Charte de la langue française : les plus beaux fruits sont à venir -- MMF



    MONTREAL, le 23 août /CNW Telbec/ - A l'occasion du 30e anniversaire de
la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 30 personnalités appuient la
déclaration du Mouvement Montréal français en faveur de l'application
rigoureuse et du renforcement de la Loi 101.
    Le MMF a tenu une conférence de presse pour rendre publique cette
déclaration à l'occasion du 30e anniversaire de la Loi 101. Le texte est
co-signé par trente personnalités.
    Lors de cette conférence de presse Guy Rocher (président du comité de
rédaction de la Charte de la langue française), Jean Dorion (président de la
SSJBM), Jean-Paul Perreault (président d'Impératif français), et
Mario Beaulieu (président du Mouvement Montréal français), ont lancé un appel
à la mobilisation et invité la population à descendre dans la rue à l'occasion
du trentième anniversaire de la loi 101, le dimanche 26 août. Cet événement
débutera par une marche populaire dont le départ se fera à 13 h devant la
station de métro Mont-Royal et se terminera par un rassemblement au parc à
l'angle des rues Sherbrooke et Saint-Urbain.
    Voici le texte de cette déclaration et la liste des signataires :

    Trentième anniversaire de la Charte de la langue française

    Les plus beaux fruits sont à venir : faire du français la langue publique
commune

    Il y aura trente ans ce 26 août, le Québec ouvrait un nouveau chapitre de
son histoire en adoptant la Loi 101. Ce fut un coup d'audace formidable dont
les effets se firent sentir immédiatement. La langue française se voyait enfin
reconnaître la place qui lui revient. La force de la loi révélait le peuple à
lui-même. Cette charge symbolique eut un impact considérable sur notre
société : celui de donner enfin à la majorité sa légitimité nationale.

    L'affirmation du français comme langue officielle, langue commune, langue
du travail, langue des échanges et du rayonnement, trait caractéristique et
fondateur de la nation et porteur de son avenir, voilà le geste et la volonté
que nous célébrons aujourd'hui.

    En normalisant la place du français dans ses institutions, la société
québécoise s'en retrouvait radicalement transformée, et la nation mise en
mouvement : telle aura été la grande intuition de Camille Laurin. C'est par
rapport à cette expérience fondatrice plus qu'aux diverses mesures concrètes
prévues qu'il faut d'abord mesurer le chemin parcouru. Car si des progrès ont
été réalisés, il faut bien constater qu'ils ne l'auront jamais été dans la
quiétude sereine d'une quelconque pax canadiana. Dès son origine, des forces
ont été mises à l'oeuvre pour la dénaturer et la faire dévier de sa
trajectoire. Aussitôt déposée devant l'Assemblée nationale, la loi qui devait
faire du français la seule langue officielle du Québec a été mise à l'épreuve
par ceux qui ne cesseront jamais de la contester.
    La francisation du Québec, objectif de la Charte de la langue française,
n'est pas complétée, loin s'en faut; surtout à Montréal, où des progrès ont
certes été réalisés, mais où dans plusieurs domaines, le français plafonne
quand il ne régresse pas. Les organismes responsables d'appliquer la Charte
ont des moyens diminués. La politique linguistique des services
gouvernementaux est largement bafouée. En 2002, la Loi 104 rétablissait
l'usage exclusif de la langue officielle dans les communications écrites de
l'Administration avec les autres gouvernements et avec les personnes morales
établies au Québec. Cet article 16 de la Charte, officiellement réinstauré,
n'a toujours pas été mis en vigueur.
    La majorité des allophones de Montréal et des anglophones de tout le
Québec travaillent principalement en anglais. Dans les foyers, la majorité des
transferts linguistiques se font toujours vers cette langue, contribuant de la
sorte à accélérer notre minorisation en réduisant notre poids démographique.
Plus de la moitié des jeunes allophones choisissent de fréquenter le cégep
anglais. Le bilinguisme recolonise les institutions publiques.
    Montréal, notre métropole, laisse voir chaque jour davantage les signes
d'une aliénation qu'on croyait vaincue dans la langue des services ainsi que
dans le fonctionnement et l'organisation des institutions. Le paysage
commercial se défrancise à mesure que la mondialisation sert de prétexte à
l'anglicisation des raisons sociales. La langue publique commune est celle qui
permet aux gens de différentes langues maternelles de communiquer entre eux.
C'est donc dans les régions linguistiquement mixtes et surtout dans la région
montréalaise qu'on peut constater si le français est la langue commune au
Québec.
    Les dispositions linguistiques de la Loi 101 ont été érodées au point où
il faudrait désormais réanimer cette loi fondatrice, la raccorder à ses
intentions premières. Car ce qu'il reste de cette loi motive un sentiment
trompeur de sécurité. La fierté que nous tirons de ce qu'elle a déjà été ne
doit pas empêcher de constater ce qu'elle n'est plus.

    Il faut une nouvelle Loi 101 dont les dispositions permettront de mieux
accorder la francisation avec les diverses fonctions d'intégration des
institutions publiques.

    Il faut une Loi 101 restaurée pour que le Québec se dote d'un ordre
institutionnel cohérent. Cela est particulièrement névralgique dans le système
de santé montréalais et dans les établissements d'enseignement supérieur
présentement fondés sur une logique de développement séparé. Si le français
est la langue officielle du Québec, il doit être la langue de toutes les
institutions nationales, et celles-ci doivent être pensées pour soutenir et
confirmer le statut de la langue française comme langue normale du
fonctionnement des institutions et de l'intégration sociale. Cela n'exclut
rien quant au respect de la minorité anglophone.
    Le Québec se trouve de plus en plus radicalement confronté à des choix
exigeants. L'ordre du monde bouge vite et nous sommes condamnés à agir avec
une cohérence et une cohésion exemplaires, sans quoi nous risquons d'être
emportés par des forces qui nous réduiront à l'insignifiance. La loi 101, nous
en sommes assez fiers pour la célébrer. Et assez conscients de ce qu'elle nous
a révélé de nous-mêmes pour appeler à sa restauration. Les plus beaux fruits
de la Charte de la langue française sont encore à venir.

    Les trente signataires de cette déclaration sont:

    1-Mario Beaulieu (président, Mouvement Montréal français),
2-Yves Beauchemin (écrivain), 3-Rachid Bandou (membre de l'association Amitié
Québec-Kabylie), 4-Victor-Lévy Beaulieu (écrivain), 5-Henri Brun (professeur
émérite en droit constitutionnel), 6-Paul Cairoli (travailleur social),
7-Claudette Carbonneau (présidente, Confédération des syndicats nationaux),
8-Pierre Curzi (député du Parti Québécois, critique en matière de culture et
communications), 9-Robert Dean (ancien Ministre du revenu), 10-Jean Dorion
(président, Société St-Jean-Baptiste de Montréal), 11-Pierre Dubuc (directeur,
L'Aut' journal), 12-Gilles Duceppe (chef et député du Bloc Québécois), 13-
Andrée Ferretti (écrivaine), 14- François Gauthier (président, Forum
francophone international), 15-Jean-Claude Germain (auteur),
16-Robert Laplante (directeur, Action nationale), 17-Louise Laurin
(porte-parole, Coalition pour la déconfessionnalisation du système scolaire),
18-Denis Lazure (ancien Ministre des Affaires sociales), 19-Raymond Legault
(président, Union des artistes), 20-Jean-Marc Léger (ancien directeur de
l'Office québécois de la langue française), 21-Sylvie Léonard (actrice),
22-Luck Mervil (auteur-compositeur-interprète), 23-Jacques-Yvan Morin (ancien
Ministre de l'Education), 24-Maria Mourani (député du Bloc Québécois),
25-Réjean Parent (président, Centrale des syndicats du Québec), 26-Jean-Paul
Perreault (président, Impératif français), 27-Luc Picard (acteur), 28-Guy
Rocher (professeur de sociologie et chercheur au Centre de recherche en droit
public), 29-René Roy (secrétaire général, Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec), 30-Marcel Tessier (historien) et plusieurs autres
(voir montrealfrancais.org).




Renseignements :

Renseignements: Sophie Beaupré, (514) 835-6319, (514) 839-4140,
permanence@montrealfrancais.org

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