, puisque les détails saillants de la douteuse faillite personnelle d'Asselin et de ses activités pendant qu'il était chez Norbourg étaient si étroitement reliées. 

Le travail des enquêteurs était entravé par un manque de ressources. Il a fallu plus d'un an à l'enquêteur en chef, travaillant seul, pour obtenir de l'aide, et des voies possibles de poursuite ont dû être abandonnées complètement puisqu'il n'y avait pas suffisamment de personnel pour surveiller les activités d'Asselin. Des milliers de documents devaient être examinés - certains provenant des fiduciaires de Norbourg et d'autres du syndic personnel d'Asselin - et placés dans des piles distinctes afin d'éviter de compromettre l'enquête. Pour aggraver la situation, trois avocats différents, chacun avec différents niveaux de connaissance du dossier, allaient et venaient, ramenant à chaque fois les enquêteurs à la case départ. 

Mais il a été découvert que les meilleurs témoins de la fraude étaient des membres de la famille d'Asselin qui avaient investi des sommes étonnamment semblables à celles non déclarées dans la faillite personnelle d'Asselin et qui, en dépit du fait qu'ils ne connaissaient aucunement les intentions de leur honorable parent, étaient disposés à s'incriminer eux-mêmes s'ils devaient être appelés à témoigner. Mais, quoi qu'il en soit, les enquêteurs ont néanmoins procédé à leur arrestation et obtenu avec un vif succès leurs versions des événements, et ce, malgré les objections du procureur qui ont heureusement été écartées. 

Il s'ensuivit une compilation complexe de 10 000 pages de transactions bancaires en plus de  4 458 fichiers numériques. Et il fallait aussi obtenir l'autorisation d'ouvrir les dossiers scellés des fiduciaires. L'autorisation de la Couronne aura été, en elle-même, très difficile et pour le moins peu orthodoxe. Mais les efforts des enquêteurs ont porté fruits alors qu'une somme de près de 400 000 $ a été localisée dans un fonds en fiducie d'un avocat montréalais qui avait jusqu'alors échappé au contrôle du syndic, montant qui a subséquemment été saisi. Asselin a plaidé coupable et a été condamné à 3 ans d'emprisonnement, évitant ainsi un procès coûteux. 

Environ 75 pour cent des fonds détournés ont finalement été récupérés, et la somme dissimulée au syndic s'élèvera probablement à près de 1 million $ - pas mal du tout pour une folle affaire de faillite frauduleuse.

Caporal Alain Gagné (à la retraite), Gendarme Dominic Perron et Gendarme Ariane Forget.

PROJET CUBAIN
Le projet Cubain de la GRC a conduit en 2006 à une enquête sur Gilbert Kelly, un trafiquant de cocaïne connu, et a dévoilé comment M. Kelly comptait dissimuler le produit considérable de ses crimes. Au centre de l'enquête se trouvait un condominium de Montréal et son contenu, acheté sous le nom de Mireille Kelly, la sœur du suspect qui, avec son mari, étaient propriétaires d'un magasin à grande surface de Longueuil, une explication pratique de la provenance des actifs requis pour acheter et meubler la propriété.

Parce que l'enquête sur les activités criminelles de M. Kelly était en cours à l'époque de l'acquisition du condo, l'Unité mixte des produits de la criminalité (UMPC) de la GRC avait dû retarder la vérification publique de la transaction de manière à ne pas attirer l'attention de son suspect, sur qui les sources avaient fourni suffisamment de renseignements pour obtenir une ordonnance de restriction à l'égard du condo en question. Mais, le 7 décembre 2006, le suspect étant hors du pays, les enquêteurs ont pris des mesures et obtenu des renseignements du Registre foncier du Québec confirmant que le condo était au nom de la sœur du suspect, laquelle a été par la suite avisée de l'ordonnance.

Les enquêteurs ont commencé à examiner la preuve de toute opération, aussi minuscule soit-elle, qui puisse compromettre M. Kelly comme étant le véritable propriétaire du condo, vérifiant même le moindre achat chez les divers détaillants, ainsi que l'ameublement plus substantiel de l'intérieur du logement. Leur travail minutieux a confirmé qu'il était le suspect et un compagnon, et non la sœur, avait vraisemblablement effectué les achats à l'aide d'importantes sommes d'argent comptant, et avait aussi payé pour les modifications des lieux, mais sous le nom de la sœur.

Les enquêteurs de l'UMPC ont également obtenu suffisamment d'informations pour identifier les témoins qui aideraient à incriminer Mireille Kelly et prouver qu'elle avait fait de son mieux pour taire sa complicité dans les transactions.  Ces faits ont été présentés à la Cour et une saisie avant jugement a été obtenue, en dépit du fait que l'accusé était à l'étranger et n'avait pas encore été déclaré coupable de méfait. La sœur du suspect a tenté par de nombreuses procédures juridiques de récupérer le condominium, mais en vain. Cependant, parce qu'elle avait investi 70 000 $ pour son acquisition et payé les frais de copropriété ainsi que les taxes municipales et scolaires, elle a exigé le remboursement d'un montant total de 78 000 $, en vertu de l'article 461,31 du Code pénal qui permet à une tierce personne, agissant de bonne foi, de prendre de tels recours.

Sauf que, dans le cas de Mireille Kelly, l'UMPC avait obtenu des informations démontrant qu'elle était bien au fait des activités criminelles de son frère et qu'elle lui avait même rendu visite en prison. Il pourrait également être démontré qu'elle savait que son frère n'avait aucune source légitime de revenu et qu'elle aurait pu facilement déduire que le loyer qu'il lui versait provenait de profits tirés de ses activités de trafic de stupéfiants. En bref : la sœur de M. Kelly s'est à peine qualifiée de tiers agissant de bonne foi, ce qui a plus tard été confirmé en appel devant la Cour suprême. En rejetant tout remboursement de fonds, le tribunal a pris une décision importante en interdisant à toute tierce partie de se déclarer innocente d'actes répréhensibles simplement parce qu'elle ferme les yeux pour ne pas les voir.

En outre, les activités de surveillance électronique et un agent d'infiltration civil avaient rassemblé suffisamment d'informations quant à la nature précise des activités illicites de Gilbert Kelly, et de sa participation active dans l'importation de cocaïne, pour obtenir une mise en accusation. Un mandat d'arrêt contre lui est toujours en vigueur et son condo a été vendu pour la somme de 385 000 $.

Caporal Lyse Lévesque, Caporal Marie-Hélène Côté (à la retraite), Caporal Jean Harrison, Gendarme Ann Marcotte et Pierre Roy, Service des poursuites pénales du Canada.

PROJET COMPTABLE
Bien que le projet Comptable impliquait plus d'une douzaine d'enquêteurs tout au long de ses quatre années de travail, les quatre membres de la GRC qui sont aujourd'hui honorés se distinguent par leur intense participation et leur recherche méticuleuse dans une affaire de fraude commerciale majeure impliquant des transactions sur des biens immobiliers commis par un groupe de cinq personnes, qui avaient escroqué le gouvernement fédéral et des banques d'environ 18 millions $ par le biais de 80 fausses transactions.

L'importante enquête menée par l'Unité des fraudes graves de la Section des délits commerciaux de la Division C de la GRC a permis d'identifier au moins deux des individus impliqués dans plusieurs cas de fraudes hypothécaires. Kinh Ho Quan, 56, et Hermel Bossé, 58, tous deux résidents de Montréal, ont été arrêtés et inculpés de fraude de plus de 5 000 $.

Les accusés ont réussi à contourner les contrôles et les normes de l'industrie immobilière dans le but de frauder des particuliers, de nombreuses institutions financières et le gouvernement du Canada, y compris la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) qui fournit l'assurance-prêt hypothécaire.

En échange de quelques milliers de dollars, et sous prétexte de renforcer leur cote de crédit, les accusés recrutaient des individus qui acceptaient d'agir comme prête-noms dans l'acquisition de propriétés qui devaient être vendues à profit peu de temps après.

Les enquêteurs du projet Comptable ont réussi à dénouer ce stratagème très complexe en utilisant le bon vieux travail policier et leur détermination à toute épreuve, d'où leurs nominations aux Prix Policiers du Québec 2013.

Caporal Mark David, Gendarme Martine Louisma, Gendarme Nikolay Toshkov et Alexandra Samson.

À propos du Conseil de Gouvernance du Gala des Prix Policiers du Québec
Le Conseil de Gouvernance a pour mandat de faire l'examen de toutes les candidatures qui lui sont soumises. Le Conseil veille à établir les grandes orientations que l'organisation sera appelée à prendre. Il est composé de l'honorable Pierre H. Cadieux, M. Steven Chabot, M. Jean-Pierre Charbonneau, M. Gaétan Delisle, ainsi que l'honorable Louise Mailhot.

Remise d'un don : Par l'entremise du Fonds humanitaire de l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec et de la Fondation de l'Association des membres de la Police Montée du Québec, un don de 5 000 $ a été remis à la Fondation Dédé Fortin. La Fondation Dédé Fortin est un organisme à but non lucratif qui recueille des fonds au moyen d'activités de collecte inspirées de la vie et de l'œuvre de Dédé Fortin et qui les distribue à des organismes agissant en prévention du suicide et en santé mentale.

SOURCE : Association des policières et policiers provinciaux du Québec

Renseignements :

Laurent Arel, Responsable des communications, APPQ, 514 823-8474 ou laurent.arel@gmail.com

Frédéric Serre, Agent d'information, AMPMQ, 514 750-5887  ou fsimedia@videotron.ca


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