300 $ par famille - La gestion de l'offre de produits agricoles : un système coûteux pour les consommateurs



    MONTREAL, le 23 août /CNW Telbec/ - Au moment où la Commission sur
l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois débute ses
audiences nationales, l'Institut économique de Montréal (IEDM) estime que la
gestion de l'offre du lait, des oeufs et de la volaille coûte au moins 300 $
par an de plus à une famille de quatre personnes au Québec, soit 575 M $ pour
tous les Québécois. Dans une Note économique publiée par l'IEDM, le
vice-président et économiste en chef, Marcel Boyer, explique que des tarifs
douaniers astronomiques et la fixation de prix élevés pour ces denrées
constituent un impôt particulièrement régressif pour le consommateur à bas
revenu. Il conclut que "ce système d'inspiration protectionniste, qui
fonctionne en grande partie comme un cartel, est désuet, coûteux et
inéquitable. Le secteur agroalimentaire doit s'adapter à la concurrence
internationale et cesser de pénaliser les consommateurs et, à long terme, les
agriculteurs eux-mêmes".

    Le système de gestion de l'offre

    La gestion de l'offre permet aux producteurs de lait, de volaille et
d'oeufs du Canada, dont la grande majorité sont situés au Québec et en
Ontario, d'ajuster leur production afin de protéger leurs revenus. Pour ce
faire, des quotas sont fixés pour correspondre à une évaluation arbitraire de
la demande intérieure et aux prix souhaités. Pour le lait, c'est la Commission
canadienne du lait qui s'occupe des quotas de mise en marché. La
commercialisation des oeufs et de la volaille est assujettie à un système de
quotas semblable. De plus, le Québec est la seule province qui, par
l'entremise de la Régie des marchés agricoles et alimentaires, réglemente
encore le prix au détail du lait, ce qui tend à favoriser la manipulation des
prix à la hausse.

    Les consommateurs sont les perdants

    Avec le système de gestion de l'offre, l'intérêt des consommateurs est
secondaire. Au Canada, le prix du lait a augmenté de 53 % depuis 12 ans, soit
deux fois plus que l'inflation, alors que les coûts de production ont fléchi
de 3,8 %. La consommation s'est ajustée en conséquence: elle a diminué de 18 %
pour le lait et de 30 % pour le beurre depuis 1980. On prévoit que la
consommation de lait diminuera encore de 12 % d'ici 2020. Au Québec, un
clivage important de plus de 37 % existe entre les prix au détail du lait et
les prix observés aux Etats-Unis. Pour les oeufs, la différence est de 55 %.
Le poulet se vend au détail plus de deux fois plus cher.
    Les partisans de ce système de gestion de l'offre et les groupes de
pression des secteurs agroalimentaires concernés se targuent de ne recevoir
aucune subvention. Pourtant, la gestion de l'offre s'apparente en pratique à
un pouvoir de taxation octroyé par l'Etat. Plutôt que de subventionner
directement les producteurs agricoles grâce aux impôts perçus auprès des
citoyens, le gouvernement laisse les producteurs augmenter les prix en leur
conférant des privilèges monopolistiques. Cela revient au même, sauf que le
gouvernement n'a pas à subir la colère des consommateurs, qui ignorent la
situation.

    Le Canada s'isole sur la scène internationale

    Ces mécanismes canadiens de mise en marché agricole sont perçus par la
communauté internationale comme des interventions gouvernementales
protectionnistes qui vont à l'encontre d'une plus grande ouverture au commerce
international. Cette politique d'isolationnisme économique et de "souveraineté
alimentaire" risque de nuire à la réputation du Canada et d'entraîner des
mesures de représailles sur d'autres marchés non agricoles. Vu qu'il est le
quatrième plus grand exportateur et le cinquième plus grand importateur de
produits agricoles au monde, le Canada peut potentiellement jouer un rôle de
chef de file pour résoudre l'impasse des négociations à l'OMC autour du cycle
de Doha. En abolissant son système de gestion de l'offre, le Canada acquerrait
la légitimité d'exiger des Etats-Unis et de l'Europe qu'ils éliminent leurs
propres aides gouvernementales. Un succès dans les négociations à l'OMC, en
plus d'offrir de meilleurs prix aux consommateurs canadiens, améliorerait
l'accès des produits agricoles des pays en voie de développement aux marchés
des pays industrialisés et leur permettrait de sortir de la misère.
    Malgré une tendance généralisée en faveur de la libéralisation des
marchés et de la concurrence, la plupart des politiciens et des intervenants
du milieu agricole québécois continuent de défendre le système désuet de
gestion de l'offre. Plus on tardera à s'adapter à la concurrence, plus la
transition sera difficile. Plutôt que de protéger une industrie inefficace, le
Canada pourrait se préparer à répondre à une demande de plus en plus
diversifiée. Seule la mise en place de canaux de distribution internationaux
permettra à l'industrie agricole canadienne d'accéder à l'information
stratégique indispensable et d'offrir des produits innovateurs pour rivaliser
avec le Brésil, l'Australie, la Chine et l'Inde qui ont pris une avance sur le
chemin menant à une économie agricole mondialisée, compétitive et ouverte, en
plus des Etats-Unis et de l'Europe, qui occupent et occuperont des positions
dominantes.
    La Note économique La gestion de l'offre de produits agricoles: un
système coûteux pour les consommateurs a été préparée par le vice-président et
économiste en chef de l'IEDM, Marcel Boyer, titulaire de la Chaire Bell Canada
en économie industrielle de l'Université de Montréal et Sylvain Charlebois,
professeur agrégé en marketing à l'Université de Régina.
    La Note est disponible à www.iedm.org

    L'IEDM est un institut indépendant, non partisan et sans but lucratif qui
participe aux débats sur les politiques publiques du Québec et du Canada en
proposant des solutions créatrices de richesse sur des questions de fiscalité,
de réglementation, de réforme du système de santé et d'éducation. Il publie
entre autres depuis 2000 le Bulletin des écoles secondaires du Québec et il a
remporté en 2004 l'un des Templeton Freedom Award for Institute Excellence
pour l'excellence de sa gestion et de ses relations publiques.




Renseignements :

Renseignements: André Valiquette, Directeur des communications, Institut
économique de Montréal, (514) 273-0969 p. 2225, Cell.: (514) 574-0969,
avaliquette@iedm.org


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