Les médecins britanniques aux médecins canadiens : la solution aux problèmes du système de santé passe par la collaboration, pas la concurrence



    OTTAWA, le 16 août /CNW Telbec/ - Les médecins canadiens membres de
l'Association médicale canadienne se réuniront à Vancouver du 19 au 22 août. A
l'ordre du jour de cette rencontre, le financement par activités, un système
qui propose de financer les soins de santé selon le volume et le type de
service plutôt que par un financement global comme c'est actuellement le cas.
    Une lettre de médecins britannique adressée à l'Association médicale
canadienne (AMC), la deuxième du genre, soulève de profondes inquiétudes et
met en garde les médecins canadiens à propos des pièges qui viennent avec
certaines propositions de privatisation.
    Dans cette lettre, les Drs Jacky Davis et Peter Fisher, membres de
l'exécutif de la National Health Service Consultants Association (NHSCA),
Association des consultants du Service national de la santé, suggèrent aux
membres de l'AMC de se méfier des promesses fictives de la privatisation. La
lettre du Dr Davis suggère que l'histoire d'amour entre le système de santé
britannique et la privatisation est terminée. Le nouveau ministre de la Santé
et les gouvernements d'Ecosse et du pays de Galles envisagent maintenant une
importante diminution et même la fin de la privatisation des services de
santé. L'Association médicale britannique s'oppose aussi à la concurrence dans
le secteur de la santé.
    Les Drs Davis et Fisher écrivent : "Ceux qui sont en faveur de la
privatisation font souvent référence à "l'expérience britannique" comme preuve
que le secteur privé peut faire sauver de l'argent au système public. Ils
parlent notamment de la diminution remarquable des listes d'attente depuis
l'implantation des réformes. Cette diminution n'est toutefois guère
surprenante dans la mesure où les dépenses en santé ont plus que doublé depuis
1997. La réalité est toutefois que cet argent a été essentiellement consacré à
la réduction de listes d'attente en chirurgies non urgentes particulièrement
sensibles d'un point de vue politique et qu'elle a été réalisée par le biais
d'ententes dispendieuses et insoutenables avec le secteur privé. Cette
amélioration s'est faite au détriment de patients ayant des besoins à plus
long terme."
    Les Drs Davis et Fisher affirment que des médecins, dont les membres de
l'Association médicale britannique et des politiciens de toute la
Grande-Bretagne commencent à en avoir assez de solutions qui débouchent sur
des augmentations de coûts et un accès de plus en plus limité aux services.
    Sur le sujet du financement basé sur la performance, appelé paiement pas
résultats en Angleterre, les Drs Davis et Fisher sont clairs : "Ce changement
(vers le paiement par résultats) - entrepris il y a trois ans - a donné lieu à
tant d'incitatifs pervers et de conséquences inattendues que son avenir est
maintenant remis en question. L'une de ces conséquences est particulièrement
intéressante pour vous, le paiement par résultats peut mener à des admissions
inutiles."
    Des exemples de financement par activités existent déjà en
Colombie-Britannique et en Ontario. Le gouvernement de Colombie-Britannique a
lancé un projet pilote de financement par activités doté d'un budget de
16,4 millions. Il fait appel à un système d'incitatifs inspiré du commerce
pour atteindre des objectifs qui pourraient très bien l'être avec un budget
général et un processus de prise de décisions basé sur l'expérience clinique -
nécessitant moins de frais généraux. La Stratégie de réduction des temps
d'attente en Ontario qui est dotée d'un budget de 1 million de dollars suscite
aussi des inquiétudes parce qu'elle fixe des prix aux procédures, encourage la
concurrence entre les établissements et favorise les hôpitaux spécialisés.
    La direction actuelle de l'AMC réclame non pas moins, mais plus de place
pour le privé au sein du système canadien de santé. Spécifiquement, le récent
document d'orientation de l'AMC, Medicare Plus recommande que le gouvernement
permette aux Canadiens d'acheter une assurance santé privée et aux médecins de
travailler tant au public qu'au privé. L'AMC demande aussi instamment au
gouvernement de financer les services de santé du secteur privé.
    L'expérience britannique devrait faire comprendre aux médecins canadiens
et aux Canadiens que pour que le système canadien de soins de santé puisse
continuer à avancer, il lui faut une politique publique forte faisant place à
un financement stable et à la collaboration, pas aux illusions du marketing et
aux investissements privés.
    "En conclusion, dit le Dr Davis, nous devons affirmer que ni le paiement
par résultats, ni le recours accrû au secteur privé, ni l'ordre du jour du
libre choix du patient n'ont donné les résultats escomptés. Au contraire, ces
réformes ont abouti à un service public déstabilisé et en mauvais état. Le
gouvernement a tenté d'adopter une série de politiques qui n'avaient pas fait
leurs preuves, des politiques incohérentes et contradictoires. Ces politiques
ont amené la fragmentation des soins de santé, elles ont découragé toute forme
de collaboration entre les professionnels de la santé et elles ont fait perdre
de l'argent au système. C'est pour ces raisons que les patients, le public et
les travailleurs de la santé sont très inquiets."

    Le contenu intégral de la lettre peut être lu et téléchargé à partir du
site scfp.ca/soinsdesante/NHSCAletter.

    L'Association des consultants du Service national de la santé représente
650 spécialistes britanniques de divers champs d'activités. Rendez-vous sur le
site http://www.nhsca.org.uk/main.html pour en apprendre plus sur la NHSCA.

    Le SCFP est le plus important syndicat du Canada. Plus de 170 000 membres
du SCFP travaillent dans des hôpitaux, des établissements de soins de longue
durée, en soins prolongés, en soins à domicile, dans des cliniques
communautaires, des services de santé publique, des services d'urgence et de
diagnostic de partout au pays. Ils travaillent comme préposés à l'entretien,
préposés aux patients, infirmières auxiliaires, techniciens et occupent de
nombreuses autres fonctions au sein du système de santé.




Renseignements :

Renseignements: Claude Généreux, secrétaire-trésorier national du SCFP,
(613) 237-1590, poste 201, (514) 884-5074 (cell.); Stan Marshall, directeur
général des services nationaux du SCFP, (613) 237-1590, poste 228, (613)
286-6568 (cell.); www.scfp.ca

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