La forêt boréale stocke plus de carbone que les forêts tropicales

    
    Un rapport réclame la tenue de pourparlers climatiques mondiaux sur
    l'impact de la forêt boréale
    

MONTRÉAL, le 12 nov. /CNW Telbec/ - Lorsqu'on pense aux forêts et à leur incidence positive sur le réchauffement climatique, on fait bien souvent référence aux forêts tropicales. Cependant, un rapport publié aujourd'hui démontre que l'impact mondial de la forêt boréale du Canada, qui stocke près de deux fois plus de carbone que les forêts tropicales, a été largement sous-estimé.

Le rapport, intitulé The Carbon the World Forgot, qualifie les forêts boréales de l'Amérique du Nord d'habitats essentiels pour d'importantes espèces de mammifères et de très importants réservoirs de carbone sur la planète. Elles stockent l'équivalent de 26 années d'émissions mondiales résultant de la combustion de combustibles fossiles, selon les niveaux d'émissions de 2006. Globalement, ces forêts stockent 22 pour cent de tout le carbone accumulé à la surface de la Terre.

"La comptabilisation passée a grandement sous-estimé la quantité et la profondeur du carbone emmagasiné dans la forêt boréale et ses sols", explique Jeff Wells, qui a participé à la rédaction du rapport. En plus de stocker le carbone dans les arbres, la matière organique accumulée depuis des millénaires est entreposée dans les tourbières et les régions de pergélisol. Une partie de ce carbone boréal est stockée sur place depuis 8 000 ans.

Le fait que la forêt boréale représente la forêt la plus intacte sur terre aujourd'hui offre des conditions uniques pour les plantes et les animaux forcés de s'adapter à l'évolution et au déplacement des habitats. La plupart des habitats se trouvent aujourd'hui très fragmentés par l'activité humaine, ce qui crée divers autres obstacles à la survie des espèces.

À la lumière de ces conclusions, le rapport publié aujourd'hui fait valoir l'urgence de trouver des moyens efficaces de comptabiliser et de protéger la forêt boréale dans le cadre des négociations internationales sur le carbone et la protection des forêts.

"Toute réponse efficace et abordable aux changements climatiques doit passer par la préservation des dernières vieilles forêts riches en carbone de la planète, explique Steve Kallick, directeur de la Campagne internationale pour la conservation boréale pour le Pew Environment Group. Ce rapport met en évidence l'urgence pour tous les pays de regarder au-delà des tropiques et d'examiner toutes les vieilles forêts de la planète dans la recherche de solutions aux changements climatiques."

"Conserver le carbone existant en protégeant la forêt boréale est un élément important de l'équation climatique, explique le Dr Andrew Weaver. Si nous abattons la forêt boréale et dérangeons ses tourbières, nous provoquerons l'émission d'une plus grande quantité de carbone et l'accélération des changements climatiques". Le Dr Weaver, de l'Université de Victoria, est l'un des principaux auteurs du Groupe intergouvernemental d'experts des Nations Unies sur l'évolution du climat, lauréat d'un prix Nobel.

"La conjugaison des dérangements du climat avec la dégradation massive des écosystèmes par les humains provoque une grande inquiétude mondiale, affirme le Dr Stuart Pimm de l'Université Duke, une sommité de la biologie de conservation. C'est sûrement la première fois dans l'histoire de la Terre que de tels changements surviennent." Il est désormais critique de maintenir la forêt boréale intacte pour ralentir la mouvance des écosystèmes et pour assurer la pérennité de corridors migratoires pour les espèces sauvages déplacées.

"La conservation peut s'avérer un outil important dans la lutte pour atténuer les changements climatiques, affirme Larry Innes, directeur général de l'Initiative boréale canadienne (IBC). Les protocoles internationaux et la législation doivent favoriser le maintien du carbone stocké dans le sol de la forêt boréale ainsi que les tourbières et les milieux humides intacts. Nous devons également permettre aux collectivités autochtones et locales de prendre les devants sur les manières de mieux conserver non seulement le carbone, mais aussi toute la gamme de valeurs écologiques, culturelles et économiques que représente la forêt boréale."

Pour sa part, Suzann Méthot, directrice régionale de l'IBC pour le Québec, ajoute "Le gouvernement du Québec s'apprête à élaborer un Plan Nord, un plan d'aménagement pour l'ensemble du territoire nordique composé en grande partie par la forêt boréale québécoise, qui représente le cinquième de la forêt boréale canadienne. Il nous faut donc profiter de ce contexte et prendre en compte les millions de tonnes de CO2 présentement capturés dans le territoire ciblé - un élément clé dans les discussions à venir au prochain sommet sur le climat à Copenhague. En plus de l'engagement du gouvernement Charest visant la protection de 50 % de ce territoire, le développement de l'autre 50 % devra être réalisé en adoptant des pratiques qui minimiseront les perturbations du sol, permettant ainsi de préserver l'essentiel du carbone qu'il contient".

La forêt boréale représente la dernière grande forêt intacte de la planète et représente peut-être la meilleure avenue pour donner suite à la résolution adoptée par la conférence WILD9 : "La conservation de la nature à grande échelle est une stratégie d'atténuation et d'adaptation prioritaire dans la lutte contre les changements climatiques et une nécessité pour contrer les changements climatiques et l'extinction de la biodiversité" (http://www.wild.org/mensaje-de-merida/).

Plus de 1 500 scientifiques internationaux, sous la gouverne du Groupe intergouvernemental d'experts des Nations Unies sur l'évolution du climat, ont recommandé en 2007 qu'au moins la moitié de la forêt boréale canadienne soit protégée contre de futures perturbations - surtout en vue de conserver intacts la réserve de carbone de la forêt boréale et les habitats sauvages d'importance planétaire. Malgré le manque actuel de protocoles internationaux, plusieurs gouvernements autochtones et provinciaux ainsi que le gouvernement fédéral ont pris des mesures importantes pour protéger des centaines de millions d'acres de forêt boréale canadienne riche en carbone. Globalement, ces scientifiques recommandent la protection d'au moins 300 millions d'hectares.

SOURCE Initiative boréale canadienne

Renseignements : Renseignements: Larry Innes, directeur général, Initiative boréale canadienne, (416) 575-6776, (613) 230-4739, poste 226, linnes@borealcanada.ca; Steve Kallick, directeur, International Boreal Conservation Campaign (IBCC), Pew Environment Group: (206) 327-1184, skallick@pewtrusts.org; Suzann Méthot, directrice régionale de l'Initiative boréale canadienne pour le Québec, (514) 792-1843, smethot@borealcanada.ca; Dr Jeff Wells, conseiller scientifique à l'IBCC: (207) 458-8492, jeff@interboreal.org; Dr Stuart Pimm, Université Duke, (Communiquez avec Sue Libenson: (907) 766-2841; sue@interboreal.org); Dr Andrew Weaver, Université de Victoria, (Communiquez avec Sue Libenson: (907) 766-2841; sue@interboreal.org); Pour toute demande d'entrevue en français, avec Dr Pascal Badiou ou Dr Marcel Darveau de Canards illimités Canada, communiquez avec Suzanne Fraser: (613) 552-7277, sfraser@borealcanada.ca; Pour consulter le texte intégral du rapport et des documents connexes: http://www.borealbirds.org/carbonreport.shtml

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