LA PLUS FAIBLE HAUSSE DU CRÉDIT DES MÉNAGES CANADIENS EN PRÈS DE DIX ANS : MARCHÉS MONDIAUX CIBC

Les Canadiens tiennent compte des mises en garde de la Banque du Canada en ce qui concerne une hausse de l'endettement

TORONTO, le 26 janv. /CNW/ - La hausse du crédit des ménages qui affiche son rythme le plus lent depuis 2001 laisse croire que les Canadiens comprennent le message sur la réduction de leurs niveaux d'endettement, selon le plus récent rapport d'analyse du crédit des ménages publié par la Banque CIBC.

Au troisième trimestre de 2010, la hausse du crédit des ménages rajustée en fonction de l'inflation a été à son plus bas niveau en presque dix ans, la hausse du crédit de 0,27 % observée en novembre (donnée disponible la plus récente) ayant été la plus basse en plus de 15 ans.

« Après une période où les consommateurs ont le plus fait appel au crédit dans l'histoire récente, les Canadiens comprennent le message qu'ils doivent réduire leurs niveaux d'endettement », a déclaré Benjamin Tal, économiste en chef adjoint, Banque CIBC. « Après s'être remis frénétiquement à magasiner en 2010, les consommateurs prendront une pause bien méritée en 2011. Le recul observé dans le niveau mensuel des créations d'emplois, d'une moyenne de 31 000 en 2010 à 20 000 en 2011, ralentira à lui seul les dépenses personnelles de plus de 0,4 point de pourcentage.

« Tout aussi important sera toutefois le changement dans la propension à dépenser. L'écart entre les taux d'épargne des États-Unis et du Canada atteignant un sommet en 40 ans, ainsi que les indices actuels voulant que les autorités monétaires souhaitent réduire le niveau de risque associé à l'endettement des ménages, l'année 2011 devrait voir le début d'un ajustement dans le bilan des ménages. »

Alors que la croissance globale du crédit a considérablement ralenti, les niveaux de crédit hypothécaire continuent de grimper à près de 7 % en glissement annuel, bien qu'ils aient ralenti le rythme au cours des derniers mois. « En observant de plus près le schéma mensuel, on constate que le marché ne croît maintenant qu'à un rythme mensuel de 0,4 % ou de 0,5 % », ajoute M. Tal, auteur du rapport d'analyse du crédit des ménages de la Banque CIBC.

« La réduction de la demande de crédit hypothécaire est plus notable chez les acheteurs d'une première maison, tendance déjà visible dans le réseau du courtage. Les récents changements apportés par le ministère des Finances au marché ne sont pas assez importants pour faire dérailler le marché, mais ils sont suffisamment ciblés pour atténuer le niveau d'emprunts marginaux. Nous estimons que la réduction de la période maximale d'amortissement des prêts hypothécaires de 35 à 30 ans ralentira la croissance des montages de prêts hypothécaires d'environ deux à trois points de pourcentage en 2011. Dans l'ensemble, nous pensons que les prêts hypothécaires en cours augmenteront de près de 5 % en 2011, après une hausse estimée de 7,7 % en 2010. »

L'auteur du rapport souligne que les arriérés de paiement sur les prêts hypothécaires semblent avoir atteint un sommet en février 2010 et que leur taux se stabilise. Le taux des arriérés se situe maintenant à 0,43 %, en hausse par rapport à 0,24 % au début de 2006. M. Tal souligne que, bien que ce taux soit beaucoup plus élevé qu'il ne l'était avant la récession, il est bien en deçà de ce qui a été observé lors des récessions précédentes.

Après avoir connu une hausse depuis le début de 2008, les faillites de particuliers affichent une nette tendance à la baisse, leur nombre ayant chuté de près de 25 % en glissement annuel. Sur une base cumulative, elles reculent maintenant de près de 19 %, l'Ontario présentant la meilleure amélioration.

Malgré le ralentissement observé dans la croissance du crédit, le rapport constate que le ratio de la dette au revenu a continué d'augmenter au troisième trimestre de 2010. L'endettement a grimpé de 1,3 % tandis que les revenus ont reculé de 1,5 %. Par conséquent, le ratio de la dette au revenu a atteint un nouveau sommet record de 146.

Alors que l'endettement des Canadiens continue de croître, M. Tal affirme que le coût de ces dettes tend à baisser. « Les paiements des intérêts représentent maintenant 7,2 % du revenu disponible, soit le ratio du service de la dette le plus bas depuis le milieu de 2006. Bien que l'endettement continue de croître plus rapidement que les revenus, il ne grimpe plus aussi rapidement que les actifs. La situation des Canadiens en ce qui concerne la valeur nette patrimoniale s'est améliorée au troisième trimestre en chiffres absolus et par rapport aux revenus. »

« Nous prévoyons que le marché domiciliaire connaîtra une période de stagnation en 2011, voire de ralentissement pendant la seconde moitié de l'année, ce qui laisse croire que la hausse estimée de 8 % de la valeur nette patrimoniale observée en 2010 ne se répétera pas en 2011. De plus, le fait que les dépenses des consommateurs fluctuent selon les changements de la valeur nette patrimoniale représente une autre cause de ralentissement de la consommation. »

Bien qu'une bonne partie du PIB du Canada ait été stimulée par le taux élevé des dépenses de consommation à crédit ces dernières années, M. Tal voit que des facteurs très différents et plus durables soutiendront l'économie cette année. « La croissance apparemment légère de 2,4 % du PIB prévue pour 2011 masque le dynamisme des puissantes forces économiques qui proviennent de différentes directions.

« Il en résultera une autre année de croissance seulement moyenne, mais un nouveau mélange d'activités économiques émergera, car un secteur commercial dynamique prendra graduellement le relais des consommateurs épuisés et du gouvernement réduisant ses dépenses. Il semble que la Banque du Canada commencera à hausser les taux dès le prochain mois de mai, mais la fréquence et l'ampleur de ses hausses futures seront limitées par l'efficacité croissante de la politique monétaire et une reprise modeste. »

Voici d'autres conclusions importantes du rapport d'analyse du crédit des ménages de la Banque CIBC :

  • Les marges de crédit augmentent actuellement à un rythme mensuel de 0,3 %, ce qui représente le rythme le plus lent depuis 2007 et un recul par rapport au rythme de près de 2 % de la fin de 2009. Les arriérés ont reculé à 0,22 % au troisième trimestre, alors qu'ils étaient de 0,25 % au deuxième trimestre.
  • Une tendance semblable s'observe au sein du portefeuille des prêts directs, le taux d'arriérés ayant chuté remarquablement au cours des derniers mois et atteignant un creux record de 1,23 %.
  • La croissance globale des encours de cartes de crédit s'est stabilisée sous la barre de 1 % (en glissement annuel). Il est improbable qu'elle s'accélère dans un proche avenir.
  • Les taux d'arriérés sur les cartes de crédit et les créances irrécouvrables ont considérablement grimpé au cours de la dernière année, mais les chiffres récents révèlent une tendance à l'amélioration. En raison de la sensibilité de ce portefeuille face à l'évolution du marché du travail, une relative stabilité du taux de chômage au cours des prochains trimestres laisse croire que les arriérés y ont déjà atteint leur sommet et qu'ils s'amélioreront probablement quelque peu au cours des trimestres à venir.

Vous pouvez consulter le rapport intégral de Marchés mondiaux CIBC à : http://research.cibcwm.com/economic_public/download/hca-110126.pdf (en anglais).

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SOURCE Marchés Mondiaux CIBC

Renseignements :

Benjamin Tal, économiste en chef adjoint, Marchés mondiaux CIBC inc., 416 956-3698, benjamin.tal@cibc.ca, ou Kevin Dove, Communications et affaires publiques, 416 980-8835, kevin.dove@cibc.ca


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