Un important regroupement d'organismes inquiet des répercussions du Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP)



    MONTREAL, le 16 août /CNW Telbec/ - A l'aube de l'ouverture du Sommet de
Montebello, réunissant les chefs d'Etat du Mexique, des Etats-Unis et du
Canada, un important regroupement d'organismes sociaux, populaires et
syndicaux, composé du Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC),
du Collectif Echec à la guerre, d'Amnistie internationale, du Forum social
québécois et du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), demande aux
gouvernements qu'ils fassent preuve de transparence et lance un appel à la
population afin qu'elle soit vigilante quant aux conséquences du Partenariat
pour la sécurité et la prospérité (PSP).
    Le processus même du PSP est vicié au départ. Ses promoteurs prétendent
qu'il n'a pas à être soumis aux parlementaires ni au débat public parce que ce
n'est qu'un "partenariat", pas un traité dûment signé et parce qu'il s'agirait
de discussions essentiellement techniques. Or, ce sont bien plus que de
peccadilles dont il est question, l'avenir énergétique de l'Amérique du Nord
étant, entre autres, en discussion. L'harmonisation des règles et des normes
canadiennes sur celles des Etats-Unis n'augure rien de bon, au point où le
pouvoir souverain de l'Etat de définir ses propres politiques publiques est
remis en question à travers le PSP. Enfin, "il est carrément antidémocratique
que seuls les milieux d'affaires aient leur mot à dire et aient un accès
direct aux responsables politiques sur les questions de sécurité et de
prospérité", a déclaré Normand Pépin, le porte-parole du RQIC.
    Personne ne peut être contre la sécurité ou contre la prospérité. Les
questions que se pose Amnistie internationale sont quelle sécurité et une
prospérité pour qui ? Malheureusement, il semble que la vision des trois chefs
d'Etat qui vont se réunir à Montebello ne soit pas celle d'un partenariat dans
le but d'accroître le respect de l'ensemble des droits humains de tous. Pour
le moment, les mesures antiterroristes et de sécurité mènent à la détention
arbitraire, à la discrimination et à la torture. Le développement économique
laisse des millions de personnes dans une pauvreté abjecte. N'est-ce pas
plutôt au niveau du respect des droits humains que les gouvernements des trois
Etats devraient être conseillés ?
    Sous prétexte de "sécurité", le PSP nous entraîne sur la voie de la
guerre et du militarisme. Sa signature, en 2005, a coincidé avec l'annonce de
la plus importante augmentation du budget militaire canadien depuis la
Deuxième guerre mondiale : 12,8 milliards sur cinq ans, sur laquelle le
gouvernement Harper a ensuite renchéri de 5,3 milliards. L'adoption de
l'approche "3D", subordonnant la diplomatie et le développement de la
"défense" et l'annonce du déplacement de la mission militaire canadienne en
Afghanistan de Kaboul à Kandahar remonte aussi à cette période. Selon Raymond
Legault, du Collectif Echec à la guerre, "ce virage résolument militariste de
la politique étrangère s'accompagne d'une intégration plus poussée de l'armée
canadienne à celle des Etats-Unis qui s'effectue également à notre insu".
    Alors qu'il est minuit moins une, en termes de protection de
l'environnement, le Partenariat nord-américain proposé va à l'encontre de tout
principe de précaution, de réduction des gaz à effet de serre et de sauvegarde
des ressources naturelles. Le PSP qui vise à élargir le traité de l'ALENA ne
créera pas plus de prospérité mais plutôt un appauvrissement environnemental.
"Dans la disparité des forces en présence, le Canada et les provinces seront
contraints de plus en plus d'exporter leurs ressources naturelles, en laissant
la facture environnementale aux générations futures", s'indigne Gabrielle
Pelletier, présidente du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE).
    "Le PSP incarne tout ce contre quoi s'est construit et mobilisé la
mouvance altermondialiste", a affirmé Raphael Canet, membre du secrétariat du
Forum social québécois. Il met en évidence le déficit démocratique de nos
modes de fonctionnement politique où les élites économique et politique
négocient en secret, en dehors de tout débat public, alors que l'ensemble de
la population est tenu à l'écart. Pourquoi ériger des barrières et des
périmètres de sécurité si le PSP est censé faire le bonheur de tous ? "Il faut
au contraire ouvrir un débat public, ouvert et participatif, sur le projet
d'intégration continentale que nous voulons, comprendre les enjeux du PSP et
ses effets sur les populations. Les décisions qui seront prises à Montebello
nous concernent toutes et tous, et si nous vivons réellement en démocratie,
nous ne pouvons en être exclus".




Renseignements :

Renseignements: Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC):
Normand Pépin, (514) 217-6529 ou (514) 899-1070; Amnistie internationale,
section canadienne-francophone: Anne Sainte-Marie, (514) 766-9766 poste 230;
Collectif Echec à la guerre: Raymond Legault, (450) 736-4455; Réseau québécois
des groupes écologistes: Gabrielle Pelletier, (450) 441-4758 ou (514)
817-6604; Forum social québécois: Raphael Canet, (514) 883-9594 ou (514)
982-0533 ou Nathalie Guay, (514) 655-6651, www.forumsocialquebecois.org


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