/R E P R I S E/ - Sortir du vase clos pour élargir la vision: l'avenir des secteurs agricole et agroalimentaire québécois en dépend!



    SAINT-HYACINTHE, QC, le 29 août /CNW Telbec/ - Dans le cadre des
audiences nationales de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de
l'agroalimentaire québécois (CAAAQ), tenues cette semaine à Québec, M. Yvan
Lacroix, président-directeur général de l'Association québécoise des
industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC), présentait au
président de la Commission, M. Jean Pronovost, ainsi qu'aux deux commissaires,
Mme Pascale Tremblay et M. Mario Dumais, le mémoire de l'AQINAC, déposé en
juin dernier.
    Ainsi, les grands enjeux principaux suivants ont été particulièrement
identifiés par l'AQINAC : la mise en marché collective, la gouvernance, le
développement des ressources humaines, la santé et les préoccupations des
consommateurs (sécurité alimentaire et compétitivité).

    Mise en marché collective

    "La pensée unique n'entraîne pas la créativité", de dire M. Lacroix
devant les représentants de la Commission. C'est en ces termes que celui-ci
résumât la présentation du constat et des recommandations de l'AQINAC quant
aux mécanismes de mise en marché qui existent actuellement.
    Force est de constaté qu'un monopole de l'Union des producteurs agricoles
(UPA) et de ses affiliés est favorisé par le gouvernement, ce qui résulte en
une pensée unique laissant bien peu de place aux interventions externes
novatrices que pourraient apporter bien des partenaires des secteurs agricole
et agroalimentaire, dont l'AQINAC. Celle-ci souhaite d'ailleurs rappeler que
la mise en marché d'un produit devrait s'articuler autour des besoins exprimés
par les consommateurs, ce qui semble avoir été oublié en cours de route.
    Aussi, on ne peut que conclure que les mécanismes de mise en marché
actuels reconnaissent bien peu l'importance du secteur de la transformation
des produits. A ce propos, l'AQINAC partage tout à fait le point de vue de
l'Alliance de la transformation alimentaire (ALTA) quant à ce manque de
reconnaissance, tout autant qu'en ce qui a trait au manque de neutralité des
procédures d'appel sur les décisions de la Régie des marchés agricoles et
alimentaires du Québec (RMAAQ). "Les membres de l'AQINAC souhaitent participer
à la réorganisation de la mise en marché, et ce, en tant que
meuniers-producteurs (transformateurs), parce que nous sommes membre d'une
filière", de préciser M. Lacroix, ajoutant également : "De la création des
agences de vente a découlé une coupure drastique dans les relations entre les
producteurs et les transformateurs."
    Afin de créer un équilibre entre les forces en présence, l'AQINAC propose
une approche basée sur la concertation et sur les chaînes de valeur. Cette
chaîne, qui s'articule autour du tout premier maillon, le consommateur et ses
besoins, se doit de débuter par les fournisseurs d'intrants, pour ensuite
passer par la production, la distribution et la transformation
agroalimentaire. "Une chaîne de valeur doit être orientée vers le
consommateur, et non vers le producteur", mentionne le président-directeur
général de l'AQINAC.
    Pour conclure sur cet enjeu, l'AQINAC a indiqué aux représentants de la
Commission ses autres recommandations, soit : la cogestion des mécanismes de
mise en marché des produits agricoles, la modernisation de la Loi sur la mise
en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche (voire sa
modification afin d'accroître l'efficacité de la mise en marché des produits),
et ce, par la création d'un groupe de travail représentatif des filières dès
2008, l'ouverture de la loi afin qu'elle consente aux acteurs des industries
agricole et agroalimentaire la liberté de choisir leur mode de mise en marché,
l'encouragement de l'entrepreneurship ainsi que le développement d'un principe
de gestionnaire de qualité.

    Gouvernance

    "Il ne faut pas détruire le système, mais l'assouplir et l'adapter.
    Brasser un peu le monopole de l'UPA ferait du bien à tous, y compris à
    l'UPA elle-même", tels sont les propos de Pierre Fortin, chroniqueur
    économique et enseignant de cette discipline à l'Université du Québec à
    Montréal, dans le magazine L'actualité du 15 juin 2007.

    Le document de consultation de la CAAAQ précise que : "L'Etat a fait de
    l'UPA un véritable partenaire en lui confiant des responsabilités de
    gestion de La Financière agricole (FADQ) ainsi que dans les systèmes de
    mise en marché supervisés par la RMAAQ." "Plusieurs soulignent que la
    composition du conseil d'administration de la FADQ respecte mal les
    nouvelles règles de gouvernance des sociétés d'Etat,... certains
    questionnent la présence, au sein du conseil, d'un nombre élevé de
    représentants de l'UPA, soit cinq (5) membres sur 11."

    C'est par ces citations que M. Lacroix a présenté le constat que fait
l'AQINAC de l'état actuel de la gouvernance agricole. "Il faut libérer
l'agriculture et l'agroalimentaire", a-t-il mentionné.
    Pour ce faire, l'AQINAC propose tout d'abord de revoir l'équilibre de la
représentativité des principales instances gouvernementales, soit toutes les
instances de législation et d'appui financier (ex. : RMAAQ et FADQ). Ainsi,
des présidents d'allégeance neutre devraient y être nommés alors que les
autres représentants devraient être désignés dans une proportion de
représentativité équitable entre les producteurs et les transformateurs.
Finalement, l'AQINAC propose de laisser le choix aux producteurs agricoles
d'adhérer à de nouvelles affiliations ayant un statut de représentativité
reconnu par l'Etat, dans la loi.

    Développement des ressources humaines

    Depuis de nombreuses années, les membres de l'AQINAC investissent en R&D,
et ce, sur une base régulière. Grâce à ces investissements, les fermes du
Québec ont une capacité de produire plus efficace et en qualité. Ces
investissements permettent également le développement de produits à valeur
ajoutée, tels le lait et les oeufs oméga-3. En résumé, ce sont tous les
producteurs agricoles du Québec qui bénéficient des retombées de la recherche
et du développement défrayés par le privé. En contrepartie, les budgets
alloués dans le cadre de l'Entente MAPAQ-UPA ne le sont qu'aux services dits
"non liés", ce qui crée une injustice évidente.
    L'Entente MAPAQ-UPA sur les services-conseils remet totalement en
question le principe d'autonomie des entreprises agricoles. De plus, celle-ci
crée une situation inéquitable envers les producteurs qui choisissent un
service-conseil de l'entreprise privée. En somme, si l'UPA était vraiment au
service de tous ses membres, cette entente pourrait faire en sorte que tous
aient accès à l'aide financière de l'Etat, peu importe les conseillers
choisis.
    Pour toutes ces raisons, l'AQINAC est d'avis que l'Etat devrait prôner
des principes d'équité, d'efficacité et d'optimisation de toutes les
ressources disponibles, ainsi que le respect des champs de compétences. Ainsi,
l'aide de l'Etat devrait être versée directement aux producteurs afin que
ceux-ci puissent choisir les services-conseils de leur choix. L'AQINAC a
également confirmé aux représentants de la Commission qu'elle support une
structure des services-conseils pour le développement de productions en
émergence.

    Santé et préoccupations des consommateurs

    Il va sans dire qu'il s'agit d'un aspect des plus importants du
développement de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois. Les
consommateurs sont de plus en plus préoccupés, à raison d'ailleurs, par leur
santé et celle-ci passe inévitablement par la consommation de produits des
plus salubres.
    A ce propos, l'AQINAC exige, de la part de l'Etat, qu'un mécanisme de
réciprocité soit mis en place. Elle entend par là que les règles en termes
d'étiquetage, de salubrité et de santé qui sont imposées aux produits
québécois soient équivalentes à celles exigées des produits importés et
consommés au Québec. Il ne s'agit pas de baisser le niveau des exigences, mais
bien de l'appliquer à l'ensemble des produits importés et consommés chez nous.
De plus, en terme de compétitivité, il appert évident qu'une harmonisation des
règlementations est requise.
    En conclusion, l'AQINAC est d'avis qu'en regard de tous les points
soulevés précédemment, des changements majeurs s'imposent d'eux-mêmes.
    Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du
Québec (MAPAQ) doit, entre autres, revoir en profondeur la mise en marché
collective, et ce, sur la base des chaînes de valeur. Il doit aussi encourager
d'avantage l'entrepreneurship, obtenir l'équité pour tous les acteurs dans le
dossier des services-conseils et exiger la réciprocité et l'harmonisation des
réglementations dans les domaines de la production et de la transformation
agroalimentaire.
    "Finalement, le MAPAQ devra désormais soutenir et assister la
transformation agroalimentaire à la hauteur de son importance économique, en
plus d'assumer ses responsabilités et d'avoir le courage politique et
administratif de vouloir changer l'état actuel des choses. Sans quoi, l'AQINAC
devra manifestement envisager de se tourner vers le ministère du Développement
Economique, de l'Innovation et de l'Exportation afin d'y trouver soutien et
assistance techniques et financiers, et pour lui permettre d'assurer son
avenir et le plein développement de son économie", de conclure M. Lacroix.
    Les membres de l'AQINAC souhaitent ardemment que la présente Commission
résulte en des propositions concrètes, apportant solutions aux maintes
recommandations émises par l'ensemble des intervenants du secteur. Afin que
ces propositions puissent se réaliser, l'AQINAC est d'avis qu'une structure de
suivi doit être mise en place. Aussi, elle s'attend à faire partie du
processus de réflexions et de décisions quant aux enjeux qui la touchent.

    L'AQINAC, fondée en 1962, regroupe près de 200 membres, tous des joueurs
clés de l'industrie agroalimentaire québécoise, principalement fabricants
d'alimentation animale et/ou négociants en céréales. Elle oeuvre, entre
autres, à répondre aux exigences des consommateurs et de la société en matière
de sécurité alimentaire, d'environnement, de qualité, de conditions d'élevage
et de retombées économiques, en plus de contribuer, par son dynamisme, au
développement de sa clientèle-producteur et de leurs productions, tout en
faisant la promotion de l'industrie agroalimentaire moderne.
    De plus, l'AQINAC est membre de l'Alliance de la transformation
alimentaire (ALTA), ayant pour objectif d'assurer la croissance d'une
industrie de la transformation agroalimentaire québécoise compétitive et
rentable, et appuie ses recommandations faites à la présente Commission.
Rappelons que l'industrie de la transformation agroalimentaire est le plus
important secteur manufacturier au Québec.
    Le mémoire complet de l'Association québécoise des industries de
nutrition animale et céréalière peut être consulté sur le site Internet de la
Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois au
www.caaaq.qc.ca.




Renseignements :

Renseignements: Brigitte Guay, Conseillère en communications et
relations publiques, (450) 583-5886, Cellulaire: (514) 702-9658,
brigitte.guay@aqinac.com


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