Une hausse importante de l'Indice Scotia des produits de base révèle un risque pour les réserves de pétrole canadiennes

TORONTO, le 27 janv. /CNW/ - L'Indice Scotia des produits de base, qui mesure la tendance des prix de 32 des principales exportations canadiennes, a terminé 2010 sur une très forte note, grimpant de 5,5 % en décembre par rapport au mois précédent. L'indice global a gagné 17,8 % pendant l'année (depuis la fin de 2009) et est maintenant 43,2 % supérieur à son creux cyclique d'avril 2009.

Dans l'ensemble, les prix des produits de base se sont raffermis davantage au début de janvier. « Alors que les prix ont affiché un recul le 20 janvier à l'annonce de la croissance plus importante que prévu du PIB de la Chine au quatrième trimestre de 2010, laquelle a été de 9,8 %, en hausse par rapport à 9,6 % pour le troisième trimestre, laissant croire à un resserrement de la politique monétaire pour contenir l'inflation, nous continuons de penser que l'économie de la Chine progressera à un rythme sain en 2011 », a déclaré Patricia Mohr, vice-présidente d'Études économiques et spécialiste du marché des produits de base à la Banque Scotia. « Le PIB de la Chine devrait progresser de 9,5 % en 2011, ce qui n'est que légèrement en deçà des 10,3 % pour 2010. »

Pétrole et gaz

Le sous-indice du pétrole et du gaz a mené le train en décembre, bondissant de 12,2 % par rapport au mois précédent. Les hausses des prix ont touché beaucoup de secteurs : pétrole léger et pétrole lourd, gaz naturel et GPL (propane). Le pétrole brut WTI (prix de référence pour l'Amérique du Nord) est passé de 84,31 $ US le baril en novembre à 89,23 $ US en décembre et a affiché une moyenne juste en deçà des 90 $ US depuis le début de janvier. Cependant, le prix du brut WTI traîne derrière le Brent (référence pour les prix des deux tiers de l'approvisionnement mondial) depuis le 17 août, l'écart ayant atteint 10 $ US le 26 janvier.

Cette situation découle de trois faits nouveaux : 1) le point d'établissement des prix pour les contrats de pétrole sur le NYMEX est Cushing, en Oklahoma, terminal ayant une capacité de pipeline limitée vers les centres de raffinage de la côte américaine du golfe; les stocks à Cushing ont récemment atteint des niveaux record, poussant les prix à la baisse; 2) la force relative du Brent en raison de la réduction graduelle de la production dans les zones de la mer du Nord exploitées par le Royaume-Uni et la Norvège ainsi que des températures exceptionnellement froides que connaît le nord-ouest de l'Europe cet hiver; et 3) la position dominante qu'occupe une société de négoce dans les cargaisons physiques du Brent et du Forties en février.

« Le large écart entre le WTI et le Brent met en lumière le risque commercial pour les réserves pétrolières canadiennes de dépendre largement d'un seul marché d'exportation, les États-Unis », affirme Mme Mohr. « Cet écart pourrait se rétrécir dans plusieurs années, lorsque deux pipelines proposés (Keystone XL et Monarch) seront construits vers les côtes américaines du golfe. Cependant, la construction d'autres pipelines ou l'utilisation d'un lien ferroviaire existant de l'Alberta (au nord d'Edmonton) vers la côte de la Colombie-Britannique à destination des marchés asiatiques en plein essor pourraient garantir des prix mondiaux pour le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta et autres pétroles bruts canadiens. La consommation de pétrole de la Chine a augmenté d'une importante proportion de 12 % en 2010 et de 19,1 % en décembre en glissement annuel.

Métaux et minéraux

L'indice des métaux et des minéraux a aussi affiché un raffermissement notable au mois dernier (en hausse de 3,1 % par rapport au mois précédent). À la Bourse de métaux de Londres, le cuivre a une fois de plus été la vedette, passant de 3,84 $ US la livre à 4,15 $ US la livre en décembre et atteignant un nouveau record de tous les temps de 4,44 $ US le 19 janvier. L'arrivée à Londres du premier fonds coté en bourse (FCB) sur le cuivre le 10 décembre en plus de deux autres à venir en 2011 (ce qui ajoute une autre option d'investissement à la demande de cuivre) et l'augmentation des importations de cuivre en Chine (après un été modeste) ont fait grimper les prix. Le prix au comptant de l'uranium a également poursuivi sa montée, bondissant à 70 $ US la livre à la fin de janvier alors que la disponibilité sur le marché au comptant était mince. Les entreprises de service public et les fonds d'investissement tentent d'organiser leurs réserves en vue de l'échéance de l'entente sur l'uranium hautement enrichi (UHE) prévue en 2013 et des récents contrats à terme de la Chine, bloquant une grande partie des réserves mondiales à moyen terme.

Les prix des contrats pour le charbon à coke métallurgique de première qualité (FAB à Vancouver) bondiront probablement au deuxième trimestre de 2011 (probablement autant que 300 $ US); ils sont de 225 $ US pendant le trimestre civil actuel. Les prix au comptant considérablement plus élevés sur les marchés asiatiques (résultat des inondations dans le Queensland) feront grimper les prix négociés. Les prix au comptant (FAB aux ports d'Australie) ont bondi à 355 $ US la tonne au milieu de janvier, alors qu'ils étaient de 253 $ US à la fin décembre et de 228 $ US en novembre. L'Australie représentait 56 % du commerce maritime mondial sur le marché du charbon métallurgique en 2010, dont la majeure partie provenait du Queensland. BHP Billiton Mitsubishi Alliance, le plus important exportateur de charbon à coke de l'Australie, prévoit que ses activités seront perturbées pendant encore six mois.

Le prix du Palladium (cours de l'après-midi à Londres) était de 749 $ US l'once au milieu de décembre, a atteint un sommet à court terme de 824 $ US l'once le 19 janvier 2011 ayant attiré l'attention des investisseurs et est redescendu à 797 $ US à la fin janvier. On prévoit que le palladium sera le métal précieux qui offrira le meilleur rendement cette année. Les ventes de voitures en Chine (marché de croissance clé pour les convertisseurs catalytiques à base de palladium utilisés dans les petits véhicules à essence) ralentiront probablement en 2011, après avoir affiché une étonnante progression de 33 % en 2010, mais devraient quand même progresser de 15 %.

Indice des produits agricoles

Les produits agricoles ont enregistré le deuxième gain en importance des sous-indices en décembre, affichant une hausse de 8,2 % par rapport au mois précédent. Les hausses à grande échelle des prix des céréales, des oléagineux (canola), du bétail (boeufs et porcs) et du poisson ont fait monter les prix des produits agricoles de 32,1 % par rapport à l'année précédente. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture a souligné qu'en décembre, les prix des produits de base liés à l'alimentation à l'échelle mondiale ont dépassé le record précédent établi en juin 2008, des hausses particulièrement importantes ayant été observées pour le sucre (sommet record), les huiles (p. ex., soja et poisson) et la viande (probablement stimulé par la hausse des coûts des céréales fourragères).

« Nous prévoyons que les conditions agricoles feront partie des meilleures jamais observées pour l'épandage d'engrais en 2011, ce qui fera grimper la demande de potasse ainsi que ses prix », a ajouté Mme Mohr.

Produits forestiers

Finalement, l'indice des produits forestiers a remonté en décembre (+0,8 % par rapport au mois précédent, 20 % en glissement annuel). « Les prix des 2x4 en pin-sapin-épinette ont poursuivi leur progression au début de 2011, grimpant aussi haut que 321 $ US par kpmp, ce qui est un niveau rentable pour les producteurs du marché intérieur de la Colombie-Britannique et bien au-dessus des 230 $ US enregistrés une année plus tôt », a exprimé en conclusion Mme Mohr. « Alors que les mises en chantier domiciliaires aux États-Unis sont demeur��es dans un marasme en décembre, soit à 529 000 unités sur une base annuelle, et qu'on ne prévoit qu'une remontée à 680 000 unités pour 2011, une croissance des ventes anticipée en Chine, en hausse de 68 % en glissement annuel en octobre 2010, et la reconstitution des faibles stocks de distribution aux États-Unis avant le printemps ont fait grimper les prix. »

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

SOURCE Banque Scotia - Rapports Economiques

Renseignements :

Patricia Mohr, Études économiques Scotia, 416-866-4210, pat_mohr@scotiacapital.com;
Patty Stathokostas, Relations avec les médias, Banque Scotia, 416-866-3625, patty_stathokostas@scotiacapital.com

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